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Critiques album Mélodies démolies 
 
Dans le magazine Vivre en Wallonie
POP-ROCK 3E OPUS POURLA «BÊTE DE SCÈNE»LIÉGEOISEJERONIMO, de retour avec «Mélodies démolies»

S’il a surtout été occupé ces derniers mois par ses fonctions de guitariste de luxe aux côtés du Corse Saint-André,dont l’album «Le Grand Soir» est l’une des révélations de cette année, Jérôme MARDAGA nous revient avec son groupe«JERONIMO» pour un tout nouvel opus,intitulé «Mélodies démolies». Après «Un Monde Sans Moi» (2002) et «12h33» (2005), à travers lesquels JERONIMO avait conquis le grand public et séduit la critique grâce à des paroles pleines de surréalisme et un son tantôt empreint de mélancolie, tantôt débordant d’énergie, le Liégeois proposera à la fin du mois un 3ème album enregistré à Gattatico en Italie. JERONIMO, valeur sûre sur scène, présentera ses nouveaux titres en avant-première le 26 septembre au Cirque Royal de Bruxelles.
 
Sur le blog du Soir
 
posté le 24 septembre 2008 | catégorie LA NUIT DU SOIR 26/09
 

Parc royal de Bruxelles, jeudi. Deux amoureux passent près du kiosque « où on joue Mozart ». Ils s’asseyent et écoutent ce chanteur qui leur parle de Nord, de Sud et d’Ostende. Cela fait deux jours qu’ils sont ensemble. Sûr que Jeronimo va leur porter chance. S’ils regardent notre session ukulélé, ils pourront la garder comme souvenir de leur rencontre.

L’album de Jérôme Mardaga est fait pour ça. C’est qu’il nous rend très romantique. Comme sa pochette, d’ailleurs : une photo de Françoise Sagan prise en 1956, sur la plage de Saint-Tropez, par Jean-Loup Sieff. « C’était pour illustrer la chanson “Rendez-vous dans ma loge” où je parle de Françoise, nous a-t-il raconté. J’ai toujours aimé ce qu’elle a écrit. J’ai lu plusieurs fois Bonjour tristesse, et sa bio, À toute allure, est passionnante. Je n’ai pas encore vu le film. Pour moi, Sagan est une figure héroïque du XXe siècle. »
Sagan n’est pas la seule lecture de Jeronimo puisque « Mélodie démolie » est le titre d’un poème de Jacques Prévert : « Cela fait longtemps que je l’avais repéré. Je l’ai simplement mis au pluriel. Non seulement, c’est une anagramme, mais avec Jeronimo, cela fait les mêmes voyelles dans le même ordre. C’est comme 12h33 : je trouve ça joli et marquant. Ça fait un petit clin d’œil à mes deux monstres. »
L’autre clin d’œil est destiné à la situation politico-communautaire que vit le pays depuis plus d’un an, à travers deux chansons (reprises d’ailleurs dans notre session ukulélé).
« “Irons-nous voir Ostende ?” est un SMS que j’ai envoyé un jour à mon amoureuse. J’ai écrit la chanson sur cette base. On a vraiment été à Ostende, passer une journée. Je me suis rendu compte que je parlais souvent de stations balnéaires dans mes chansons. Sans doute parce que quand j’étais enfant, on n’allait jamais à la mer. L’E40 est devenue la grande obsession de ma vie. Pour en revenir à Sagan, qui a dit “La vitesse est un grand élan de bonheur”, j’aime rouler vite, et comme elle, je suis passionné par les courses automobiles. Mon frère est mécano, et avec mon père, on est toujours devant la télé pour les Grands Prix de Formule 1. »
« “Le nord, le sud et le grand mur”, poursuit l’artiste, est plus clairement une chanson sur la Belgique, avec ses drapeaux tricolores aux balcons. C’est une vieille idée que j’avais de parler des relations Nord-Sud en général, et puis, je l’ai située plus précisément en Belgique. Ça me tenait à cœur de parler de cette situation qui m’inquiète, comme tout le monde, et qu’en même temps, je ne comprends plus très bien. Surtout quand je dois l’expliquer à l’étranger. Je me sens complètement largué. »
Jeronimo a enregistré ce troisième album en Italie, à Gattatico, près de Vérone. Avec son groupe de scène, qui n’inclut plus les boucles synthétiques : « C’est en tournant avec Mark Gardener, de Ride, que j’ai découvert ce vieux studio. C’est ce dont j’avais besoin pour m’isoler. C’est à la fois la dolce vita, et puis, tu es loin d’éventuels problèmes, des factures et du téléphone. J’ai tourné aussi en Allemagne avec Mark, avant d’être appelé à la rescousse par Jean-Charles, de Saint-André. En fait, j’adore jouer de la guitare pour d’autres. Comme je l’ai fait par le passé pour Miam Monster Miam ou Marc Morgan. Là, je vais peut-être bosser sur le prochain album de Mark. »
« On va passer une chouette soirée »
Une autre chanson va faire dresser de nombreux poils : « Maman si tu savais… », distillée d’une voix qui appelle à l’aide : « C’est une espèce de SOS, oui. Je n’ai jamais pris un ton aussi plaintif et écorché. J’ai prévenu ma maman que c’était assez dramatique. De toute façon, je lui fais toujours écouter mes maquettes. Elle écoute et me donne son avis. Elle est toujours de bon conseil, même sur le choix des chansons à mettre ou non sur le disque. »
Jeronimo n’a pas oublié cette Nuit Botanique de mai 2005 qu’il avait – fait tout à fait exceptionnel – assurée seul : « C’est un tout bon souvenir, car c’était la première fois que je me retrouvais seul dans cette salle, où je suis retourné avec Saint-André, avant Renan Luce. Je sais qu’on va passer une chouette soirée… »
La session ukulélé, réalisée dans le parc royal de Bruxelles
Mélodies démolies
Fini, l’électronique et la mélancolie de 12h33. Voici un troisième disque très solaire. Très électrique et familier puisqu’on retrouve Sarah (braqueuse dans « Tout sera comme avant »). C’est un vrai groupe – avec des sonorités très riches – qui entoure le Liégeois, qui émeut toujours autant tant par ses textes, parlant le langage du cœur, que par ses mélodies vibrantes. Une vraie réussite.  Anorak Supersport – PiaS.
COLJON,THIERRY
 
Sur le blog de Jerome Delvaux
 
 
Celui qui, à la demande générale, commente les sorties belges de la rentrée

 

Plusieurs lecteurs ont manifestement envie que je commente les sorties « rock belge » de la rentrée. Ce matin, j’ai un peu de temps devant moi alors why not ? Les sorties en question sont donc celles de Soldout, Malibu Stacy et Jeronimo. Voici, en bref, ce que je pense de ces trois-là.
 
Jeronimo : Ayant très peu d’affinités avec le rock chanté en français, j’ai mis très longtemps à m’intéresser à Jérôme Mardaga. C’est un peu à mon corps défendant que je l’ai vu pour la première fois en concert, en 2005, lorsqu’il est apparu en « invité surprise » d'une soirée Anorak Supersport à laquelle j’assistais pour I Am X (qui n’avait pas encore joué 486 fois en Wallonie). Le grand chauve liégeois est monté sur la scène de l’Atelier Rock de Huy avec sa guitare, a joué cinq ou six titres en acoustique et j'ai trouvé ça insupportablement chiant. Puis, son album 12h33 est sorti, je l’ai écouté par hasard et je me suis surpris à adorer deux titres (Les mains qui tremblent et Je vais tout plaquer sauf toi) superbement bien écrits et dotés d'une prod irréprochable du regretté Fools. Ne riez pas mais j’ai commencé à lui trouver un petit côté Daho, à Jeronimo. Il a aussi été interviewé pour Pop-Rock, mais pas par moi (voir ici). J’ai été le revoir en concert, au Cirque Royal, avec son groupe et en configuration électrique cette fois, et il a livré un set très efficace. J'ai aussi été bluffé par l'audace de ses reprises (David Bowie, Rage Against The Machine). Sa voix n’est pas extraordinaire mais il parvient à faire passer des émotions. Je n’exclus pas d’écouter son nouveau disque s’il me passe entre les mains.
 
 
 
 
Sur Music in Belgium
 
Le nouvel état d'esprit de Jeronimo

 

2008 s’annonce comme l’année du grand retour de Jeronimo, avec un nouvel album qui arrivera dans les bacs fin du mois de septembre. Nous avons profité de son passage au festival de Dour pour poser quelques questions à Jérôme Mardaga, son leader naturel.

Olivier Wouters: Salut Jérôme! Ca fait quoi de revenir sous les feux de l’actualité?

Jérôme Mardaga: En fait, je ne l’ai pas vraiment quittée, en tout cas en tant que guitariste puisque j’ai tourné toute l’année dernière avec Mark Gardener et j’ai également donné un coup de main à mon ami Saint-André (avec qui il avait justement joué sur la Red Frequency Stage quelques heures plus tôt). Il lui manquait un guitariste pour la scène et comme j’étais libre, j’ai accepté, même si son style musical est assez différent du mien. Après tout, je m’en fous, je n’occupe pas le devant de la scène, je gratte juste les cordes de mon instrument.

OW: Que retiens-tu de ces expériences?

JM: D’abord, j’ai pris mon pied puisque je suis quand même guitariste à la base. Et puis, c’était un honneur de faire partie du band d’une légende (Mark Gardener a fait partie de Ride, groupe noisy culte du début des années 90). Il m’a vraiment apporté beaucoup.

OW: Ah oui?

JM: Oui, Mark, c’est vraiment un sage. Il a plein d’expérience et il a l’art de ne pas se prendre la tête. Il m’a appris à relativiser les choses, à les prendre d’une manière plus détachée. Rester cool et simple, quoi. J’étais encore chez lui à Oxford il y a une dizaine de jours et quand on va au pub, on voit Andy Bell (bassiste d’Oasis, ex-membre de Ride) ou Jonny Greenwood (guitariste de Radiohead), des stars qui ne se prennent pas du tout la tête. A méditer…

OW: Revenons à ton projet principal. Qu’est-ce qui a changé depuis le dernier album ("12h33") en 2005?

JM: Plein de choses… Et pas seulement des réjouissantes puisque même le sort s’en s’est mêlé. Mon ami et ingénieur du son, Fools, s’est tué en voiture en revenant d’un concert en octobre 2006. C’était un peu la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. En effet, on arrivait au bout de la tournée de l’album et il commençait à y avoir des tensions au sein du groupe. Ce coup du sort a sans doute décanté les choses. On a donné notre dernier concert belge le 3 février 2007 pour le festival organisé à la mémoire de Fools. On a assuré les quelques dernières dates à l’étranger avant de tourner la page. Il y a juste le batteur qui est resté… Puis est arrivé le break avec Mark Gardener qui m’a aussi aidé à me changer les idées…

OW: Dans l’intervalle, tu as continué à composer?

JM: Oui, bien sûr, mais sans savoir vers où j’allais vraiment. En plus, je n’avais aucune pression de la part de la maison de disques, ce que je considère comme une grande chance! J’avais une totale liberté d’enregistrement, sans avoir nécessairement l’obligation d’écrire un "tube" ou en tout cas un morceau ou l’autre susceptible de passer à la radio. Et ça, c’était une nouveauté pour moi.

OW: Comment s’est passé l’enregistrement de ces nouvelles chansons?

JM: Vraiment très bien. Avec les nouveaux musiciens, on s’est retrouvés dans un studio en Italie, du côté de Vérone. Un endroit où il n’y a absolument rien à faire… On a dès lors pu se concentrer sur notre sujet. J’avais déjà écrit les textes et dégrossi les arrangements. Restait à voir comment cela allait sonner une fois que tout allait être mis en place. En tout cas, tout s’est super bien passé, tout est paru évident dès la première seconde où nous avons joué ensemble.

OW: En quoi le nouvel album diffèrera des autres?

JM: D’abord, j’ai laissé tomber les machines. Tout est joué en live. On a aussi utilisé un maximum de vieux matériel. Dans ce studio "traînaient" entre autres un mellotron, un solina et des vieux micros que nous avons abondamment utilisés, le résultat sonnant assez 70’s.

OW: Quelles en sont les influences?

JM: Comme je te l’ai expliqué, on était au milieu de nulle part et on avait l’occasion de se focaliser sur la musique. Et, assez bizarrement, nous n’avions que 3 albums de chevet que nous avons beaucoup écouté ("Abbey Road" des Beatles, "Spirit Of Eden" de Talk Talk et "Seventeen Seconds" de The Cure). Et avec le recul, je pense qu’ils nous ont assez influencés.

OW: Et tu es content du résultat?

JM: Oui, très! Et il y a même des morceaux que la maison de disques a pointé pour être diffusés à la radio (rires).

OW: Ce soir, tu donneras ton premier concert depuis un an et demi en tant que leader de Jeronimo. Doit-on s’attendre à des surprises?

JM: Evidemment. D’abord, vous ferez connaissance avec mon nouveau groupe (un guitariste et un bassiste ont rejoint le batteur Thomas Jungblut). Comme je le disais tout à l’heure, fini les machines! Place exclusivement à du live sur scène, avec à la clé un son plus brut et plus pêchant. On va bien évidemment interpréter de nouveaux titres et les anciens morceaux seront retravaillés pour la scène.

OW: La suite du programme pour Jeronimo?

JM: On va d’abord s’occuper de faire mixer l’album durant le mois d’août, mais il n’y a pas vraiment d’agenda pré-établi. C’est Rudy Coclet (qui avait déjà travaillé sur "Un Monde Sans Moi", le premier album) qui s’en chargera. Il tenait absolument à le faire, malgré son planning hyper chargé. En plus, c’est un grand fan des 70’s, donc je pense qu’il fera du bon boulot… Puis on fera quelques dates à la rentrée (notamment le Bucolique Festival le 13 septembre et Les Nuits du Soir le 26), qui coïncideront avec la sortie de l’album qu’on a baptisé "Mélodies Démolies". Mais c’est surtout en 2009 qu’on mettra l’accent sur le travail de promotion, avec notamment une tournée à l’étranger.

OW: Un programme chargé, en définitive…

JM: Oui, mais comme je le disais tout à l’heure, je relativise. Je n’ai plus envie de trop me casser la tête et je laisse venir. Mon adage préféré pour le moment, c'est "Advienne que pourra"...

OW: Merci Jérôme… Et bon concert ce soir!

JM: Merci.

Jérôme Mardaga s’en va alors pour une autre interview avec la télévision avant de se préparer pour le concert du come back de Jeronimo. Un concert qui nous en mettra plein la figure, comme annoncé dans l’interview. Sur scène, il a une pêche d’enfer et dans la vie, il a l’air tout à fait rasséréné… Et ses mélodies ne sont pas si démolies que ça…


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