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2004
 
As Dragon + Jeronimo
 
Jeronimo            Rennes, 2 février 2004 

Le métier de faussaire
Tout commence par une scène déjà vue : un grand gaillard dégarni seul avec sa guitare, une série de
pédales à ses pieds. Ca vous dit quelque chose ? Le public est encore en train de siroter sa bière dans le bar du fond de la salle quand la première chanson, "Si j'avais une fille", retentit. Démarrage risqué devant le premier rang encore sous le choc du passage d'un Dragon.Le chanteur est souriant, remercie, fait des blagues, et se fait rejoindre par bassiste et batteur. Le Mac disposé à côté de lui donne du rythme et la machine à remonter le temps s'emballe avec "L'été inoubliable". On se retrouve en 1993 devant Arnaud Michniak et Michel Cloup. Le débit est identique, les paroles ironiques sont ressemblantes et la musique presque aussi bruyante. Entre chaque chanson, Jérôme Mardaga est toujours aussi sympathique, il trinque avec son public, salue les filles "qui boivent et qui fument" et reprend sa guitare pour nous faire repenser à notre passé musical : du Bowie francisé melangé à un peu d'Arno (plat pays oblige), un refrain entrainant sur "Ton Eternel Petit Groupe" et une chanson si similaire à l'originale
que l'on attend impatiemment qu'il nous dise qu'elle est "A découvrir absolument".On reproche à certains groupes de ne pas innover et de garder de bonnes vieilles recettes musicales. Avec Jeronimo, on ne sait pas où se placer : il y a de l'innovation, de la puissance, et une certaine nouveauté, mais le personnage a
tellement écouté Diabologum, Dominique A et les autres qu'il finit par en copier la plupart des ficelles. Le fait que le belge Jérôme Mardaga ait fait ses classes au CMCN de Nancy en 1994 (haut lieu de concerts indés français à l'époque) explique peut être ses influences.Qu'on ne se trompe pas : le concert de Jeronimo était très bon, puissant, efficace avec desmusiciens qui prennent du plaisir. Le seul petit problème est que plusieurs fois pendant le set, l'inspiration est tellement claire, dans la musique et dans certaines paroles, qu'on a une féroce envie de revenir 10 ans en arrière pour être au même endroit avec les groupes originaux devant les yeux. Espérons que le prochain album de Jeronimo puisse profiter de
toutes ces excellentes réferences pour en tirer une substance plus personnelle plutôt que d'en faire
une sorte de copie très bien réalisée mais un peu trop fidèle.
Fred
 
Sur internet : Jobwebzine
 
 
BIOGRAPHIE
Jérôme Mardaga, 32 ans, auteur, compositeur, interprète belge. Lance en 2000, en solitaire, le projet Jéronimo qui aboutira à la sortie en Belgique - en 2002 - puis en France - en 2004 - de l’excellent et très personnel album Un monde sans moi. Son électro-pop-rock puissant et accrocheur, teinté de poésie décalée, nous a scotchés à l’époque et on attend le prochain opus (en cours d'élaboration) avec beaucoup d’excitation.
Pour le moment, en contre-pied à Un monde sans moi, Jowebzine.com lui a demandé de s’imaginer dans un monde sans les autres.
Et ça donne ça…

INTERVIEW
Bonjour, Jéronimo.
Vous êtes assis confortablement ? Bon, alors voilà : Jowebzine.com a une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer… et dix questions à vous poser.
On y va ?

ok !
 
D'abord la mauvaise nouvelle : la fin du monde est pour la semaine prochaine.

Ça c’est con ! Cet enfoiré de Bush, encore une fois ?
 
Maintenant, la bonne nouvelle : vous serez le seul survivant (ou presque) et vous avez, en plus, le pouvoir de sauver 10 monuments de votre Panthéon personnel. Voici les thèmes, à vous de désigner (et de commenter) les heureux élus !

C’est moche , j’aurais préféré y passer comme tout le monde !
 
Le disque que vous souhaitez sauver

Billie Holiday , peu importe lequel , un best of par exemple.
 
Le film que vous souhaitez sauver

Paris Texas, Wim Wenders , pour apprendre le désert.
 
Le livre que vous souhaitez sauver

Paroles de Prévert.
 
La bande dessinée que vous souhaitez sauver

Le cas Lagaffe de Franquin, pour les coups de blues.
 
L'homme que vous souhaitez sauver

Mon frère.
 
La femme que vous souhaitez sauver

Euh… Juliette Binoche… Euh non ! Plutôt ma voisine du dessus… quoique Juliette Binoche tout de même… Ah là là j’hésite… Ma voisine du dessus en définitive (parce qu’elle ressemble tellement à Juliette Binoche et qu’elle est célibataire !).
 
L'objet, le lieu ou le monument que vous souhaitez sauver

La planète Terre.
 
L'émission télévisée que vous souhaitez sauver

Aucune : la télévision dans son exploitation actuelle mérite de disparaître au plus vite !
 
Le plat que vous souhaitez sauver
 
Les frites, quelle question !
 
Votre œuvre personnelle que vous souhaitez sauver

Un collier de nouilles confectionné pour la Fête des Mères en 1978, et que ma mère a rangé illico à la cave… pour ne pas qu’il s’abîme, j'imagine…
 
Merci Jéronimo.

Merci à vous.
 
Nous transmettons votre liste à qui de droit…

Faites donc !

Propos recueillis par Roland Caduf
© Jowebzine.com - Novembre 2004
 
Sur internet : Rock in France
 
 
Interview Rock'n'France     Jéronimo -     Interview[ Mars 2004 ]   
   

Jeronimo n'a de belge que son nom. Ou plutôt n'a d'indien que la face cachée de l'Amérique. Ce côté sombre qui a donné tant de héros. Cet indien n'a pas peur des américains contrairement à sa reprise d'une chanson de David Bowie. Ouvert à toutes tendances, aimant la musique pour ce qu'elle apporte avant de savoir si elle rapporte. Jeronimo monte sur scène et fait son set électrique pour accentuer le côté électronique sur disque. Il a commencé à se faire un nom avec 'Ton Eternel Petit Groupe' en Belgique pour s'internationaliser en France, Espagne, Canada avec un single des plus braves 'Ma Femme Me Trompe'. Pow-Woh entre l'artiste et le fumiste journaliste.

'Jeronimo' c'était plus facile à porter que Cochise ou Danse avec les Loups ?
 
Cette appellation de scène correspond à mon nom traduit en espagnol.
 
Vous semblez un fanatique du bruit ? du son qui va faire le petit plus dans une chanson ?
 
Je sais pas si tu connais des groupes comme 'My Blody Valentine' eux savaient faire du " beau bruit ". Dans Hendrix on retrouve aussi la même chose. Il y a un côté bruitiste qui revient souvent. Actuellement il y a un groupe qui fait du bruit magnifique c'est 'God Speed Your Black Emperor'.
 
La pédale de distorsion est ce le moyen de remettre Jeronimo d'équerre avec le monde ?
 
Elle était là bien avant Jeronimo. La pédale c'est le son de la guitare électrique. C'est une approche. J'espère aborder des chansons en son clair mais pour le moment c'est la distorsion.
 
Vos études au centre musical créatif de Nancy ont été importantes pour vous ?
 
Pas pour la création ou l'écriture de chanson proprement dites mais pour l'expérience oui. J'étais dans un pays étranger qui m'a permis de côtoyer des musiciens de cultures musicales différentes. Quand on est jeune on est un peu snob, hermétique. Cette expérience m'a permis d'ouvrir mes oreilles. La seconde chose c'est que de rester huit heures par jour avec une guitare permet d'apprendre plein de choses, de se roder, de se familiariser encore plus avec son instrument.
 
'L'éternel petit groupe' c'est la vie de Jeronimo avant de connaître une carrière solo ?
 
C'est le clin d'œil du mec qui joue dans plein de groupes… C'est notre réalité aussi maintenant encore. C'est la première chanson que j'ai écrit pour ce projet là en français. C'est une chanson mi enragée, mi triste.
 
Vous avez signé tout d'abord chez Anorak Supersport pour ensuite passer chez Warner France ? le changement de structure s'est il fait dans la douceur ou la douleur ?
 
Je reste de culture indépendante. En concertation avec Anorak on s'est dit de tenter l'aventure vers ces grosses productions. C'est assez difficile à gérer car il y a beaucoup d'inertie. Dans ces grosses maisons il te faut 2 heures pour trouver la personne que tu cherches. D'ici 6 mois, 1 an je saurais dégager ce qui est bénéfique pour moi de cette situation. Le truc qui change c'est qu'il n'y a plus le feu sacré si cher aux indés, tu serais dans un bureau d'assurance ce serait un peu pareil. Anorak ce sont des passionnés de la cour de récréation qui ont continué !
 
Contrairement à d'autres qui maîtrisent l'éléctro, vous aimez rajouter des paroles sur la musique ? Pour éviter de faire des jingles de pub ?
 
Effectivement, Il y a une part d' électronique dans ma musique. J'ai voulu faire une synthèse sur 'Un monde sans Moi' de tout ce qui m'avait bercé. Ce qui va de la body-music et Front 242 dont j'étais fan vers 14-15 ans à d'autres 'truc' comme Brian Eno. L'objectif reste que ce soit une chanson avec une histoire.
 
C'est important le fait que vos chansons restent avant toute chose des chroniques ?
 
(Catégorique) " oui ! Je désire, et j'ai tout fais dans ce sens, pour déployer des situations avec des personnages, une intrigue. Cela permet de développer une tension. D'élaborer quelque chose en trois minutes et demi.
 
Vous avez aussi des chansons qui sont de vraies histoires longues, sans le " couplet-refrain " habituel ?
 
Dans certaines chansons c'est plus un fil continu. Il y a des chansons qui se prêtent au fait que ce soit délié sans couplet ni refrain. Par contre il y a d'autres titres où tu dois absolument t'y contraindre. C'est un peu au cas par cas. Je n'essaye pas de me cantonner douze fois dans la même chanson. Varier de l'acoustique à l'électro pour donner des décors différents.
 
Le second single 'J'ai si peur des américains' c'est une façon de glisser un petit message social ?
 
Oui mais ce n'est pas moi qui le dit, c'est une reprise en français d'un titre de David Bowie. J'essaye d'éviter tant faire ce peut. Je préfère parler de 'Sarah' où c'est un domaine qui ne concerne que moi, plutôt que d'entrer dans le message à délivrer sur la société. J'ai beaucoup de choses à dire à ce sujet mais je ne pense pas le faire avec une guitare. La scène n'est pas le meilleur des médias. Si vraiment tu te sens investi d'une pensée, il vaut mieux prendre une carte de partie politique et militer.
 
Il y a, à la fin de l'album, 'Je cherche professeur de danse' où c'est l'éclate totale dans l'orchestration ?
 
Quand j'ai réalisé l'album je n'avais pas décidé de le mettre en dernier. Je voulais faire une chanson sur les slows car à mon grand regret il ne passe plus de slows dans les boites. A mon époque, je buvais comme un dératé en attendant minuit pour me faire une femme sur les slows. Un petit 'Purple Rain' de Prince par exemple ! c'était chouette, on se tenait, on se parlait à l'oreille.
 
Là joues tu sur scène pour compenser ce manque ?
 
Non ! Techniquement c'est trop difficile. Mes deux musiciens ne sont pas des adeptes du violon ! (rire) Sur scène on a mis l'accent sur le côté rock, destroy et bruit. Le concert est plus homogène que le disque qui est plus éclaté. L'album est pop et le live est rock. Il y a deux lectures à mon projet… Je ne voudrais pas proposer la lecture de mon disque sur scène, j'aime la différence.
 
C'est pourquoi vous partez dans des pays comme l'Espagne, la Suisse ou le Canada ?
 
L'album a précédé nos prestations. Ce qui fait que lorsque on nous voit en live et que modestement on s'en sort souvent très bien, les gens sont ravis quel que soit le pays.
 
" Ma femme me trompe " est un single très porteur, n'annihile t'il pas tout le travail à côté ?
 
Non au contraire, il faut des titres dans ce genre pour tirer les 12 autres. Tu as besoin de 3minutes de singles pour faire prendre la mayonnaise. C'est le morceau qui nous permet d'être là et de jouer tous les autres titres.
 
Le sujet est fédérateur ?
 
Le sujet est récurant. Je reviens à la maison et je trouve l'amant de ma femme… mais chanté de cette manière, sous cet angle, je crois que je n'ai pas d'égal. Finalement si tu écoutes bien c'est un blues.
 
Vous avez représenté la Belgique au Printemps de Bourges 2002, c'était une fierté ou comme Venus par exemple vous ne revendiquez pas votre Belgitude attitude ?
 
Le truc est à double tranchant. Ce jour là, on s'est pointé à midi dans une salle immense remplie d'officiels, froids comme la mort, on a fini notre concert et hop on est rentré. Par contre ce qu'on en a parlé ! c'était incroyable. Une vraie mascarade, mais le fait de jouer à tel endroit, à cette date là, cela te fait un écho prestigieux. On prend beaucoup plus de plaisir à faire des concerts dans des cafés au fin fond du Québec que de jouer au Printemps de Bourges. L'année passée on a pris une belle revanche en première partie d'Indochine au même endroit mais en soirée et la salle bondée de gens qui étaient là pour la musique.
 
Un autre belge est en train de casser la baraque cette semaine en France, c'est Benoit Pooelvorde avec Podium, serais tu capable de faire une reprise de Claude François ?
 
Ouiii, Super idée. J'y penserais… mais Claude François dansait sûrement mieux que moi
 
2005 © Pierre (Chroniqueur pour Rock'n France) - Tous droits réservés
 
 
 
 
2003
 
Sur internet : i muziknet
 
 
Un monde sans moi ::.
 
 
Fiche technique :
 
Groupe : Jeronimo
 
Producteur : Jérome Mardaga
 
Distribution : Capitol
 
Année : 2003
 
Genre : Rock européen
 
Autres albums : 12h33 
 
 
Chronique i-muzzik.net ( Harry )
 
 
Si on devait définir brièvement "Un monde sans moi" album du Français Jeronimo, on parlerai d'un croisement entre Diabologum pour son aspérité, son énergie et ses distorsions et Jérome Minière pour ses vocalises, sa sincérité et sa subtilité. Un croisement évident sur des titres comme ("L'été inoubliable" ou l'incroyable et obsédant "Ma femme me trompe"). Il y a aussi chez Jeronimo, une vraie personnalité qui en font un auteur à la fois universel et extrêmement singulier. Le belge se construit un monde à part, une univers qui lui est propre, fait de réalisme désabusé, de joie intime et de constats sur l'étrangeté des choses et des êtres ("Ton éternel petit groupe"). D'ailleurs Jeronimo n'hésite pas à nous forcer la main avec quelques morceaux culottés dont l'idée nous auraient fait bondir si on nous en avait parlé avant de les écouter ("J'ai peur des Américains" adaptation en Français d'un titre du udo Bowie-Eno). Culotté et impeccable. "Un monde sans moi" est un premier disque enlevé et ambitieux qui fait dès à présent de Jeronimo un auteur à suivre pour les années à venir. Pour un peu, un monde sans lui serait devenu inimaginable.
 
 
 
Sur internet : Rock in France
 
 
Jéronimo - Un monde sans moi       
 
L'avis Rock'n France :  Excellent 

 Règlements de comptes à OK Corral. Jérôme Mardaga a fourbi ses armes toute la nuit à la lueur du feu sacré. Puis il a entamé une dernière danse funeste autour du totem empoussiéré de la chanson française, se rappelant ses illustres aïeux dont il renouvelle la mémoire en l'adaptant à son temps, comme le font les autres derniers mohicans à la tête de leurs tribus respectives, qu'ils se nomment Mathieu Chédid ou Katerine. Demain, les cow-boys de Fort Alamode se pisseront dans le froc lorsque retentira à nouveau son Jéronimo vengeur.
C'est décidé, il ne fera pas de prisonniers, il n'aura plus " Peur des américains " qu'il électrifiera orageusement sur place, il leur fera passer dans le dos un grand " Frisson " calfeutré et pesant, " Cet après-midi " tout en boucle électro restera gravé dans leurs esprits endormis. Et ce sera " un été inoubliable " pour celui qui se pose comme une alternative rafraîchissante entre pop acidulée (" A Monaco ") ou vocoïdée (" Ma femme me trompe "), acoustique salvadorienne (" Si j'avais une fille ") et rock plus enlevé. Jéronimo commanche à faire parler de lui en dépeignant avec tant de justesse de ton cette cheyenne de vie, de quoi tourner définitivement l'apache d'une chanson française surannée.Vamos ! 
 
2005 © Jarod (Chroniqueur pour Rock'n France)
 
Sur internet : Les inrocks
 
 
Un Monde Sans Moi 
sortie nov. 2003   (Capitol / EMI)  
 
 "Vous avez déjà goûté du silicone ?", demande d’une voix atone Jeronimo dès les premières notes de son premier album. Selon lui, c’est vraiment dégueulasse. Comme le reste du monde, duquel il s’exclut, avec un bagout pince-sans-rire. Jérôme Mardaga, devenu Jeronimo en hommage à ses origines espagnoles, a écrit et composé ses premiers textes à Liège, en Belgique. Contrairement à tout un pan de la scène wallone, lui n’a jamais rejeté le français et l’exploite pour conter le tragique, par petites touches catastrophistes, amplifiées par des sons électroniques minutieusement  tordus. Sur son premier single, Ton éternel petit groupe, il s’emparait d’une autodérision exquise : une parodie cocasse des compositeurs de garage, débordés par les disques qu’ils écoutent et un perfectionnisme illusoire.
Vu comme un nouveau genre de Diabologum, sauce liégeoise, Jeronimo bonifie ses textes monocordes grâce à des guitares irritées, héritées d’une culture anglaise des années 90 (il cite My Bloody Valentine comme influence, on pourrait y rajouter les Pixies). Jeronimo est un intime du pessimisme : si sa femme le trompe (Ma femme me trompe), de toute façon il a annulé son mariage le jour même (Sarah). Et si ses souvenirs de vacances ressemblent à Alerte à Malibu version Bal des vampires (L’Eté inoubliable), les Américains lui donnent froid dans le dos (J’ai peur des Américains, reprise gonflée de Bowie). La vie en rosse. 
Caroline Halazy  
05 nov. 2003
 
Club Soda avec Venus 3
 
Assister à un spectacle du groupe, c'est laisser tomber ses soucis, bouger, chanter et embarquer dans un trip musical et une ambiance de fête. Une belle réussite et un groupe qui gagne de plus en plus de terrain au Québec. Ils s'envolent bientôt pour la Belgique, terre natale de celui qui assurait leur première partie ce soir, Jeronimo.
De son vrai nom Jérôme Mardaga, il nous offrait récemment un premier album aux sonorités rock électronique, un album dans lequel il s'est investi complètement, le réalisant pratiquement tout seul, livré à lui même. La musique est servie sur scène par un trio guitare, basse et batterie, alliant tout de même quelques synthétiseurs pré-programmés.
Somme toute, une soirée au rock bien senti et à l'énergie communicatrice.
 
Francofolies de Montréal
 
Un autre belge, Jeronimo cette fois-ci, celui que j'avais vu en première partie de Vénus 3 au Club Soda ce printemps. Sa musique est du rock teinté d'électronique poussé par un trio guitare électrique, basse et drums. Justement, la batterie est fortement mise de l'avant et rend la musique de Jérôme encore plus lourde et saccadée. C'était parfait pour la scène Hip Bleu Dry qui nous a offert d'excellentes prestations rock jusqu'à maintenant avec Papillon, Richard Petit et Gwenwed.
 
Sur internet : Longueur d'ondes
 
 
FRANCOFOLIES DE SPA
Du 16 au 21 juillet 2003
Belgique
A la base, Spa est une petite ville de cure thermale. C'est aussi la ville du circuit automobile du même nom. Dans les années 70, ce fut celle d'un festival de chanson très médiatisé, et depuis dix ans, c'est le relais belge des Francofolies.
"Plein soleil"
Au cœur même de la ville, les concerts ont lieu dans trois endroits : la salle du Casino pour les concerts de chanson traditionnelle, puis, en plein air, au Parc des Sept Heures pour les découvertes et place Pierre Rapsat pour les shows gros calibre (chacun de ces deux sites accueillant entre 9 et 10 000 spectateurs). L'ambiance est familiale et bon enfant, les stands de bouffe inondent les trottoirs, ça grouille de monde et c'est un parfum de vacances à la plage qui flotte dans l'air, malgré l'absence de mer ! 150 000 personnes ont fait le déplacement, un record pour la dixième année ! Si le programme manquait un peu d'audace et de découvertes (on aurait aimé Vincent Delerm, Sanseverino, les Ogres ou pourquoi pas Manu Chao…), il a fait la part belle à la qualité : Birkin, Voulzy, Zazie, Eiffel, Reggiani, Zebda, I Muvrini, Venus, Jeff Bodart, Saez ou An Pierlé étaient du voyage. Focus sur quelques autres noms…
 
Sous le soleil exactement"
 
Dans le village "Francofou" qui fait la part belle aux jeunes talents, Tahiti 80, le quintet pop français chantant en anglais et marchant bien à l'exportation, se cantonne à rester gentillet et sautillant là ou on l'attendrait plus mordant (à la Dionysos par exemple). Le public reste sage, comme plombé. Et pas uniquement à cause de la chaleur !
 
Téna, ce quatuor du centre de la Belgique, coup de cœur des précédentes Francos, et qui vient de sortir son premier CD, est mené d'une main de fer par Chrissou, sa chanteuse énergique : "La plupart des gens sont morts et ils ne le savent même pas ! Est-ce que vous êtes vivants ?", hurle-t-elle ! Apparemment, oui ! Le public embarque à leur rock pas franchement original, à leurs textes mi-rebelles, mi-engagés (bien qu'un peu jeunes), et à la voix chaude qui lie le tout.
 
Autre ambiance, détour sur la grande scène où, la voix beaucoup plus cassée et grave qu'à l'accoutumée, Marc Lavoine drapé dans un drapeau géant bleu, blanc, rouge, entame un "C'est ça la France" très électrique et énervé, avant d'enchaîner avec la "Javanaise" dernière mouture du père Gainsbarre. Après, ça retombe dans le sirupeux, dommage…
 
"Respire"
Retour Parc des Sept Heures pour le show "Sacrés Belges" sorte de carte de visite de la nouvelle génération d'ici, qui se mixe, se remixe, "duote" et s'accouple pour mieux se présenter. C'est Vincent Venet qui ouvre le bal. Pop sympathique, guère plus, puis arrivent Agent 5.1 et sa chanteuse sixties version électro-rock. Les jeunes, qui composent l'essentiel du public, embrayent vite et avec bonne humeur. Les Pink Satellite DJ-funkent pendant que le guitariste triture sa gratte avec un archet de violon. Marc Morgan fait de la chanson électro, mais fait-il encore partie de la relève ? Nietzsche propose un intéressant délire rock, Starvingrevisite les eighties avec bonheur et originalité et Jéronimo fait monter la sauce de ses chansons-rock ; à surveiller de très près ! Une superbe soirée à exporter !
 
Mélanie Renaud, la Québécoise black, d'inspiration soul et nouvelle coqueluche montréalaise, passe les deux tiers de son set à faire des reprises. Marley et Nougaro, ça va, Mitsouko avec un "Andy" qui plombe, c'est limite, mais "Paroles, paroles" de Dalida, on frise là le karaoké géant de fin de soirée !
 
Mickey 3D débarque sans un sourire, comme à l'accoutumée. Pas plus de paroles. C'est juste en jouant que le groupe prouve son efficacité. Pas de fioritures, place au talent. "Respire" arrive très vite, en quatrième position, suivi d'une "Fin des haricots" rentre-dedans. Le public délire, l'affaire est dans le sac.
 
Kana et son reggae ensoleillé (même s'il est loin d'être révolutionnaire), fait passer un bon moment de détente. Tout comme Les Escrocs qui fustigent d'un humour efficace les lepénistes franchouillards qui grouillent en France (entre autre) : "Donnez-vous la main loukoum et camembert, car vous êtes en chemin vers le même cimetière !" Contrebasse, clarinette, gratte, percus et synthés, le quatuor opte pour des rythmes de farniente : "A part l'amour, la musique et la sieste, y'a pas grand chose à faire sur cette foutue planète". C'est ben vrai ça !
 
Petite salle du Casino, seul au piano (puis synthés) François Spy balance sur ses musiques proches des menuets d'antan, des petites histoires cruelles dont il a le secret : infanticide, souffre-douleur d'école, nettoyeur en moto-crotte, misogyne invétéré… Caustique ou simplement allumé, il emporte l'auditeur dans un univers hors du commun.
 
"J'ai 10 ans"
Grande scène, spectacle de clôture. Jean-Louis Aubert reprend autant Téléphone que ses titres solos pour un set résolument rock qui fait décoller le public survolté. Quelle énergie !
 
Après un mini feu d'artifices et une averse diluvienne, démarre le concert hommage à Pierre Rapsat, gloire nationale de la chanson-rock de qualité, disparu il y a deux ans. Malgré l'émouvant texte-hommage de Jean-Louis Foulquier, visiblement sincère, malgré la volonté de faire une "fête" et non un enterrement de première classe, on assiste plutôt à un show de variété télévisé où chacun vient pousser la chansonnette. Pas de MC pour lier la soirée, pas de reprises fracassantes ou réappropriées (si ce n'est Kana), mais un défilé tiède de Fugain à Maurane en passant par Lio, Philippe Lafontaine, Kadhja Nin, Beverly Jo Scott ou David Koven entre autres.
 
On aurait souhaité plus fort pour fêter ce dixième été, mais le défi n'est pas toujours simple à relever. Cependant, digne petite sœur de son aînée La Rochelle, Spa semble repartie pour dix ans de bonheur supplémentaire, du moins c'est ce qu'on lui souhaite !

Le 22/07/2003 par Serge Beyer
 
 
2002
 
Sur internet : Radio Canada
 
 
JERONIMO 

Genre : Chanson
Origine : Belgique
Membres : Jérôme Mardaga alias Jeronimo (guitare et voix), Symon Sacha (basse), Thomas Jungblut (batterie)

Biographie :
Longiligne et délicat, Jeronimo est un garçon calme et candide qui ne ressemble en rien au guerrier apache du même nom. Multi-instrumentiste, il a réalisé presque entièrement seul son premier album à la maison. Fortement influencé par le rock britannique, Jeronimo enrobe sa voix claire et intimiste d’un mélange de guitares tranchantes et de bidouillages électroniques. Ses chansons douces-amères et tragi-comiques racontent souvent de petites histoires inspirées du quotidien ou de ses voyages.
 
Discographie : 2002 Un monde sans moi

 
 
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