Critiques 12 h 33
63 Sur internet : Pop rock
Le All Star Band de Mark Gardener
jeudi 21 septembre 2006
Il nous en avait parlé lors de notre interview en avril. Mark Gardener, qui fut l’un des deux chanteurs/guitaristes de Ride dans les années 90 (avec Andy Bell, devenu bassiste d’Oasis), souhaitait mettre sur pied un backing band pour succéder à Goldrush et l’accompagner en tournée. C’est désormais chose faite. Ce groupe (dont le nom n’a pas encore été arrêté) se compose de plusieurs musiciens bien connus de la scène rock belge. En effet, c’est ni plus ni moins que Jérôme Mardaga, alias Jeronimo himself, qui tiendra la guitare, entouré de Calogero Marotta (ex songwriter de Showstar et Gagarine) à la basse, de Jérôme Danthinne (Michel Drucker Experience) à la batterie et d’Emma Meurice aux claviers. Cette dernière, 22 ans, est l’ex chanteuse de Freaks et tourne également comme violoniste et danseuse du très prometteur jeune chanteur Nicolas Testa (dont le producteur n’est autre que Loïc B.O. de Flexa Lyndo - nous en vous reparlerons très bientôt).
Un concert est déjà planifié à Paris, au Nouveau Casino, le 11 octobre. D’autres devraient suivre.
Après les shows intimistes donnés en Belgique cette années (notamment au Botanique et à Huy, voir ici), Mark Gardener s’apprête donc à donner une dimension plus consistante à son répertoire live. Rappelons qu’en plus des morceaux de son album solo, le charmant These beautiful ghosts, Gardener interprète également sur scène quelques classiques de Ride. Voilà qui devrait ravir les fans de ce groupe culte de la tendance shoegazer !
62 Dans la presse : Guitar part
Dans révélation française
1) Jéronimo, 2) gojira, 3) the film, 4) métric 5) gomm
Avant de subir un lancer de boîtier cristal sur nous, il est vrai que Jéronimo est belge, pour une révélation française, c'est pas l'idéal, mais qu'est ce qu'on en a à péter des frontières ?ça chante français, c'est chaud comme du bon rock, et puis il a cette petite candeur toute désarmante qui fait qu'on ne pouvait pas passer à côté;rassurez vous les hexagonaux ne sont pas en reste avec the film, leur mélange osé entre rock 60s et formats prog et leur tube incontournable can you touch me....inhinhinhin.Changement de registre avec gojira, preuve de l'éclectisme de notre scène musicale, puisque le groupe s'impose comme l'espoir du métal à la française. Metric et ses relents de garbage nous auront séduits par autant que le charisme de leur chanteuse, tout comme les nordistes de Gomm, révélation électrorock prometteuse.
61 Sur internet : M la musique (F)
http://www.m-la-music.net/article.php3?id_article=2277
Jéronimo
Suivons sa piste
L'actualité de Jéronimo s'appelle "12h33". Après avoir déjà fait un petit bout de chemin en Belgique, il sort chez nous. Jéronimo ôte à la scène wallonne les complexes que lui donnait sa concurrente flamande (Vénus, dEUS) : il chante en français tout en utilisant le melting-pot culturel belge. Et trouve ses références chez Bowie, Godspeed You Black Emperor ou même chez Daho quand l'envie lui vient d'apaiser les esprits. Suivons la piste de ce drôle d'indien...
Propos recueillis par Pierre Derensy
M la Music : Apparemment tu as composé "12 h 33" lors de la longue tournée pour défendre ton premier album ?
Jéronimo : Disons plutôt que ce nouveau disque est très imprégné de cette première tournée. Il y a beaucoup de chansons qui ont effectivement été écrites un peu n'importe où quand tu te retrouves à devoir attendre avant un concert ou pendant le trajet qui t'emmène à la salle de spectacle. L'impression générale, je le vois fort comme un road-record. Cela se ressent aussi dans le visuel qui se passe loin de l'Europe. Il y a une espèce de mouvement qui m'est très cher.
MLM : L'album ressemble beaucoup plus à tes prestations live. C'est un album plus organique que le précédent ?
Jéronimo : Je l'explique du fait que je l'ai enregistré avec toute l'équipe qui m'avait suivi pour les concerts. Nous l'avons vraiment fait ensemble. Le premier je l'avais bidouillé tout seul alors que celui là j'ai bidouillé une partie seul pour ensuite aller en studio avec Sacha et Thomas donc basse-batterie et Philou notre ingé-son en concert qui se chargeait d'enregistrer. Le son est plus ample. Tout est joué ou quasiment. Cela reste malgré tout assez calme par rapport aux concerts.
MLM : En demandant à tes musiciens de venir te prêter main forte sur ce disque cela a-t-il changé quelque chose de fondamental dans ton approche créatrice ?
Jéronimo : C'est une bonne question (rire). Non je ne crois pas. Fondamentalement non. Au contraire quelque part ça me conforte même dans la complexité de faire un disque. Ce qui était bien c'est que c'était le contre-pied de la réalisation du premier CD. Je me suis retrouvé dans une notion d'apprentissage. Des choses prépondérantes et viscérales qui ne s'étaient pas posée à moi dans le passé. Sur le moment cela a même été perturbant. Ca n'a pas été une partie de plaisir d'enregistrer ce disque. Ici ce fut mouvementé de toute part. Fondamentalement l'album je dois l'entendre avant de le proposer au reste du groupe. Je dois imaginer à quoi telle ou telle chanson doit ressembler.
MLM : Ce nouveau disque est moins 'single-isable' si tu me permets l'expression ?
Jéronimo : On s'est retrouvé à la fin des sessions avec 25 titres. Il y avait énormément de choses différentes les unes des autres. Le choix des morceaux fut le dernier casse tête du projet. La set-list est d'ailleurs distincte en France ou en Belgique. C'est très complexe. Cela vient du fait qu'il y avait une foule de choses enregistrées qui sonnaient bien aux oreilles de tout le monde. On pouvait faire un album soit très pop, soit un disque très fermé avec des instrumentaux et des triptyques avec des textes abstraits. On aurait pu faire aussi un album en anglais ou un truc totalement acoustique. On a donc opté pour une espèce de mosaïque car nous n'arrivions pas à les séparer. Toutes ces influences allaient de paire. L'album est donc éclaté.
MLM : Tu as aussi pris conscience et confiance en ta voix ?
Jéronimo : C'est très curieux car fin des années 90 j'avais un autre contrat avec un autre label où je faisais un peu le même boulot, c'est à dire que j'écrivais et je faisais la musique, mais comme je chantais en anglais là je n'avais pas peur de poser ma voix. Quand je suis passé au français peu de temps après je n'ai pas su exploiter ma voix. Je préféré le talk-over. Il a fallu le premier album et la tournée ensuite pour que tout doucement je puisse arriver à chanter naturellement.
MLM : Ton écriture reste par contre éternellement sous tention ?
Jéronimo : C'est clair. J'y travaille. Je veux contrôler et affiner mon écriture. J'écris beaucoup de choses et je rature beaucoup aussi. C'est la première fois dans l'histoire de Jéronimo que je prend des angles divergents avec les mêmes mots. J'ai besoin de travailler lentement pour peaufiner mes textes.
MLM : "Corrina, Corrina" a un accent plus roots que le reste ?
Jéronimo : Je n'ai pas ressenti ça comme une prise de risque. C'est l'un des rares titre de l'album qui fut enregistré dans le sourire. C'est une chanson très claire dans mon esprit. C'est une chanson qui fait rire et je crois que c'est une de mes préférées sur le disque. L'une dont je me sens le plus fier. Comme ce ne sont pas mes mots, que c'est une reprise, je suis plus détendu, moins à l'affût du truc qui me dérange. J'adore le son qu'on a fait sur cette chanson. Cela me rappelle fort le "Blonde On Blonde" de Dylan même si c'est prétentieux de me comparer à Dylan (rire).
MLM : Tu n'hésites pas à parler de tes influences quand tu parles de tes morceaux ?
Jéronimo : Il y a comme ça des artistes qu'on se plait à étudier et qui nous apprennent beaucoup de choses. Dylan en est le meilleur exemple. Faire une reprise par contre c'est se confronter à un cliché.
MLM : "Avoir un Petit", c'est du vécu ?
Jéronimo : C'est purement de l'observation ! Celle-là, je ne voulais pas la garder pour l'album.
MLM : Qui a fait le choix alors finalement ?
Jéronimo : Nous l'avons fait tous ensemble. Je n'étais pas en postion pour choisir moi même alors que normalement cela fait partie de ma chasse gardée. J'étais tellement dans une situation nouvelle que j'ai eu besoin d'aide. J'étais inquiet par rapport à l'attente. C'était mon "premier second album". Il me fallait des éclairages contradictoires.
MLM : Pourquoi avoir voulu terminer l'album par un instrumental de plus de 8 minutes ?
Jéronimo : C'est un clin d'œil aux groupes que nous écoutions au fil de la réalisation du disque. Je voulais aussi faire rappeler l'univers nord-américain. C'est un morceau gratuit. Je le trouve plus beau que "Mes Mains qui Tremblent" par exemple du fait de sa générosité non calculée.
MLM : Tu pourrais te passer de paroles sur tout un album et être ravi du résultat ?
Jéronimo : Oui bien sûr mais cela n'aurait pas lieu de s'appeler Jéronimo. En fait c'est une question de sons plus que de textes ou de mélodies. Ce n'est pas une question d'arrangements ou de couleur musicale.
MLM : Après deux albums, arrives-tu encore à te situer ou alors est ce le foutoir total dans ta tête ?
Jéronimo : J'avais déjà un peu du mal avec le premier (rire). J'étais d'accord avec les artistes auxquels on me raccrochait mais cela ne m'avançait pas vraiment. Et là encore moins. Je me rends compte que mon disque est difficile. Il faut plusieurs écoutes avant de l'apprécier. Ayant du mal à situer ce que je fais je peux comprendre que les gens qui m'entendent soient dans le même état. La grosse question qui revient toujours c'est : "Est-ce que je fais cette fois ci un album homogène sans changement de direction ?" mais d'un autre côté moi ce qui me plait c'est cette impression de voyage. Dans « 12h33 » je peux te dire qu'on ne revient jamais musicalement dans un style, il n'y a aucune redondance.
MLM : Tu es donc déjà en train de préparer un nouvel album ?
Jéronimo : Oui. Car l'album qui vient d'arriver en France est dans les bacs depuis mars en Belgique. J'ai fait ensuite une tournée en France, en Belgique et en Suisse et là je sens qu'il faut absolument que je me mette à enregistrer. Je ne veux pas me laisser de temps mort. J'ai 2 mois devant moi pour faire les fondations. (rire) C'est important d'avoir de bons plans.
MLM : Tu es passé de Capitol à V2, pourquoi ce choix ?
Jéronimo : Je repartais de zéro quand Capitol m'a rendu mon contrat. Ce qui fait que pour une question de timing on a décidé de démarcher les maisons de disques après avoir réalisé ce nouveau disque. On a appris qu'Alain Artaud qui m'avait signé chez Capitol se trouvait chez V2 et que son directeur artistique était le même donc c'est logiquement que nous sommes allés là-bas en premier et sans hésiter ils nous ont signés. Cela m'a très touché de me retrouver sur ce label avec Deus, Vive la Fête, Zita Swoon… Je suis toujours intimidé quand je vois leur catalogue et de me retrouver la-dedans.
MLM : Pour terminer, Jeronimo est la référence en Suisse romande pour les systèmes d'encaissement par cartes de crédit et de débit, est ce que cela te rapporte quelque chose ?
Jéronimo : Ah bon ? non je n'étais pas du tout au courant. C'est toujours bon à savoir. (rire)
60 Sur internet : Webzine nameless
http://www.webzinenameless.net/top50/2005.php
Dans le top 50 de Webzine nameless por l'année 2005 Jeronimo est en treizième position
13. Jeronimo//12h33
Le second album de Jeronimo en aura surpris plus d’un, car à l’humour d’Un monde sans moi, 12h33 fait place a des textes sans nul doute bien plus personnels, empreints de vérité, de sentiments, de vécus, de douleurs, de peines, quelques sourires aussi, de toutes petites choses que l’on ne peut oublier, que l’on ne veut oublier et que l’on garde enfuis en soi jusqu’à l’arrêt ultime de l’horloge
59 Sur internet : Fredet Marc
http://users.skynet.be/fredetmarc/Chroniques_CD/ANNEE_2005/Jeronimo.htm
Jeronimo : 12h33
(2005)
Parfois la critique fuse, presque dès la première écoute. Parfois il faut plusieurs écoutes et l'avis enfin se forme. Enfin il arrive qu'une critique s'écrive à la vitesse d'une ligne par semaine. Mais bon, de temps en temps il faut mettre en ligne, c'est à dire faire des phrases à l'aide de mots. On y va.
Cette introduction témoigne juste de mon manque d'avis tranché sur le second album de Jeronimo
Succéder à un album sympathique mais qui a plu presque par ses défauts est une chose difficile. Même si la réputation vient plus de ses prestations scéniques que ses galettes.
La première chanson montre une plus grande maturité au niveau composition et production mais bon, j'ai du mal avec ses titres sentimentaux au premier degré (La fille que j'aime), d'autant plus que quand un léger décalage est apporté le charme est de nouveau présent (Nous allons avoir un petit). Mais le décalage ne suffit pas toujours. La chienne de Baïkonour me laisse juste perplexe...
Finalement, ce sont les morceaux les plus électriques qui ressemblent le plus au premier album comme Tous les gens que tu aimes vont mourir un jour, et Je vais tout plaquer sauf toi, avec des éléments plus qu'évidents du Daddy's gonna pay for your crashed car de U2 et qui consiste en un énumération tendue. C'est un gimmick qui fonctionne aussi sur Moi, je voudrais, une des plus belles réussites de cet album. Tant qu'on est dans les réussites, épinglons le single Les mains qui tremblent.
Une nouvelle facette de Jerome Mardaga (c'est son nom dans la vraie vie) est révélée par Ce que nous ont laissé les vieux qui m'évoque le Dominique A de l'album Remué et par un Comme par miracle intimiste.
Corrina, Corrina et Girl from the north country side sont des titres de Bob Dylan qui figurent sur un album très ancien (The freewheelin' Bob Dylan) et sont traîtés ici comme le I'm afraid of americans de Bowie autrefois: c'est-à-dire traduits de façon vraiment littérale (rien à voir avec Hughes Aufray). Arriver à faire entrer le zim' dans son univers, voilà qui mérite d'être cité. Et puis si le doute et le manque d'inspiration le taraudent un jour, je signe des deux mains pour un album de la sorte.
Le regard faussement naïf fait partie de Jéronimo et on est amenés à penser qu'on est face à une personnalité, tant ce qu'il fait ne rentre dans aucune boîte dans laquelle on voudrait l'enfermer. De plus, même si tout ne m'a pas plu, il faut saluer la cohérence de l'ensemble. Reste à espérer le voir évoluer perpétuellement, pour ne pas le voir 'faire du Jéronimo' comme Miossec fait du Miossec par exemple.
S'il passe dans votre coin (et si vous habitez la Belgique, ce n'est vraiment pas rare), pensez à aller le déguster en concert. (M.)
Non, exceptionnelement, il ne sera pas au Pukkelpop...
58 Sur internet : The Bip (F)
http://www.the-bip.com/musique/jeronimo.html
Son éternel petit groupe...
12h33, deuxième album pour le liégeois Jérôme Mardaga, alias Jéronimo. Rencontre, interview et chronique.
Deux ans. C'est le temps qu'il aura fallu à Jérôme Mardaga, alias Jéronimo, pour écrire les chansons de ce deuxième album. Deux années passées sur les routes de Belgique, de France, de Suisse et du Québec en tournée avec "son éternel petit groupe" comme il le chantait déjà sur le premier CD sorti en 2002. Un disque écrit loin de chez lui, marqué par les sentiments de Jérôme. Plus introspectif et plus personnel.
Le dernier opus sort en Belgique en juin 2005 sur le label hutois AnorakSupersport. C'est seulement fin octobre 2005 qu'il sortira en France sur le label V2. Cela permettra aux liégeois de jouer à l'Olympia en septembre en première partie des anversois de dEUS.
Les mains qui tremblent
Lors de son passage à Paris pour participer à l'enregistrement de l'émission La bande passante pour RFI, Jérôme offre aux chanceux venus ce soir-là un show d'une bonne quarantaine de minutes. Le show est musclé et les interventions du chanteur pleines d'humour et prononcées avec un bel accent liégeois. Après sa prestation scénique, tous les membres du groupe se retrouvent au bar et discutent musique, Belgique francophone et football avec le public. Notre homme a l'air bien moins tourmenté que ce qui transparaît sur l'album. Un verre de bière à la main, il accepte de répondre à nos questions. Drôle, touchant, ouvert et blagueur.
Pourquoi avoir choisi de t'exprimer en français alors que ta musique est plutôt "anglo-saxonne" ? Pour prouver qu'on peut faire du rock dans la langue de Molière ?
C'est difficile d'écrire une bonne chanson, un texte qui touche les gens, qui leur fait ressentir quelque chose et qui fait appel à des souvenirs, des émotions... Le français est pour moi le meilleur moyen d'y parvenir : raconter une histoire ou un état d'esprit et le partager. Je n'ai rien à prouver à personne si ce n'est à moi-même, faire de meilleurs disques, de meilleurs concerts...
Que penses-tu de l'explosion de la scène belge en France et plus particulièrement à Paris ?
Ça fait du bien, c'est encourageant mais il faut continuer à travailler dur pour confirmer tout ça et permettre à d'autres groupes de chez nous d'en bénéficier. Personnellement Paris m'intimide un peu.
Qu'as-tu ressenti lorsque tu as appris que le premier single de 12h33, "Les mains qui tremblent", était diffusé en boucle sur les radios françaises ?
Au départ, je ne voulais pas que cette chanson figure sur 12H33 ; elle ne me captivait pas du tout même si le texte est vraiment sincère. En fait, elle ne me passionne toujours pas. Par contre une foule de gens m'ont dit combien cette chanson les avait touchés... C'est curieux. Je la préfère de loin en version acoustique avec juste la guitare et la voix. La version du disque lorgne un peu trop sur les plates bandes d'Indochine (à qui elle était destinée suite à une demande de mon éditeur). C'est vraiment parce que le groupe et le label ont insisté pendant longtemps que cette chanson est sur le disque. En fin de compte, je suis content d'avoir suivi ces avis mais je n'écrirai pas "les mains qui tremblent n°2" , ni "Moi je voudrais n°2". Le troisième album sera différent , très différent...
Sinon, je n'écoute jamais la radio excepté "Les Nocturnes" de Georges Lang sur RTL, la nuit... Ceci-dit je n'oublierai jamais la première diffusion d'une de mes chansons "Ton éternel petit groupe" sur radio 21 en 2001. J'étais heureux comme si j'avais gagné une coupe du monde ; mon coeur battait à tout va. C'était un grand moment pour moi. Mais là, le poste reste toujours éteint jusqu'au couché du soleil.
12h33, chronique.
Cet album se révèle malheureusement décevant : des sonorités intéressantes mais des textes bien plats. Les jeux de mots et métaphores retombent comme des soufflés, la simplicité des textes n'est même pas touchante, elle est presque aussi niaise que le premier poème d'un adolescent prépubère. Mais c'est à coup sûr ce public que Jéronimo séduira avec 12h33. La musique électro-rock est néanmoins efficace et les mélodies sont accrocheuses mais le phrasé au micro saturé finit par énerver.
Jéronimo, 12h33 (VZ/AnorakSupersport)
Delphine Maupuy & Jean-Philippe Demoulin
(Photo : Muriel Thies)
musique@the-bip.com
57 Sur internet : Sur info loisirs (F)
http://www.infoloisirs.com/Jeronimo,-la-petite-bete-belge-qui-monte_a2737.html
Jeronimo,la petite bête qui monte
Jeronimo fait partie de la "clic" Belge émergeante,largement diffusésur les radios rock avec leur titre ' Les mains qui tremblent"ils ont sorti leur second album " 12h33"la semaine derniere et c'est bon!
Pour la seconde fois , j'ai eu l'occasion de voir Jeronimo sur Lyon. La première, il eut l'honneur de faire la première partie de ses compatriotes belges :dEUS, maintenant c'est seul que Jérôme et sa bande, Sacha et Thomas , viennent défendre leur second opus.
Jeronimo chante en français, ce qui est rare pour un groupe belge ( si on les compare à Ghinzu, Girls in Hawai, ou autres artistes) mais Jérôme est de Liège, et y tient. Avec un délicieux accent il nous narre des choses simples de la vie, coup de coeur ou coup de gueule, mais surtout ses histoires de coeur, qui se finissent mal en général.
Dans son premier opus, il rencontre Sarah, une jeune femme pour laquelle il annule son mariage. Il raconte sa ténacité face à sa femme qui le trompe , pour laquelle il a arrêté de fumer, boire, le foot à la télé.Extrait: " Je sais que ma femme me trompe mais je tiens bon, je me fais traiter de tous les noms , mais je tiens bon " Cet album recelait également une belle reprise de Bowie " I 'm afraid of Americans".
Pour le second opus, Jérôme garde le cap : Chansons au texte précis, un trio efficace dont la complicité n'est plus à prouver. Le premier single " Les mains qui tremblent" matraque nos ondes et c'est tant mieux . Les artistes francophones dont la cible a plus de 25 ans sont rares...Heureusement Jeronimo nous parle de sujets universel certes, mais qui touche nos coeurs de célibataires qui sont déjà usés.
Extrait:
" Intérieur en désordre, impossible à ranger
L'espoir qui nous liait a fini par casser
En silence j'ai brûlé tes affaires excepté
Ca et là des cassettes que tu as oubliées
J'ai les mains qui tremblent
Ce n'est pas la drogue, ce sont les couleurs
De tes jolies robes que je n'oublie pas
J'ai les mains qui tremblent
Ce n'est pas l'alcool, ce sont les paillettes
De tes yeux de braises qui ne s'éffacent pas"
A ecouter d'urgence
Veronique Lopes
22/11/2005
56 Sur internet : Jobwebzine (F)
http://www.jowebzine.com/TEMPLATES/CD/jeronimo-188.php
Généralement, quand un nouvel artiste parvient à imposer son travail, c’est au bout de pas mal de temps. Un temps ingrat et incontournable au cours duquel, de concert en concert, d’enregistrement en enregistrement, de galère en galère, les morceaux et le style mûrissent, s’affinent, prennent tournure… Et puis c’est le premier album, dans lequel on prend soin de balancer le tout meilleur, qui mijote à feu doux depuis des mois, des années. Et quand le premier album marche bien, on est pressé (souvent par la maison de disques) de remettre le couvert , histoire de pas laisser retomber le soufflé. Et c’est dangereux. Moins de temps, moins de matière, plus de moyens… Le cap du deuxième album, c’est un peu Bonne Espérance : difficile à aborder, difficile à franchir.
Jérôme Mardaga a vendu 25 000 exemplaires de Un monde sans moi (sorti en France chez Capitol en 2003). Un score honorable qui s’ajoute à une notoriété montante, due notamment aux prestations scéniques nombreuses et marquantes de son trio power-pop (qui a « ouvert » pour pas mal de groupes de renom ces derniers mois). On avait adoré le style à la fois détaché et cynique, l’inspiration surréaliste et délirante, comme une fausse naïveté poétique à la sauce électro-pop avec des bouts de murs du son (guitares !) dedans. Beaucoup de charme et d’originalité dans ce monde sans lui - écrit et enregistré quasiment en solo - qui sortait vraiment du lot.
Malgré tout notre a priori positif, il est malheureusement difficile d’être aussi enthousiaste sur ce nouveau fuseau horaire, composé en groupe sur les routes des très nombreuses tournées ci-dessus évoquées. Toujours des clins d’yeux (le disque dure 44 minutes 44 secondes… mais avec près de 9 minutes de quasi-remplissage sur le dernier morceau, c’était jouable en 33 minutes 33 secondes), toujours le cynisme (Tous les gens que tu aimes vont mourir un jour), toujours le parlé-chanté rageur (J’vais tout plaquer pour toi en ouverture, pas mal au demeurant), mais un niveau d’inspiration un gros ton en-dessous, beaucoup plus terre à terre, introspectif, autobiographique… ordinaire (les paroles de Avoir un petit, sur les affres de la paternité sont presque gênantes). Là-dessus, une variété musicale qui s’éparpille (pas toujours avec bonheur) du côté du blues (très faible Corrina,Corrina) , du folk et du planant finit de nous conforter dans notre avis mitigé et déçu.
Verdict : peut mieux faire et l’a déjà prouvé.
Roland Caduf
© Jowebzine.com - Novembre 2005
55 Sur internet : Xsilencenet (F)
http://www.xsilence.net/disque-2842.htm
Jeronimo "12h33 "
Label : V2 Records
Sortie : lundi 24 octobre 2005
Format : Album / CD
12h33 exactement. Jérôme et son éternel petit groupe sont au rendez-vous. Toujours très sobre, classe, de quoi faire une bonne première impression.
Cette bonne première impression avait pointé le bout de son nez en 2003, Un Monde Sans Moi avait révélé un artiste talentueux dont on attendait plus que la confirmation.
En 2005, la voilà qui vient bercer nos rêves de grands enfants.
Mais que se passait-il le 24 octobre à 12h33 ? Certainement quelques centaines de ruptures mélancoliques, des milliers d'amoureux rêveurs, une bonne centaine d'être humains en arrivage, une autre centaine en partance, pas mal de matchs de foot foireux et un petit million de désillusions. Autant de morceaux de vie qui n'ont pas échappé à Jérôme derrière sa plume ... Jérôme le musicien, lui, aime l'électricité, mais pas trop tout de même. Il ne faut pas abuser des bonnes choses.
C'est en marchant sur ces quelques fils que Mr Madraga développe un album aux textes naïfs et désabusés, alternant les guitares douces et tranchées sur des background électro-atmosphériques. Difficile de rester de marbre face à ce grand rêveur et ses refrains toujours bien sentis.
A n'en pas douter, Jeronimo a travaillé une terre fertile pour les simples qui ne tarderont pas, espérons-le du moins, à lui apporter une reconnaissance amplement méritée. D'autant plus méritée que ce grand monsieur assume parfaitement sa Belgeattitude, et ça, c'est la classe ...
Très bon 16/20
par Elbichon
54 Sur internet : Le Monde (F)
http://bluespeople.blog.lemonde.fr/bluespeople/2005/11/jeronimo_12h33.html
15 novembre 2005
Jeronimo 12h33
Tout ce qui vient de Belgique en terme de musique est particulièrement bon depuis quelques années. Il y avait déjà Sharko, Deus et quelque autres; mais maintenant il faut ajouter Jeronimo. Ce deuxième cd (je ne connais malheureusement pas le premier) est plutôt sympa à la première écoute, puis se révéle aux suivantes. Le ton est personnel et pessimiste la plupart du temps, mais justement, cela fait son charme car il trouvera forcément une résonnance chez l'auditeur. Il manque un peu de hargne à mon goût (sauf le dernier titre : Pour Partir), mais allez, c'est plutôt bien torché. Une sorte de Benjamin Biolay moins propre sur lui...
Jérôme Mardaga (alias Jéronimo) a 33 ans et déjà une solide formation musicale, mûrie entre autres, au défunt, mais excellent CMCN de Nancy. Basée sur un trio basse, batterie, guitare, sa musique est du genre à écouter le soir entre potes autour d'un repas, ou le temps d'un trajet d'autoroute qui donne un petit air de road-movie au parcours.
Extrait :
Je vais tout plaquer sauf toi/Mon patron au plafond/Et mon salaire au vestiaire/Ma nouvelle voiture contre un mur/Mon vieux chewing-gum sous la table/je vais tout plaquer sauf toi/De l'or massif ça ne se plaque pas...
53 Sur internet : Rocknfrance
http://rocknfrance.free.fr/2005/novembre_jeronimo.htm
Avis : 4 etoiles execellent
Ironie du sort, la relève du rock français sera belge ou ne sera pas.
Rebaptisé rock francophone par respect du plat pays, le voilà revitalisé outre-quiévrain lorsqu'il peine à se renouveler chez nous. Après Yel, (trio guitare-basse-batterie énergisant), dont le deuxième album (Intimes illusions) est une perle qui mériterait plus de notoriété, c'est au tour de Jeronimo, atypique rocker de Liège, de lancer son second pavé dans la pataugeoire.
Jumeau désenchanté de Jérôme Minière, Jeronimo livre sur 12h33 des historiettes cyniques scandées par un phrasé rageur tendance hip-hop, soutenu par une électro-pop imaginative.
Ses textes, faussement naïfs et vraiment narratifs, se découvrent lentement, réservant à chaque nouvelle écoute son lot de trouvailles. L'émotion y est plus généreuse et se donne, toute entière, dès lors qu'on accepte de se laisser porter.
Plus mélodieux que son prédécesseur (Un monde sans moi), ce nouvel opus s'en démarque surtout par sa diversité. On ne connaissait pas à Jeronimo le talent qu'il prouve ici pour les balades suaves, où son phrasé devient chant, où sa voix blanche et sèche devient veloutée. Preuve d'une évolution artistique, qui le verrait étoffer son répertoire et donner naissance à de véritables tubes tout en continuant de cultiver sa déviance, d'assumer ses choix radicaux.
A n'en pas douter, il faudra dorénavant le compter parmi nous, subir avec délectation cette sublime incruste sur la scène rock française.
52 Sur internet : Liability (F)
http://www.liabilitywebzine.com/?ac=non&contenu=viewchr&id=2152
Ironie du sort, la relève du rock français sera belge ou ne sera pas.
Rebaptisé rock francophone par respect du plat pays, le voilà revitalisé outre-quiévrain lorsqu'il peine à se renouveler chez nous. Après Yel, (trio guitare-basse-batterie énergisant), dont le deuxième album (Intimes illusions) est une perle qui mériterait plus de notoriété, c'est au tour de Jeronimo, atypique rocker de Liège, de lancer son second pavé dans la pataugeoire.
Jumeau désenchanté de Jérôme Minière, Jeronimo livre sur 12h33 des historiettes cyniques scandées par un phrasé rageur tendance hip-hop, soutenu par une électro-pop imaginative.
Ses textes, faussement naïfs et vraiment narratifs, se découvrent lentement, réservant à chaque nouvelle écoute son lot de trouvailles. L'émotion y est plus généreuse et se donne, toute entière, dès lors qu'on accepte de se laisser porter.
Plus mélodieux que son prédécesseur (Un monde sans moi), ce nouvel opus s'en démarque surtout par sa diversité. On ne connaissait pas à Jeronimo le talent qu'il prouve ici pour les balades suaves, où son phrasé devient chant, où sa voix blanche et sèche devient veloutée. Preuve d'une évolution artistique, qui le verrait étoffer son répertoire et donner naissance à de véritables tubes tout en continuant de cultiver sa déviance, d'assumer ses choix radicaux.
A n'en pas douter, il faudra dorénavant le compter parmi nous, subir avec délectation cette sublime incruste sur la scène rock française.
51 Sur internet : AlbumRock (F)
http://www.albumrock.net/critiquesalbums/jeronimo-12h33-1782.html
Ironie du sort, la relève du rock français sera belge ou ne sera pas.
Rebaptisé rock francophone par respect du plat pays, le voilà revitalisé outre-quiévrain lorsqu'il peine à se renouveler chez nous. Après Yel, (trio guitare-basse-batterie énergisant), dont le deuxième album (Intimes illusions) est une perle qui mériterait plus de notoriété, c'est au tour de Jeronimo, atypique rocker de Liège, de lancer son second pavé dans la pataugeoire.
Jumeau désenchanté de Jérôme Minière, Jeronimo livre sur 12h33 des historiettes cyniques scandées par un phrasé rageur tendance hip-hop, soutenu par une électro-pop imaginative.
Ses textes, faussement naïfs et vraiment narratifs, se découvrent lentement, réservant à chaque nouvelle écoute son lot de trouvailles. L'émotion y est plus généreuse et se donne, toute entière, dès lors qu'on accepte de se laisser porter.
Plus mélodieux que son prédécesseur (Un monde sans moi), ce nouvel opus s'en démarque surtout par sa diversité. On ne connaissait pas à Jeronimo le talent qu'il prouve ici pour les balades suaves, où son phrasé devient chant, où sa voix blanche et sèche devient veloutée. Preuve d'une évolution artistique, qui le verrait étoffer son répertoire et donner naissance à de véritables tubes tout en continuant de cultiver sa déviance, d'assumer ses choix radicaux.
A n'en pas douter, il faudra dorénavant le compter parmi nous, subir avec délectation cette sublime incruste sur la scène rock française.
50 Sur internet : Zicline (F)
http://www.zicline.com/an7/semaine47/jeronimo.htm
Ironie du sort, la relève du rock français sera belge ou ne sera pas.
Rebaptisé rock francophone par respect du plat pays, le voilà revitalisé outre-quiévrain lorsqu'il peine à se renouveler chez nous. Après Yel, (trio guitare-basse-batterie énergisant), dont le deuxième album (Intimes illusions) est une perle qui mériterait plus de notoriété, c'est au tour de Jeronimo, atypique rocker de Liège, de lancer son second pavé dans la pataugeoire.
Jumeau désenchanté de Jérôme Minière, Jeronimo livre sur 12h33 des historiettes cyniques scandées par un phrasé rageur tendance hip-hop, soutenu par une électro-pop imaginative.
Ses textes, faussement naïfs et vraiment narratifs, se découvrent lentement, réservant à chaque nouvelle écoute son lot de trouvailles. L'émotion y est plus généreuse et se donne, toute entière, dès lors qu'on accepte de se laisser porter.
Plus mélodieux que son prédécesseur (Un monde sans moi), ce nouvel opus s'en démarque surtout par sa diversité. On ne connaissait pas à Jeronimo le talent qu'il prouve ici pour les balades suaves, où son phrasé devient chant, où sa voix blanche et sèche devient veloutée. Preuve d'une évolution artistique, qui le verrait étoffer son répertoire et donner naissance à de véritables tubes tout en continuant de cultiver sa déviance, d'assumer ses choix radicaux.
A n'en pas douter, il faudra dorénavant le compter parmi nous, subir avec délectation cette sublime incruste sur la scène rock française.
49 Sur internet : Divergence (F)
http://divergence-fm.org/article.php3?id_article=590
Jeronimo - "12h33"
V2 records
lundi 28 novembre 2005, par Gilles Gouget
Si la Hollande est l’autre pays du fromage, la Belgique est décidément bien l’autre pays du rock. Jéronimo est plus précisément de Liège, et a sorti le 24 octobre un second album qui ne nous a pas laissé de bois, à l’heure où se ramassent à la pelle les feuilles mortes aux slanglots longs.
On pourrait penser à un Jérôme Minière belge, en écoutant les scénettes un brin cyniques de "12h33", dont la mise en musique marque une évolution nette par rapport à "Un Monde sans moi", son premier album.
Electro pop, ou un brin trip hop, Jérôme Mardaga propose un album qui montre que les trois années passées ont permis de maturer une galette intime et mélancolique sous son habit pop.
En attendant de le voir aller planter l’oriflamme belge sur la lune, il faudra attendre la prochaine tournée en écoutant le disque. Les témoignages de ceux qui l’ont vu sur scène sont unanimes ; il faudra y aller si vous avez raté la tournée, et le concert du 9 novembre à l’Antirouille !
48 Sur internet : La music.net (F)
http://www.m-la-music.net/article.php3?id_article=1598
Jeronimo
Chroniques disques en bref
Jeronimo "12h33" (V2 Music)
Ironie du sort, la relève du rock français sera belge ou ne sera pas. Rebaptisé rock francophone par respect du plat pays, le voilà revitalisé outre-Quiévrain lorsqu'il peine à se renouveler chez nous. Après Yel, (trio guitare-basse-batterie énergisant), dont le deuxième album ("Intimes illusions") est une perle qui mériterait plus de notoriété, c'est au tour de Jeronimo, atypique rocker de Liège, de lancer son second pavé dans la pataugeoire. Jumeau désenchanté de Jérôme Minière, Jeronimo livre sur 12h33 des historiettes cyniques scandées par un phrasé rageur tendance hip-hop, soutenues par une electro-pop imaginative. Ses textes, faussement naïfs et vraiment narratifs, se découvrent lentement, réservant à chaque nouvelle écoute son lot de trouvailles. L'émotion y est plus généreuse et se donne, toute entière, dès lors qu'on accepte de se laisser porter. Plus mélodieux que son prédécesseur, "Un Monde sans moi" (voir notre article), ce nouvel opus s'en démarque surtout par sa diversité. On ne connaissait pas à Jeronimo le talent qu'il prouve ici pour les balades suaves, où son phrasé devient chant, où sa voix blanche et sèche devient veloutée. Preuve d'une évolution artistique, qui le verrait étoffer son répertoire et donner naissance à de véritables tubes tout en continuant de cultiver sa déviance, d'assumer ses choix radicaux. A n'en pas douter, il faudra dorénavant le compter parmi nous, subir avec délectation cette sublime incruste sur la scène rock française.
****
Nicolas Chemin
Je vais tout plaquer sauf toi / LTous les gens que tu aimes vont mourir un jour / Moi je voudrais / Corinna, Corinna / La Chienne de Baïkonour / Les Mains qui tremblent / Devant tout le monde / Avoir un petit / De l'autre côté de la mer / Comme par miracle / Pour partir
47 Sur internet : Mano fmusic (F)
http://www.manofmusic.com/index.php/news/3484
Posté par: chris le Mon, 05 December 2005 15:19:17 | (211 Lectures)
Jéronimo déjà auteur d'une reprise remarquée et remarquable de Bowie, I'm afraid of American devenu J'ai (si) peur des américains, avec l'album "Un monde sans moi" nous a livré un nouvel album, "12h33" il y a un mois.
Cet album est sous haute, et bonne, influence de Bowie ou même de God speed you black emperor.
J'ai (si) peur des américains :
Johnny vit en Amérique
et passe sa vie au volant
Johnny vit en Amérique
et n’a besoin de personne
Johnny voudrait un cerveau
Johnny voudrait un coca
Johnny voudrait une fille
Johnny voudrait des blagues
Johnny vit en …Amérique
Johnny vit en Amérique
les yeux rivés aux étoiles
J’ai si peur des américains
Et j’ai si peur du monde
J’ai si peur et je n’y peux rien
Et ça n’est pas ma faute
J’ai si peur des américains
Et j’ai si peur du monde
J’ai si peur et je n’y peux rien
Et ça n’est pas ma faute
J’ai si peur des américains…
Dieu est un américain…
J’ai si peur des américains
J’ai si peur du monde
J’ai si peur et je n’y peux rien
Et ça n’est pas ma faute
J’ai si peur des américains
Terrifié par le monde
Térrifié et je n’y peux rien
Et ça n’est pas ma faute
Et j’ai si peur des américains
Dégouté par le monde
Dégouté et je n’y peux rien
Et ça n’est pas ma faute
J’ai si peur des américains
Et j’ai si peur du monde
Et j'’ai si peur et je n’y peux rien
Et ça n’est pas ma faute
Dieu est un américain
Dieu est un américain
Dieu est un américain
Dieu est un américain
V.O. Bowie
V.F. Jeronimo Source : Jéronimo
46 Sur internet : Le mague ( F)
http://www.lemague.net/dyn/article.php3?id_article=1699
Interview : Jéronimo par Pierre Derensy
L’actualité de Jéronimo s’appelle « 12h33 », il vient de sortir chez nous et a déjà fait un petit bout de chemin en Belgique. Ce garçon étant un moyen de décomplexer la scène wallonne de sa concurrente Flamande (Vénus, Deus), il chante en français tout en utilisant le melting-pot culturel bien vivant chez nos amis belges pour nous permettre de trouver des références chez Bowie, Godspeed You Black Emperor ou même chez Daho quand l’envie lui vient d’apaiser les esprits.
Apparemment tu as composé « 12 h 33 » lors de la longue tournée pour défendre ton premier album ?
Jéronimo : « Disons plutôt que ce nouveau disque est très imprégné de cette première tournée. Il y a beaucoup de chansons qui ont effectivement été écrites un peu n’importe où quand tu te retrouves à devoir attendre avant un concert ou pendant le trajet qui t’emmène à la salle de spectacle. L’impression générale, je le vois fort comme un road-record. Cela se ressent aussi dans le visuel qui se passe loin de l’Europe. Il y a une espèce de mouvement qui m’est très cher. »
L’album ressemble beaucoup plus à tes prestations live, un album plus organique que le précédent ?
Jéronimo : « Je l’explique du fait que je l’ai enregistré avec toute l’équipe qui m’avait suivi pour les concerts. Nous l’avons vraiment fait ensemble. Le premier je l’avais bidouillé tout seul alors que celui là j’ai bidouillé une partie seul pour ensuite aller en studio avec Sacha et Thomas donc basse-batterie et Philou notre ingé-son en concert qui se chargeait d’enregistrer. Le son est plus ample. Tout est joué ou quasiment. Cela reste malgré tout assez calme par rapport aux concerts. »
En demandant à tes musiciens de venir te prêter main forte sur ce disque cela a t’il changé quelque chose de fondamental dans ton approche créatrice ?
Jéronimo : « C’est une bonne question (rire). Non je ne crois pas. Fondamentalement non. Au contraire quelque part ça me conforte même dans la complexité de faire un disque. Ce qui était bien c’est que c’était le contre-pied de la réalisation du premier CD. Je me suis retrouvé dans une notion d’apprentissage. Des choses prépondérantes et viscérales qui ne s’étaient pas posée à moi dans le passé. Sur le moment cela a même été perturbant. Ca n’a pas été une partie de plaisir d’enregistrer ce disque. Ici ce fut mouvementé de toute part. Fondamentalement l’album je dois l’entendre avant de le proposer au reste du groupe. Je dois imaginer à quoi telle ou telle chanson doit ressembler. »
Ce nouveau disque est moins ‘single-isable’ si tu me permets l’expression ?
Jéronimo : « On s’est retrouvé à la fin des sessions avec 25 titres. Il y avait énormément de choses différentes les unes des autres. Le choix des morceaux fut le dernier casse tête du projet. La Set-List est d’ailleurs distincte en France ou en Belgique. C’est très complexe. Cela vient du fait qu’il y avait une foule de choses enregistrées qui sonnaient bien aux oreilles de tout le monde. On pouvait faire un album soit très pop, soit un disque très fermé avec des instrumentaux et des triptyques avec des textes abstraits. On aurait pu faire aussi un album en anglais ou un truc totalement acoustique. On a donc opté pour une espèce de mosaïque car nous n’arrivions pas à les séparer. Toutes ces influences allaient de paire. L’album est donc éclaté. »
Tu as aussi pris conscience et confiance en ta voix ?
Jéronimo : « C’est très curieux car fin des années 90 j’avais un autre contrat avec un autre label où je faisais un peu le même boulot, c’est à dire que j’écrivais et je faisais la musique, mais comme je chantais en anglais là je n’avais pas peur de poser ma voix. Quand je suis passé au français peu de temps après je n’ai pas su exploiter ma voix. Je préféré le talk-over. Il a fallu le premier album et la tournée ensuite pour que tout doucement je puisse arriver à chanter naturellement. »
Ton écriture reste par contre éternellement sous tension ?
Jéronimo : « C’est clair. J’y travaille. Je veux contrôler et affiner mon écriture. J’écris beaucoup de choses et je rature beaucoup aussi. C’est la première fois dans l’histoire de Jéronimo que je prend des angles divergents avec les mêmes mots. J’ai besoin de travailler lentement pour peaufiner mes textes. »
« Corrina, Corrina » a un accent plus roots que le reste ?
Jéronimo : « Je n’ai pas ressenti ça comme une prise de risque. C’est l’un des rares titre de l’album qui fut enregistré dans le sourire. C’est une chanson très claire dans mon esprit. C’est une chanson qui fait rire et je crois que c’est une de mes préférées sur le disque. L’une dont je me sens le plus fier. Comme ce ne sont pas mes mots, que c’est une reprise, je suis plus détendu, moins à l’affût du truc qui me dérange. J’adore le son qu’on a fait sur cette chanson. Cela me rappelle fort le ‘Blonde On Blonde’ de Dylan même si c’est prétentieux de me comparer à Dylan (rire). »
Tu n’hésites pas à parler de tes influences quand tu parles de tes morceaux ?
Jéronimo : « Il y a comme ça des artistes qu’on se plait à étudier et qui nous apprennent beaucoup de choses. Dylan en est le meilleur exemple. Faire une reprise par contre c’est se confronter à un cliché. »
« Avoir un Petit » c’est du vécu ?
Jéronimo : « C’est purement de l’observation ! Celle-la je ne voulais pas la garder pour l’album. »
Qui a fait le choix alors finalement ?
Jéronimo : « Nous l’avons fait tous ensemble. Je n’étais pas en postion pour choisir moi même alors que normalement cela fait partie de ma chasse gardée. J’étais tellement dans une situation nouvelle que j’ai eu besoin d’aide. J’étais inquiet par rapport à l’attente. C’était mon « premier second album ». Il me fallait des éclairages contradictoires. »
Pourquoi avoir voulu terminer l’album par un instrumental de plus de 8 minutes ?
Jéronimo : « C’est un clin d’œil aux groupes que nous écoutions au fil de la réalisation du disque. Je voulais aussi faire rappeler l’univers nord-américain. C’est un morceau gratuit. Je le trouve plus beau que « Mes Mains qui Tremblent » par exemple du fait de sa générosité non calculée. »
Tu pourrais te passer de paroles sur tout un album et être ravi du résultat ?
Jéronimo : « Oui bien sur mais cela n’aurait pas lieu de s’appeler Jéronimo. En fait c’est une question de sons plus que de textes ou de mélodies. Ce n’est pas une question d’arrangements ou de couleur musicale. »
Après deux albums arrives-tu encore à te situer ou alors est ce le foutoir total dans ta tête ?
Jéronimo : « J’avais déjà un peu du mal avec le premier (rire). J’étais d’accord avec les artistes auxquels on me raccrochait mais cela ne m’avançait pas vraiment. Et là encore moins. Je me rends compte que mon disque est difficile. Il faut plusieurs écoutes avant de l’apprécier. Ayant du mal à situer ce que je fais je peux comprendre que les gens qui m’entendent soient dans le même état. La grosse question qui revient toujours c’est ‘Est ce que je fais cette fois ci un album homogène sans changement de direction ?’ Mais d’un autre côté moi ce qui me plait c’est cette impression de voyage. Dans « 12h33 » je peux te dire qu’on ne revient jamais musicalement dans un style, il n’y a aucune redondance. »
Tu es donc déjà en train de préparer un nouvel album ?
Jéronimo : « Oui. Car l’album qui vient d’arriver en France est dans les bacs depuis mars en Belgique. J’ai fait ensuite une tournée en France, en Belgique et en Suisse et là je sens qu’il faut absolument que je me mette à enregistrer. Je ne veux pas me laisser de temps mort. J’ai 2 mois devant moi pour faire les fondations. (rire) C’est important d’avoir de bons plans. »
Tu es passé de Capitol à V2, pourquoi ce choix ?
Jéronimo : « Je repartais de zéro quand Capitol m’a rendu mon contrat. Ce qui fait que pour une question de timing on a décidé de démarcher les maisons de disques après avoir réalisé ce nouveau disque. On a appris qu’Alain Artaud qui m’avait signé chez Capitol se trouvait chez V2 et que son directeur artistique était le même donc c’est logiquement que nous sommes allés là-bas en premier et sans hésiter ils nous ont signés. Cela m’a très touché de me retrouver sur ce label avec Deus, Vive la Fête, Zita Swoon... Je suis toujours intimidé quand je vois leur catalogue et de me retrouver la-dedans. »
Pour terminer, Jeronimo est la référence en Suisse romande pour les systèmes d’encaissement par cartes de crédit et de débit, est ce que cela te rapporte quelque chose ?
Jéronimo : « Ha bon, non je n’étais pas du tout au courant. C’est toujours bon à savoir. (rire) »
le 07/12/2005
45 Sur internet: Bluespoeple (F)
http://bluespeople.blog.lemonde.fr/bluespeople/musique/
15 novembre 2005
Jeronimo 12h33
Tout ce qui vient de Belgique en terme de musique est particulièrement bon depuis quelques années. Il y avait déjà Sharko, Deus et quelque autres; mais maintenant il faut ajouter Jeronimo. Ce deuxième cd (je ne connais malheureusement pas le premier) est plutôt sympa à la première écoute, puis se révéle aux suivantes. Le ton est personnel et pessimiste la plupart du temps, mais justement, cela fait son charme car il trouvera forcément une résonnance chez l'auditeur. Il manque un peu de hargne à mon goût (sauf le dernier titre : Pour Partir), mais allez, c'est plutôt bien torché. Une sorte de Benjamin Biolay moins propre sur lui...
Jérôme Mardaga (alias Jéronimo) a 33 ans et déjà une solide formation musicale, mûrie entre autres, au défunt, mais excellent CMCN de Nancy. Basée sur un trio basse, batterie, guitare, sa musique est du genre à écouter le soir entre potes autour d'un repas, ou le temps d'un trajet d'autoroute qui donne un petit air de road-movie au parcours.
Extrait :
Je vais tout plaquer sauf toi/Mon patron au plafond/Et mon salaire au vestiaire/Ma nouvelle voiture contre un mur/Mon vieux chewing-gum sous la table/je vais tout plaquer sauf toi/De l'or massif ça ne se plaque pas...
44 Sur internet : Glucose
http://www.glucose.be/cgi-bin/migc_preview.pl?page=852&lg=1
Interview réalisée dans le cadre du Yernawe Festival 2005.
Composition du groupe :
Jérome Mardaga : Chant, Guitare
Sacha Symon : Basse
Thomas Jungblut : Batterie
Site officiel : http://www.jeronimojeronimo.be/ en construction
Bonjour Jérôme, en quelques mots, quel est l’univers de Jeronimo ?
Jérôme : C’est beaucoup de guitare, car je compose tout avec la guitare, mais ce sont surtout des chansons. J’aime bien les personnages, j’aime bien les histoires, les situations… les situations embarrassantes surtout, parce que cela donne des bonnes chansons. Donc, mon univers à moi, c’est de développer des situations que tout le monde peut vivre tous les jours, dans la vie quotidienne, les mettre en notes, en rythme, en mélodies et de les chanter devant des gens pour que tout le monde s’y retrouve … pour pouvoir faire un échange.
Je crois que quand je suis sur scène, c’est ça le principal, c’est donner quelque chose au public et d’avoir un échange. Pour moi, la musique, c’est un partage ! Peu importe, Jeronimo ou pas Jeronimo. Pour moi, c’est d’abord de la musique et un partage, que ce soit sur un disque ou sur scène.
A l’écoute de votre album « 12h33 », on est emporté par des histoires, par moment cyniques, bourrées d’humour, d’auto-dérision. On pense indéniablement aux song writer américain, …
Jérôme : Je suis fan de Bob Dylan, par exemple. Il y a justement cette notion d’univers d’humour et de cynisme, mais l’univers que je décris reste cependant ancré dans le quotidien. Cela arrive à tout le monde. Je pense que toutes nos vies sont pareilles, on éprouve tous les mêmes choses, peu importe qu’on joue de la guitare ou pas, ou qu’on soit par exemple agent d’assurances ! Cela n’a pas vraiment d’importance. Je vais me répéter, mais l’essentiel c’est comment en discuter, en parler et surtout le partager. Moi, mon meilleur médium, c’est la chanson, ce sont les notes, c’est la guitare, … c’est aussi simple que çà !
Justement, par rapport aux histoires, pour l’instant, vous avez êtes sur le devant de la scène avec le titre « Je voudrais ». Quelle histoire se trouve derrière cette chanson : une nostalgie prononcée pour des exploits footballistiques belges ?
Jérôme : Non, il y à beaucoup des choses ! C’est une chanson qui est née de l’ennui et de la frustration ; c’est à dire, que c’était une journée où je ne trouvais rien à faire et j’étais loin de mon pays, au Canada pour être précis. J’étais en colère contre mon pays, contre la Belgique, parce que la Belgique est un pays très contradictoire, très paradoxal … et le fait de m’en trouver éloigné, j’avais un regard tout à fait différent. C’est un peu comme une montagne, plus on s’en éloigne, plus elle paraît petite en fait, et mieux on en voit le sommet. Cette chanson, c’est un peu ce sentiment là. J’aimerais plein de choses, mais dans mon pays ce n’est pas possible à 100%, parce que la Belgique est un pays de compromis, la Belgique est un pays de consensus. Et c’est bien comme çà ! C’est pour cette raison que je la trouve attachante. J’aime mon pays, mais par moment, il me fait ch#$% ! Je t’aime bien mais tu me fait ch#$% !
Cet engagement se trouve-t-il être la source de toutes vos compositions ?
Jérôme : Oui, mais il faut ! Cela ne sert à rien d’écrire sur la forme des nuages ou sur le fait d’avoir trouvé un trèfle à quatre feuilles sur l’après-midi. Je trouve que c’est une bonne chose de parler de son pays ; Bob Dylan parlait de son pays, Bono en parle, tous les gens que j’admire parlent de leur pays. Je ne vois pas pourquoi c’est un truc qui est interdit ! En plus, je chante en français donc, c’est une façon encore plus directe de toucher les gens et de leur dire les choses franchement, de leur dire qu’il y à telle ou telle chose que je ne comprend pas et que je leur dit pourquoi je ne les comprend pas. Je dirais que quelque part, mes chansons, ce n’est qu’un début de discussion, une amorce. Je soulève des sujets, je n’en sais pas plus que vous, peut-on en parler, peut-on y réfléchir ? Cela ne sert qu’à cela. C’est juste une amorce de discussion, ça ne va pas plus loin.
Justement avez-vous trouvé un lieu de débat ? Les concerts ou festivals peut-être ?
Jérôme : Ah ! Le festival, les concerts ! C’est un peu faussé en fait. J’ai une position privilégiée par rapport à mes interlocuteurs, c’est à dire que je suis sur une scène avec un micro et une grosse sono, alors que le public qui est en face de moi, n’a pas tout ça … c’est donc en quelque sorte faussé.
Actuellement, je n’ai pas encore trouvé le moyen de faire connexion. A un moment donné je me disais que les forums internet étaient peut être une alternative, mais je les fréquente assez peu. Le peu que je vois sur les forums internet m’effraie et me révulse, J’y découvre des gens mesquins, méchants, impolis, qui écrivent très mal et qui n’expriment que leur méchanceté. J’ai rarement vu des choses positives sur les forums Rock internet. Cela me fait profondément de la peine, vraiment ! On dirait que c’est une espèce d’exutoire pour l’agressivité, pour la frustration etc… Alors que cela devrait être tout le contraire. Si un artiste devait faire la même chose dans ses chansons, … he bien cela donnerait de très mauvaises chansons ! Je n’ai pas encore trouvé, mais je vais m’acharner et je vais chercher, … c’est possible ! Je trouve beaucoup plus de connexion avec les gens de la presse, les journalistes, les médias en général, ou les gens qui viennent me trouver après les concerts. Là, il y a moyen vraiment d’entamer de vraies discussions.
En parlant d’Internet, par rapport à la mode actuelle où chaque artiste à un beau site Internet qui reprend sa biographie, discographie, l’agenda, etc. … vous avez la particularité d’avoir un skyblog qui reprend à nouveau des histoires avec beaucoup d’humour, d’où vient cette idée ?
Jérôme : C’est la même chose que pour les chansons. Je n’aime pas le conformisme, je n’aime pas les troupeaux de moutons. C’est pour cela que pour moi, les blogs c’est super pour déconner. C’est un bon défouloir, où on peu raconter n’importe quoi, parce que ce n’est pas sérieux, ce n’est pas du marchandising. D’une manière générale, les sites internet d’artistes, c’est tout le temps le même côté : on expose le meilleur côté du groupe, les plus belles images, le plus beau graphisme, des beaux inédits, mais cela ne raconte rien !
Moi, je préfère prendre le contre-pied. ! Clac ! Et bien moi, je vais raconter comment je prends mon pied sur un simulateur de vol d’une Playstation 2. Voilà, et je raconte ce que je vis sur ma console de jeux. Je trouve que cela en révèlera plus que de mettre la photo de l’album avec les critiques qui sont parues dans les journaux, puis la liste des dates de concert. C’est futile tout ça. J’aime bien l’idée du contre-pied, parce que c’est plus révélateur de choses vraiment authentiques. C’est comme les T-shirts, les badges etc. … c’est pour amuser les gens, pour les toucher, mais c’est d’un ennui mortel. Quand tu vois le site de U2, c’est d’un ch#$%... tu vas sur X.be, pour ne pas citer de groupe belge, c’est aussi prétentieux et ça ne veut strictement rien dire ! Le fait de parler, de dire que je prends mon pied en jouant sur une console de jeux, je trouve que cela en révèle plus sur moi-même que le fait de dire que la semaine prochaine je serai là bas, la semaine dernière j’ai joué là et dans deux mois je jouerais là, et surtout, n’oubliez pas mon album est achetable en ligne. C’est nul, enfin, je veux dire, tout le monde s’en fout ! C’est du commerce tout ça ! Moi, je ne fais pas de musique pour faire du commerce, je fais de la musique pour exprimer quelque chose, pour amuser les gens, pour les toucher et pour pouvoir en parler après. Je ne suis pas là pour vendre quelque chose, mais pour donner quelque chose.
Par rapport à la scène musicale actuelle, le glamour, montrer la belle face, etc. … pourrait-on dès lors prétendre qu’au niveau belge vous êtes un extra terrestre, les antennes en moins ?
Jérôme : J’espère, j’espère que je suis un ovni complet et j’espère que j’énerve, que j’agace plein d’autres groupes et plein de gens. Je le sais bien, car je me fais par moment traiter de tous les noms. Je garde cependant le sourire. Il faut arrêter cela. On n’est pas là pour révolutionner la musique. On n’est pas là pour vendre des millions de disques. On est juste là pour s’exprimer et proposer quelque chose de frais et d’authentique, … et moi, si c’est dans ma nature d’être un peu décalé Je trouve que tout est tellement sérieux. Tout dans les chroniques de groupes, c’est d’un sérieux … c’est aussi conformiste qu’un journal parlé. Cela ne m’intéresse pas. Je préfère regarder une vieille cassette de Pierre Desproges … Je ne sais pas, il faut que se soit drôle, marrant, extra-terrestre, un peu à contre-pied, c’est ça le rock an’ roll … si non c’est du commerce, ça veux dire Cora, c’est de la grande distribution … pour moi la musique, c’est autre chose.
Vous parlez de conformisme, le choix de chanter en français, est-ce aussi une manière d’aller à contresens de la vague musicale belge actuelle, laquelle est tout de même fortement anglophone …
Jérôme : Pour moi non. C’est ma langue maternelle et je trouve qu’il m’est beaucoup plus facile d’écrire une chanson en français qu’en anglais en tchèque ou en polonais. Je veux dire, on ne comprend rien à ce qu’ils disent quand ils chantent en anglais, alors, qui est ce qui va faire la démarche d’aller traduire, de se dire « mais qu’est ce qu’il veut dire » ? « Qu’est-ce qu’il raconte » ? Moi, cela m’intéresse, et je le faisais déjà il y à quinze ans quand j’écoutais U2 sur Joshua Three. Cela m’intéressait de savoir ce qu’ils racontaient. C’est pour cela que j’ai pris le français, c’est frontal, et tant pis si cela déplait et que l’on dit que je raconte des conneries, … mais au mois, j’écris ce que je pense et je le chante.
Et je trouve tellement peu naturel que l’on me pose la question « Pourquoi chante-tu en français ». Oh … tu n’es pas le premier, tu es le deux cent cinquantième, mais je me demande pourquoi on me la pose cette question. C’est tellement naturel ! Je me fous de la scène actuelle belge. Elle chante en anglais ? Eh bien qu’elle chante en anglais ! Ce n’est pas mon problème ! Mais, on ne comprend rien de ce qu’ils racontent … Pour moi, vous perdez 50% du truc ! C’est la même chose que de regarder une pub ou d’écouter un discourt d’un politicard : on ne comprend rien de ce qu’il raconte, mais ça sonne bien, il est bien habillé... Pour moi, c’est la même chose, cela veut dire : paresse intellectuelle désolante !
Revenons-en à la nature du projet Jeronimo, lequel est un projet solo. Toutefois, sur scène vous vous trouvez à trois personnes. N’est-ce pas lié à un certain risque par moment ?
Jérôme : Oui, travailler seul, c’est le meilleur moyen de tourner en rond, de se répéter, de s’auto complaire dans une espèce de truc. Alors par moment, on change les règles c’est-à-dire que l’on implique plus le groupe. J’ai toujours été ouvert. Mais travailler seul, c’est aussi une façon de me préserver, car j’entends des trucs et il n’y à que moi qui peut vraiment les sortir. C’est une espèce d’équilibre instable. Parfois j’ai besoin de mes musiciens, mes ingénieurs du son, et parfois, je leur dit : « restez chez vous, je vais créer tout seul ». C’est déstabilisant et cela me tourmente beaucoup … mais j’apprends chaque jour.
Vous êtes présent sur la scène musicale depuis 2001. Quel regard portez-vous sur l’évolution du projet Jeronimo depuis vos débuts ?
Jérôme : Pour moi, cela a été une énorme surprise et ma vie a tout à fait basculé dans autre chose parce que j’avais une vie plus ou moins normale avant. Avec ce deuxième album, on dirait que cela veut continuer, que cela s’ouvre un peu pour moi. Mon but c’est de continuer à faire ça, que ce soit Jeronimo ou Jimmy Cross and the Hard Flowers, Jimmy
Margada ou encore Jérôme et les indiens. Peu importe, pour moi, ce qui compte, c’est de pouvoir continuer à écrire des chansons, à les enregistrer, à faire des disques et les jouer devant des gens peu importe le nom, peu importe les ventes, c’est ça que j’aimerais continuer à faire. Travailler avec des gens aussi. J’adore accompagner d’autres chanteurs. Je l’ai fait pour Miam Monster Miam et Marc Morgan . Moi, c’est la musique qui m’intéresse, ce ne sont pas les ventes de disque, ce ne sont pas les T-shirts vendus. C’est vraiment la musique et … voyager, J’adore cette notion de voyage, parce que pour moi, même quand j’étais dans ma chambre, je voyageais avec la musique ! Et le fait de pouvoir le faire en vrai avec ma guitare dans le dos que ce soient mes chansons où celles des autres, je veux continuer cette vie là. C’est-à-dire : six à huit mois par an sur la route, loin de la Belgique, voir d’autres choses et rencontrer d’autres gens. C’est ça pour moi. Jeronimo ? Je m’en fous … c’est la musique, c’est créer des choses, faire découvrir des nouveautés, rencontrer des gens, … la musique, d’abord, la musique !
Vous avez envie de voyager, de voir du pays, mais cela n’est-il pas lié à des contraintes, des sacrifices ?
Jérôme : Oui, la vie de famille s’en trouve fortement compromise. Il faut avoir une copine très compréhensive, une bonne hygiène de vie, parce que si on se déclasse tous les soirs, après un mois, ça ne va pas. Je fais beaucoup de sport, parce que c’est le seul moyen d’évacuer tout le reste. Et pourtant, cette notion d’inconnu est fortement importante pour moi, elle m’attire, c’est l ‘inconnu : « Qu’est ce qui va se passer demain ? » On ne le sait pas. « Où est ce que je vais débarquer en sortant de l’avion ? », « Vais-je trouver mon chemin avec ma camionnette ? », « Où allons nous ? », « On est en Espagne, on est perdus, on ne sait pas où on est ! » C’est l’aventure entre guillemets, parce que je pense que l’aventure c’est beaucoup plus risqué que cela. Moi, j’aime beaucoup les livres de Jacques Kerouac, je ne sais pas si tu connais, mais tu as l’impression de renouer avec une certaine tradition qui s’est perdue. En fait, quand je lis Jacques Kerouac sur la route, j’ai un peu l’impression d’être un aventurier, un troubadour, même si, c’est très cadenassé, et tu es quand même payé tous les jours pour faire ça ! C’est très romantique en fait ! Il faut être un peu romantique pour faire ce genre de truc, mais ça me nourrit, ça me nourrit très fort !
C’est ainsi une source d’inspiration pour vos compositions, mais aussi, un nouveau public à découvrir, à conquérir ?
Jérôme : Oui, c’est ça, c’est une lutte, un combat en fait ! Enfin, moi, je le vois comme de cette manière : on monte sur scène et je vais me battre, je vais me cogner à un mur d’indifférence. Je le vois vraiment comme ça. Monter sur scène, c’est aller frapper ma tête contre un mur et ce mur porte le pire nom qui soit au monde, c’est : indifférence ! Il faut y aller et on se frappe la tête dessus et on saigne, on se casse les dents, on à mal, mais il faut y aller et là, je parle de la musique, mais c’est adaptable à beaucoup de domaines. Il faut aller taper les gens parce qu’ils sont endormis, il y a beaucoup de gens qui dorment et il faut y aller ! Et tant pis si çà ne marche pas, ce n’est pas grave et tant pis si on a mal. Le lendemain il faut y retourner et en fait c’est la guerre. Je crois (rire) c’est une forme de guerre !
Les avions et les chars en moins ?
Jérôme : Oui, … quoique, les avions de chasse se transforment en avions de ligne et les chars d’assaut se changent en camionnettes. Mais je pense que c’est toujours la guerre en fait. Contre l’indifférence, contre l’apathie, c’est le pire de tout, c’est l ‘indifférence ! Tu vois, parfois tu joues devant des gens qui dorment et tu as beau frapper… « Vous voulez dormir, et bien continuez à dormir ! » Ce n’est pas grave, demain je serai ailleurs et peut-être que je rencontrerai des gens qui sont ouverts, à l’écoute.
Quelle est votre réaction devant un public qui n’est pas réceptif à ce moment là ?
Jérôme : Je vais tout donner quand même, je m’en fous. Je donnerai tout ce que j’ai quand même. « Vous ne réagissez pas ? » … Je m’en fout c’est votre problème, Je casserai ma guitare, je casserai mon micro, je m’en fous et quand je descendrai de scène, je saurai en mon fort intérieur, que j’ai donné quelque chose. Je n’ai rien reçu en retour ? Pas grave, je suis sur scène pur donner quelque chose, pas pour recevoir, je suis là pour donner ! « Vous n’en voulez pas ? » Tant pis, demain je serai à 500 km et peut être qu’à 500 km, on en voudra et c’est souvent ce qui se passe. Parfois, on est devant des gens qui n’en veulent pas. Tant pis, allez vous faire voir ! Demain je suis ailleurs et on voudra bien de ce que je donne et c’est ce qui me fait continuer, c’est ce qui arrive une fois sur deux, on me dit merci, merci, merci, voilà, c’est ça !
Permettez-nous de nous y rallier, un grand merci pour l’interview et bonne continuation !
Jérôme : merci et bonne continuation à vous aussi !
©2005 Glucose | Mentions Légales |
43 Sur internet : Albumrock (F)
http://www.albumrock.net/critiquesalbums/jeronimo-12h33-1782.html
Ironie du sort, la relève du rock français sera belge ou ne sera pas. Rebaptisé rock francophone par respect du plat pays, le voilà revitalisé outre-quiévrain lorsqu’il peine à se renouveler chez nous. Après Yel, (trio guitare-basse-batterie énergisant), dont le deuxième album (Intimes illusions) est une perle qui mériterait plus de notoriété, c’est au tour de Jeronimo, atypique rocker de Liège, de lancer son second pavé dans la pataugeoire.
Jumeau désenchanté de Jérôme Minière, Jeronimo livre sur 12h33 des historiettes cyniques scandées par un phrasé rageur tendance hip-hop, soutenues par une electro-pop imaginative. Ses textes, faussement naïfs et vraiment narratifs, se découvrent lentement, réservant à chaque nouvelle écoute son lot de trouvailles. L’émotion y est plus généreuse et se donne, toute entière, dès lors qu’on accepte de se laisser porter. Plus mélodieux que son prédécesseur (Un Monde sans moi), ce nouvel opus s’en démarque surtout par sa diversité. On ne connaissait pas à Jeronimo le talent qu’il prouve ici pour les balades suaves, où son phrasé devient chant, où sa voix blanche et sèche devient veloutée. Preuve d’une évolution artistique, qui le verrait étoffer son répertoire et donner naissance à de véritables tubes tout en continuant de cultiver sa déviance, d’assumer ses choix radicaux. A n’en pas douter, il faudra dorénavant le compter parmi nous, subir avec délectation cette sublime incruste sur la scène rock française.
par Nikko
42 Sur internet : AbsolutVero (F)
http://absolutvero.over-blog.com/article-1180362-6.html#anchorComment
Vendredi 11 Novembre 2005
Jeronimo, la petite bete belge qui monte
Jeronimo fait partie de la 'clic' belge émergeante, largement diffusé sur les radios rock avec leur titre 'Les mains qui tremblent', ils ont sorti leur second album '12h33' la semaine derniere et c'est bon!
Pour la seconde fois, j'ai eu l'occasion de voir Jeronimo sur Lyon. La première, il eut l'honneur de faire la premiere partie de ses compatriotes belges: dEUS, maintenant c'est seul que Jérome et sa bande, Sacha et Thomas, viennent défendre leur second opus.
Jeronimo chante en français, ce qui est rare pour un groupe belge (si on les compare à Ghinzu, Girls in Hawai, ou autres artistes), mais Jerome est de Lieges, et y tient. Avec un délicieux accent il nous narre des choses simples de la vie, coup de coeur ou coup de gueule, mais surtout ses histoires de coeur, qui se finissent mal en général.
Dans son premier opus, il rencontre Sarah, une jeune femme pour laquelle il annule son mariage. Il raconte sa tenacité face à sa femme qui le trompe, pour laquelle il a arrêté de fumer, boire, le foot à la télé. Extrait: 'Je sais que ma femme me trompe mais je tiens bon, je me fais traiter de tous les noms, mais je tiens bon'. Cet album recelait egalement une belle reprise de Bowie,'I'm afraid of Americans', traduction: 'J'ai peur des américains'.
Pour le second opus, Jerome garde le cap: chansons au texte précis, un trio efficace dont la complicité n'est plus à prouver. Le premier single 'Les mains qui tremblent' matraque nos ondes et c'est tant mieux. Les artistes francophones dont la cible a plus de 25 ans sont rares... heureusement Jeronimo nous parle de sujets universel certes, mais qui touche nos coeurs de célibataires qui sont déjà usés.
"Intérieur en désordre, impossible à ranger
L'espoir qui nous liait a fini par casser
En silence j'ai brûlé tes affaires excepté
Ca et là des cassettes que tu as oubliées
J'ai les mains qui tremblent
Ce n'est pas la drogue, ce sont les couleurs
De tes jolies robes que je n'oublie pas
J'ai les mains qui tremblent
Ce n'est pas l'alcool, ce sont les paillettes
De tes yeux de braises qui ne s'effacent pas"
Il décrit avec un certain tragique-comique ses expériences,dont il a l'air de s'être relevé. Rassurez vous Jerome invente aussi certaines de ses histoires, tout n'est pas autobiographique! Et ce pour notre plus grand plaisir auditif. Une énergie scénique malgré le public venu peu nombreux ce soir là au Ninkasi Kafé (concert pourtant gratuit!), Jeronimo aime la scène et la pratique dans la plus grande simplicité. Il reviendra (c'est promis) pour une grande tournée, où là on viendra pour lui seul.
A ecouter de toute urgence!
publié par Vero dans: Musique
41 Sur internet : i muziKnet
http://www.i-muzzik.net/home1024.php3?rub=25&numalbum=3746&numgroupe=1747
12h33
Fiche technique :
Groupe : Jeronimo
Producteur : Non disponible
Distribution : V2 music
Année : 2005
Genre : Rock français
Autres albums : Un monde sans moi |
Chronique i-muzzik.net ( Harry )
Après un premier album admirable et singulier, le plus sioux des auteurs de chansons rock Françaises (à égalité avec Jérôme Minière avant que ce dernier se transforme en bidouilleur bizarroïde) revient avec « 12h33 », un disque arrivé à pile à l’heure. Quand le rock Français s’encroûte quelque peu avec une tripotée de sous Noir désir sans intérêt, il y a toujours un apatride, un apostolat, pour nous rappeler qu’on peut écrire, chanter, jouer en Français et développer à la fois des thèmes et un son (« Track 1 »), une énergie et des mots (« Track 3 »), un certain classicisme jumelé avec un univers singulier, tout en demeurant extrêmement pop ou rock (« Track 2 »). Très sport (« Track 7»), très social et très intime, l’univers de Jéronimo est fait d’un savant mélange d’intime et d’universel, de particulier et de généralité. Savant, sauvage et libre, voilà ce qui qualifie au mieux cet opus. Au final, « 12h33 » est un disque épatant, un disque qui mérite qu’on lui fasse un peu de place sur notre territoire discographique. Jéronimo,bientôt grand chef de la chanson ou homme médecine de rock Français, on ne sait pas trop. Il a les moyens de devenir l’un ou l’autre.
40 Sur internet : Radio Synergie ( F)
http://www.radiosynergie.com/pageactus05.html
Jéronimo est en faite le "nom de guerre" d'un power trio belge, emené de main de maître par Jêrome Madraga.
Certains se souviendront de son premier album paru en 2000 et surtout de son premier extrait, le single "Ma femme me trompe" qui fait un véritable carton et place ce projet à l'avant plan de la scène belge francophone.
Suivront une première partie de Noir Désir aux francofolies de Spa, une tournée en Franceavec Indochine avant de rejoindre Tarmac à l'Olympia et de tourner avec Cali...Sur RADIO SYNERGIE découvrez avant tout le monde "Les mains qui tremblent" qui est le premier single de 12h33, le nouvel album à paraître le 24 octobre
39 Sur internet : Rch ( Ch)
http://www.rtn.ch/?page=118&tid=29083
Jeronimo revient avec un nouvel album.
Jeronimo c'est le projet d'un jeune musicien. Un belge, qui s'appelle Jérome Mardaga. Il vient de Liège. En 2000 il se mitonne une démo et il va l'envoyer dans une radio locale. Les réactions vont être très bonnes, à tel point que ça va aboutir sur un premier album. « Un monde sans moi » qui sort en 2002. A ce moment là Jeronimo monte un groupe pour partir en tournée et devient la coqueluche de tous les grands festivals.
Son ascension est fulgurante. En 3 ans Jéronimo se retrouve sur les scènes de Belgique, de France, de Suisse, d'Espagne et du Québec.
« 12h33 » c'est le nouvel album de Jeronimo.
07.09.2005 / Mathieu Neuenschwander
38 Sur internet : Recrec (Ch)
http://www.recrec.ch/index.php
Deuxième album du chanteur belge, après « Un monde sans toi », 12h33 est un album d'où fuse force et conviction. Jéronimo avait été remarqué par son single Ma Femme Me Trompe S'il enregistre seul, Jéronimo devient un trio sur scène et il sera sans doute intéressant d'aller voir ce qu'il en dégagera. Spécificité belge ? Il ne faut pas pousser trop loin. Mais il y a certes quelque chose de différent chez Jeronimo qui le distingue du "rock français" Il est belge et le fait clairement savoir (devant tout le monde, je vais tout plaquer pour toi)
De ses compositions se dégagent une force, ce qui sûrement le premier mérite de musique rock. La rage est contenue ou exposée, toujours froide et grise. Les textes sont incisifs, et corrosifs et de par là même intéressant voire drôles. On sent peut-être une fierté de ne pas être français ; même s'ils partagent la même langue… Musicalement, on lorgne plutôt du côté de la Cold Wave avec une instrumentation assez efficace, même si parfois ; ça ressemble un peu à Indochine en mieux (la fille que j'aime, les mains qui tremblent).
Jéronimo est sans doute un artiste dans la scène "rock chanté en français" qui promet encore plus de beaux lendemains.
37 Sur internet : 24 heures (Ch)
Jeronimo sur le sentier de la gloire François Barras Publié le 25 octobre 2005
Avec un second album désarmant, le plus Apache des Belges empale sur une même flèche rock wallon et chanson française. Coup de fil à l’outsider, à déguster sur disque et à découvrir sur scène, jeudi à l’Usine genevoise.
On l'attrape sur la route, et ça n'a rien d'étonnant. Depuis la sortie en 2003 de son premier album, Un monde sans moi , Jeronimo a remédié à cette absence en le parcourant de long en large, le monde. Francophone, principalement, d'Hexagone en Suisse en passant par le Québec. Et la Belgique, évidemment, son pays natal, là où il a taillé ses premières flèches avant de filer outre-Atlantique perfectionner son art de la six-cordes. De retour dans la vieille Europe, celui qui se fait appeler Jérôme Mardaga dans le civil crée son double apache, Indien à trois scalps pour les besoins de la scène: Jeronimo part sur le sentier de la guerre. De nouveaux territoires sont à explorer et il reste toujours des pieds tendres à convertir au rock. Celui du Belge, sur son premier album, privilégiait l'intrigue, le racé et l'ambigu, s'alimentant à la fraîcheur de la pop et aux louvoiements d'une chanson française acide et ambiguë.
«Pour te donner une idée, la tournée a commencé en février 2002; elle s'est achevée le 20 juin 2004.» Attrapé en périphérie de Clermont-Ferrand alors que le bus de tournée se perd dans les raccourcis, Jeronimo fait le point. «On a tout eu, de très bonnes critiques dans les journaux, un excellent accueil du public… Seul point négatif, la maison de disques française n'a pas fait son travail et on a tourné à vide en France.» Passé relativement inaperçu, Un monde sans moi aura au moins ouvert à Jeronimo les portes du Paléo 2003. Et le groupe aurait dû participer au Bex Rock l'année suivant, si une méchante baston n'avait laissé le bassiste sur le carreau… un 20 juin 2004! «Ce fut le coup de grâce après une année difficile. La meilleure façon de surmonter ça, c'était de repartir au boulot, faire un putain d'album.»
«A la fin, personne ne meurt»
Et l'épithète colle très justement à 12 h 33 , splendide disque en noir et blanc qui présente un chanteur plus entier, plus authentique et «cohérent», tout en se payant le luxe de vagabonder sur des sentiers divers: de la chanson mâtinée de folk ( La fille que j'aime, La chienne de Baïkonour, Moi je voudrais ), du rock aux sonorités industrielles ( Je vais tout plaquer sauf toi ) ou des frises de country meurtrière ( Corinna, Corrina ) «C'est vraiment une œuvre collective, j'ai composé les bases puis chacun a amené son truc.» Avec, au niveau des textes, toujours cette même causticité déroutant, qui lui permet d'écrire un morceau comme Tous les gens que tu aimes vont mourir un jour. «Mais finalement les gens de la chanson s'en sortent, personne ne meurt… J'essaie toujours de laisser une porte de sortie ouverte. Musicalement, 12 h 33 est plus ouvert, on touche un public plus large - on l'a clairement constaté cet été dans les festivals… On a confirmé l'essai en Belgique, il faut qu'on se fasse connaître en France et chez vous!» Chiche.
» Jeronimo, 12 h 33 , Anorak Supersport (dist. RecRec).
» En concert jeudi 27 octobre, Usine PTR, Genève, 21 h. Première partie Benjamin J.
36 Sur internet : Radio France le mouv'( F)
http://www.radiofrance.fr/chaines/lemouv/mouvmag/reportages/home_article.php?rid=235000171
JERONIMO
Gagne le nouvel album de Jeronimo « 12 h 33 » en écoutant le Mouv' et en participant aux jeux à l'antenne le lundi 24 octobre ou sur le playmouv' web à partir de mardi jusqu'à dimanche.
Un peu d'histoire
Né à Liège, à la Saint Jérôme de 1972, Jérôme Mardaga (alias Jeronimo) ne tarde pas à enregistrer tout ce qui peut l’être ; dès ses neufs printemps, fasciné par la touche record de son premier magnéto à cassette, il enregistre des émissions de radio fictives, des feuilletons américains à la télévision, on l’a même surpris à enregistrer le son des prairies !
En 1994, Jérôme part en France étudier la musique au Centre Musical Créatif de Nancy. Pendant un an, il y côtoie des musiciens de tous bords ce qui va forger en lui l’envie d’aborder plusieurs styles différents.
Anorak Supersport, jeune label lucide qui a sorti le premier maxi, donne carte blanche à Jeronimo pour la réalisation de son premier album. Ainsi voit le jour "Un monde sans moi", collection de douze chansons douces-amères et tragi-comiques, presque entièrement réalisées seul à la maison. Album varié, sautant de murs de guitares en silences électroniques sans jamais perdre l’équilibre.
12h33
Cet album a été écrit tout au long des voyages de Jeronimo, puis enregistré dans la foulée, tous ensemble. Jérôme a assuré une grosse partie de la production tout en restant ouvert aux impressions du groupe. Il en résulte 12 nouvelles chansons très différentes les unes des autres. Le ton est plus introverti, plus mélancolique, plus acoustique.
Quelques dates
Sur scène, Jeronimo est un trio (basse/guitare/batterie) et mise tout sur la puissance du son et la clarté de la voix de Jérôme. Tu pourras le retrouver en concert dans les villes suivantes :
29/10/05: GRENOBLE – L’ART SCENE
01/11/05: RENNES – UBU
02/11/05: PARIS - MAROQUINERIE
09/11/05: MONTPELLIER - L'ANTIROUILLE
10/11/05: LYON – NINKASI KAFÉ (concert gratuit)
35 Sur internet : Longueur d'ondes ( F)
http://www.longueurdondes.com/articles/2290.htm
JERONIMO 12h33 (Anorak Supersport)
Jérôme Mardaga, alias Jéronimo, est vraiment hédoniste et généreux. Son disque nous offre une kyrielle de plaisirs : le premier est celui de l'objet CD : une pochette et un livret magnifiques et très soignés signés Thomas Jungblut avec notamment des notes explicatives passionnantes de l'auteur sur la genèse des morceaux. Deuxième plaisir : les quatre 4 qui apparaissent quand on introduit le CD, qui dure 44'44''. Ce Belge cosmopolite et trentenaire nous entraîne très facilement dans son univers où il est question d'exil, de rencontres, d'amour, d'amours passées, de manque et de nostalgie, de foi (en soi et en l'autre). Et de décalage horaire. Une belle audace et un talent fou qui se double sur scène où il officie en trio power-rock très crédible. A ne pas manquer.
Le 05/10/2005 par Jacques Kasbi
34 Sur internet : Popingays ( F)
http://www.popingays.com/rubrique6.html?date=2005-9-01
Jeronimo
12h33 (V2, Anorak Supersport) 21 septembre 2005
Deuxième album du chanteur belge, après « Un monde sans toi », 12h33 est un album d'où fuse force et conviction. Jéronimo avait été remarqué par son single Ma Femme Me Trompe S'il enregistre seul, Jéronimo devient un trio sur scène et il sera sans doute intéressant d'aller voir ce qu'il en dégagera. Spécificité belge ? Il ne faut pas pousser trop loin. Mais il y a certes quelque chose de différent chez Jeronimo qui le distingue du "rock français" Il est belge et le fait clairement savoir (devant tout le monde, je vais tout plaquer pour toi)
De ses compositions se dégagent une force, ce qui sûrement le premier mérite de musique rock. La rage est contenue ou exposée, toujours froide et grise. Les textes sont incisifs, et corrosifs et de par là même intéressant voire drôles. On sent peut-être une fierté de ne pas être français ; même s'ils partagent la même langue… Musicalement, on lorgne plutôt du côté de la Cold Wave avec une instrumentation assez efficace, même si parfois ; ça ressemble un peu à Indochine en mieux (la fille que j'aime, les mains qui tremblent).
Jéronimo est sans doute un artiste dans la scène "rock chanté en français" qui promet encore plus de beaux lendemains.
par Jimmy L.
33 Sur internet : Prestopresse ( F)
http://www.presto.presse.fr/concert.jeronimo.html
Le second album de JÉRONIMO sort en Octobre en France… Après un premier album et une tournée remarqués, Steff Le Chien a posé quelques questions au chanteur belge…
Steff LE CHIEN OCTOBRE 2005
Bonjour Jéronimo. Je t’ai vu il y’a 2 ou 3 ans en concert à Arras. A l’écoute du nouvel album, j’ai l’impression que ton univers a pris du volume. Et en concert, qu’es devenu ton petit groupe ?
Le petit groupe est toujours là, plus que jamais. Je l'ai emmené avec moi en studio pour enregistrer le nouvel album car je ne voulais pas faire tout le travail seul cette fois. J'avais besoin de leurs impressions et de leur savoir-faire pour aboutir les nouvelles chansons qu'on a enregistrées dans un esprit plus live. Du coup le son s'est élargi, étoffé et a débouché sur un album assez différent du premier même si l'esprit des paroles reste immédiatement identifiable. Chaque membre a amené ses impressions, ses suggestions. Chacun était libre d'intervenir à tout moment pour faire une remarque ou proposer une idée.
Les guitares me semblent plus présentes, avec des effets très rocks…
La première chanson "Je Vais Tout Plaquer Sauf Toi" est-elle le lien vers le premier album (intimiste, avec un mélange de textes chantonnés) ?
Oui tout à fait, cette chanson fait la jonction entre les deux disques. On retrouve pas mal d'éléments qui étaient en quelque sorte les marques de fabriques du premier album : texte en forme de liste, beat éléctro, la phrasé "chanté/parlé", le côté répétitif de la structure... Mais elle a été élaborée dans le même esprit que les autres chansons : tous ensemble, j'ai proposé la maquette au groupe et ils ont adoré ; la batteur m'aidait à achever le texte et on a ajouté beaucoup de traitements, beaucoup d'effets afin de la rendre la plus lancinante possible.
Une autre chanson m'a intrigué : "Tous Les Gens Que Tu Aimes Vont Mourir Un Jour", beau texte, on s'attend au pire à chaque phrase.
Oui et le pire n'arrive jamais. Il y a trois personnages dans cette chanson et ils s'en sortent tous indemnes à la fin ce qui était une bonne façon de contrebalancer le titre qui est sans appel, qui est très noir (même s'il s'agit d'un lieu commun). J'aime laisser une porte de sortie dans mes chansons, même si c'est parfois sombre, on peut toujours y apercevoir une lumière au bout du tunnel. J'ai essayé d'introduire un suspense dans cette chanson, je crois que ça marche !
L’ambiance de "De l’Autre Côté De La Mer", avec un rythme tranquille, est étrange : on sent un peu le vent glacial souffler en l’écoutant ! Sur "Moi Je Voudrais", il y’a tes rêves ? ton ambition ? ou simplement le moyen d’oublier ces "Journées Perdues" dont tu parles ?
"De l’Autre Côté De La Mer" est une des seules chansons sur l'album que j'ai élaboré et aboutie seul, sans le groupe. J'y ai mis beaucoup d'électronique afin de renforcer le côté "hivernal" de l'histoire et le beat est presque bancal. Il y a beaucoup de guitares "à l'envers" ce qui donne un effet très étrange ; cette chanson semble presque issue d'un rêve. Les chœurs renforcent encore cette impression. Elle évoque le froid, la solitude, la distance .. Je me souviens l'avoir traitée comme un appel téléphonique, quelque chose de très fragile, éphémère... "Moi je voudrais" est une chanson d'ennui et d'insatisfaction qui parle de choses impossibles, parfois contradictoires, on est ici dans une chanson "liste" de nouveau. Je suis arrivé un matin au studio avec les paroles et quatre accords de guitare, je l'ai chantée au groupe, ils ont aimé et on a bossé dessus toute le journée. Le soir venu, la chanson était dans la boîte. C'est un truc très simple, sans fioritures ni trop d'effets, on y entend vraiment le groupe qui joue simplement . Probablement la chanson la plus "pop" qu'on aie enregistrée.
C’est vrai que le premier album date de quelques temps. Est-ce difficile de faire un deuxième album après une jolie réussite et la reconnaissance du public ?
C'est difficile de faire un album : de l'écrire, de l'enregistrer, de lui donner une direction, de bien s'entourer pour le réaliser. Mais le groupe m'a aidé à faire certains choix, à privilégier telle chanson plutôt qu'une autre car j'avais écrit beaucoup de choses. Je voulais proposer quelque chose de différent, de plus calme, de plus large, de plus ouvert tout en essayant de coller à l'état d'esprit dans lequel il a été écrit, qui était assez triste. La pression est venue à la sortie belge du disque, pas mal de gens étaient surpris. Tout le monde pensait qu'on enregistrerait un album très rock, très dur, un peu à l'image des concerts et on a sorti un album beaucoup plus calme.
Comment "vient" une chanson ? ce sont d’abord des images, des textes ? une mélodie ? un rythme ?
Il n'y a pas de règles fixes, heureusement. Parfois le rythme donne le reste, parfois les paroles. Parfois une chanson naît d'un accident, d'une fausse manœuvre, ça dépend...
A quoi correspond ton voyage aux Etats-Unis ? Un besoin de coupure avec ton quotidien ? un besoin de se ressourcer chez les Indiens ? Je t’imagine difficilement entre les tours, dans les rues sombres. Quelles images restent de ce voyage ?
Je suis parti là-bas une fois le disque achevé pour ainsi dire, accompagné d'un réalisateur (Marc Laguna) afin de tourner un moyen métrage sur l'errance, la solitude, la rupture. On a emmené toute une batterie de caméras super 8 avec nous et on a tourné au fil des jours, sans scénario précis. Au moment du tournage, Marc et moi avions quelques grands noms en tête, comme pour baliser le travail : Depardon, Kerouac, Godard et bien sûr Dylan... On m'y voit déambuler sans fin, toujours seul. On a beaucoup traîné dans l'East Village et à Coney Island (où nous avons tourné un clip pour "de l'autre côté de la mer" ). Ce moyen métrage rend bien les sensations que l'on peut éprouver quand on est seul dans une ville qu'on ne connaît pas. Je cherche quelqu'un (ou quelque chose... ou les deux... ou aucun des deux...), sans jamais m'en rapprocher. C'est filmé fugitivement, c'est très instable, très abrupt. On y voit la fatigue, l'indécision et la dérive des sentiments. New York était le décor parfait pour ce genre d'ambiance, et puis j'avais toujours rêvé d'y aller guitare à la main. Le moyen métrage s'appelle "12H33" et est vraiment complémentaire du disque, on y apprend des choses que les chansons ne font qu'évoquer. Même si il n'y a pas de scénario à proprement parler, on sent bien à la fin du film qu'il s'est passé quelque chose, que l'état d'esprit n'est plus le même qu'au début , que certaines questions, certaines angoisses sont résolues. Il n'y a que trois acteurs, moi, la ville et les chansons. J'adore New York ! Cette ville m'a fait beaucoup de bien. Comme me l'a dit Marc Laguna après le montage, ce film est en quelque sorte notre "Don't look back" à nous...
Quels sont tes projets ? Tourner le plus possible ? le plus loin possible ?
Continuer à écrire et à jouer, avec le même enthousiasme, la même énergie... Ecrire un autre album surtout, c'est dans l'écriture et l'enregistrement que je me retrouve le plus. Mais j'adore la route, le voyage, cela amène de la réflexion, de l'éveil, des rencontres et surtout du partage.
Dernières questions : Qu’est-ce qui t’a marqué récemment en musique ? Avec qui aimerais-tu tourner ?
J'ai adoré l'album de Camille, son concept, son intransigeance. Un album de Goldie également ou se trouve une chanson longue d'une heure ! J'ai toujours eu de bons rapports avec les gens avec lesquels j'ai tourné, que ce soit Cali ou Indochine. Je n'ai pas d'exigences particulières dans ce domaine. Humainement, il faut que ça colle. Mais ça colle toujours ! J'aimerais faire des dates avec Mickey 3D par exemple, je pense que nos univers respectifs "colleraient " bien •
32 Biographie Jéronimo V2 Music ( F)
JERONIMO BIOGRAPHIE
SORTIE LE 5 SEPTEMBRE
C’est au pied de la Montagne Ste Walburge que Jeronimo écrit et enregistre ses premières chansons, dans une pièce peinte de bleu où traînent pêle-mêle une Rickenbacker rouge et de vieux amplis à lampes. Fasciné par les pédales de distorsion et les auteurs français du 19ème, Jeronimo s’est mis en tête de réaliser un album qui ferait la jonction entre son besoin de solitude et son envie de rencontres.
Né à Liège , à la Saint Jérôme de 1972, Jérôme Mardaga (alias Jeronimo) ne tarde pas à enregistrer tout ce qui peut l’être ; dès ses neufs printemps fasciné par la touche record de son premier magnéto à cassette, il
enregistre des émissions de radio fictives, des feuilletons américains à la télévision, on l’a même surpris à enregistrer le son des prairies.
En 1994 Jérôme part en France étudier la musique au Centre Musical Créatif de Nancy. Pendant un an, il y côtoie des musiciens de tous bords ce qui va forger en lui l’envie d’aborder plusieurs styles différents.
De retour en Belgique, il retrouve la scène liégeoise et se produit avec différents groupes. Résultat de frustration et de déception, Jeronimo, premier projet solo de Jérôme Mardaga,voit le jour en l’an 2000 et la chanson " ton éternel petit groupe ", trouve sans peine le chemin des ondes et voit le jour sous forme d’un 4 titres en mai 2001.
Les réactions sont immédiates : après 2 concerts seulement, Jeronimo se retrouve au festival de Dour 2001, puis aux Nuits Botanique sans compter les passages radio de plus en plus fréquents.
Anorak Supersport, jeune label lucide qui a sorti le premier maxi , donne carte blanche à Jeronimo pour la réalisation de son premier album. Ainsi voit le jour "Un monde sans moi", collection de douze chansons douces-amères et tragi-comiques, presque entièrement réalisé seul à la maison. Un travail patient et délicat qui sera finalisé par Rudy Coclet (fidèle ingénieur du son d’Arno et de Sharko…) au Rising Sun Studio à Bruxelles.
Album varié, sautant de murs de guitares en silences électroniques sans jamais perdre l’équilibre.
Musicalement, l’influence du rock anglo-saxon – de My Bloody Valentine à Husker Dü– est une constante dans le son de Jeronimo et si le ton du chant rappelle Diabologum, il sait se faire doux et mélodieux si l’ambiance le demande. Le single de lancement " Ma femme me trompe " fait un véritable tabac sur les ondes et place ce projet à l’avant-plan de la scène belge francophone.
Sur scène,Jeronimo est un trio (basse/guitare/batterie)et mise tout sur la puissance du son et la clarté de la voix de Jérôme. Les concerts impressionnent et le groupe se voit sélectionné pour représenter la Belgique au Printemps de Bourges 2002. Festival des Jeux à Bruxelles,Parcours Chanté et première partie de Noir Désir aux Francofolies de Spa, Jeronimo ne s’arrête plus.
Ensuite tout s'accélère, l'album sort au Canada sur l'imposant label YFB, Jéronimo touche le continent nord américain et il y tourne le clip de "Ma femme me trompe", il entame alors une première tournée puis une seconde, revenant en Europe, son album sort en Suisse et en Espagne, les chroniques sont élogieuses et le single fait bonne figure et entre dans les playlists des radios nationales. Jeronimo part alors en tournée en France en première partie de Indochine avant de rejoindre Tarmac a l’Olympia et de tourner avec Cali..
Jéronimo signe ensuite un contrat de licence pour la France avec le prestigieux Capitol, se trouvant par la même occasion collègue de label avec David Bowie, pour ne citer que lui.
Printemps 2003, Jéronimo a préparé une création avec d'autres artistes belges, labellisée "Sacrés Belges !" , qui passe par le Cirque Royal de Bruxelles et les Francofolies de Spa puis s'envole pour les Francofolies de Montréal, le Paléo Festival de Nyon, avant d'entamer une première tournée européenne à l'automne.
12h33 a été écrit tout au long de ces voyages, puis enregistré dans la foulée, tous ensemble. Jérôme a assuré une grosse partie de la production tout en restant ouvert aux impressions du groupe. Il en résulte 12 nouvelles chansons très différentes les unes des autres. Le ton est plus introverti, plus mélancolique, plus acoustique. 12h33 a déjà voyagé jusqu’à Manhattan et Coney Island pour la caméra de Marcello Dellamare.
31 Sur internet : Ram dam
http://www.ramdam.com/chro/1478.htm
Jeronimo : 12h33
12h33, l'heure de se mettre à table ? C'est en tout cas le moment qu'a choisi Jérôme Mardaga pour nous confesser ses secrets, ses maux, ses peines et ses joies.
Après Un monde sans moi (2002), Jérôme, mieux connu sous le sobriquet de Jeronimo, a pris le temps de peaufiner son nouveau bébé. 12h33, c'est son titre, se veut plus dépouillé que son prédécesseur, le Liégeois n'hésitant pas à s'armer de sa guitare acoustique et à poser des ambiances plus intimes, sans pour autant rejeter tout effet ou écarter tout accès d'emportement.
On retrouve ici le même personnage qui nous avait charmés par sa sensibilité, sa timidité, sa maladresse et ses angoisses, la même poésie légère mais affûtée, le même humour aigre-doux et décalé.
Au point de vue des sonorités, seules Tous les gens que tu aimes vont mourir un jour et Je vais tout plaquer sauf toi rappellent l'agitation du premier album. Au fil des autres plages, Jeronimo nous montre ses aptitudes à faire sonner le blues, le folk et bien sûr toujours le rock, mais un rock malgré tout plus accessible, un brin plus soft.
A travers des textes soignés, Jeronimo décline les thèmes de l'amour, de l'absence, de l'espoir et des manques. On retrouve des chansons-listes (Je vais tout plaquer sauf toi), des histoires à tiroirs (Tous les gens que tu aimes vont mourir un jour) et des "tubes".
Car c'est bien cela qui frappe à l'écoute de ce second opus de l'homme au crâne rasé: son efficacité. Les mélodies sont imparables et entêtantes, les textes sont originaux et subtils, les chansons sont toutes irrésistibles. Leur faux minimalisme est désarmant, saisissant l'auditeur à plusieurs reprises par le frisson.
De l'album, se démarquent particulièrement Moi je voudrais (morceau né du détournement de riffs du "Raphaël" de Carla Bruni, du "Passenger" d'Iggy Pop et de la "Femme libérée" de Cookie Dingler) et le single Les mains qui tremblent, déjà bien entendu sur les ondes.
A noter que le CD est agrémenté du clip de De l'autre côté de la mer, réalisé par Marcello Dellamare.
12h33, l'heure est venue de savourer la nouvelle galette de Jeronimo, qui vraiment, refrappe fort, confirmant ainsi son statut de valeur sûre incontournable de la scène rock belge. Un monde sans lui, ce serait dommage, il faudrait alors l'inventer.
Sébastien Cools
12h33 - Album CD - 2005 - Anorak Supersport - Bang !:
La fille que j'aime
Nous allons avoir un petit
Tous les gens que tu aimes vont mourir un jour
Corrina, Corrina
Moi je voudrais
Je vais tout plaquer sauf toi
La chienne de Baïkonour
Ce que nous ont laissé les vieux
Les mains qui tremblent
De l'autre côté de la mer
Comme par miracle
Pour partir
(+ piste vidéo: clip De l'autre côté de la mer)
Jeronimo : Biographie
http://www.ramdam.com/art/j/jeronimo_bio.htm
Jeronimo est un projet lancé à l'aube de l'an 2000 en solitaire à Liège (Belgique) par Jérôme Mardaga.
Un an plus tard, Alexandra Vassen diffuse le titre Ton éternel petit groupe sur Radio 21 et les réactions sont immédiates. Il faudra attendre encore un an pour qu'un premier maxi voie le jour.
C'est le label indépendant Anorak Supersport qui offre à Jeronimo la possibilité d'enregistrer un premier album. Pendant ce temps, Jeronimo devenu trio (basse/batterie/guitare-voix) assure ses premiers concerts au festival de Dour et aux Nuits Botanique.
L'album Un monde sans moi sort en Belgique en avril 2002, précédé par le single Ma femme me trompe. L'accueil de la critique et des radios est enthousiaste et unanime. Enregistré pour une bonne part "à la maison", l'album est mixé par Rudy Coclet (Arno, Sharko, Expérience, ...) à Bruxelles.
Les festivals se succèdent: Les Jeux, Le Printemps de Bourges, Francofolies de Spa avec Noir Désir, tête d'affiche au Dour Festival 2002, Carcassonne avec Indochine, etc.
Le public est conquis par les chansons, le son puissant et la fraîcheur du projet. Un premier clip est tourné pour le single La fille sous l'eau et Canal+ et la RTBF réalisent deux captations de concerts.
A l'automne, Jeronimo se rend au Québec où l'album est sorti chez Diffusion YFB (Archive, Morning Star, ...), dynamiques indépendants montréalais rencontrés à l'été, pour y tourner le clip de Ma femme me trompe et présenter l'album sur scène. Les radios succombent à leur tour et le nouveau clip cartonne sur la chaîne musicale Musique +.
Début 2003, c'est le label Green UFO's qui prend le relais en Espagne et les portes de la Suisse s'ouvrent grâce à Rec Rec.
Enfin, février verra la rencontre à Paris avec les responsables de Capitol qui prendront en charge Jeronimo pour la France. Le groupe part aussitôt en tournée dans l'Hexagone avec Indochine avant d'entamer de nouveaux voyages vers le Québec, la Suisse et l'Espagne ainsi qu'une série de concerts en Belgique qui les mènera jusqu'à l'automne. Et puis la France...
Jeronimo : Livre d'or
http://www.ramdam.com/top/livredor/jeronimo.htm
Véronique de Verviers (05/09):
C'est un super artiste. j'ai été plusieurs de cet concert et ça déchire toujours. De plus j'ai eu l'occasion de parler à tous le groupe et ils sont très sympa. Vivement le prochaine album!!
mary de 52, sur 12h33 (31/07):
je les ai decouvert en première partie d'un concert et j'ai complètement adoré. Ils savent faire un mélange de bonne musique rock, de paroles touchantes qui nous parle et tout ça avec plein d'humour. j'ai bien rigolé en première partie de ce fameux consert. J'ai était plus étonné par la première partie que par le consert lui-même. merci a jeronimo
annick de chaudfontaine (27/07):
j'ai vu plusieurs fois Jéronimo en concert et c'est toujours un plaisir mais le 20 juillet aux francofollies de spa, ils ont été tout simplement géniaux. Dommage que les jeunes (qui visiblement n'attendaient que Kyo) ne leur ont pas fait un meilleur accueil. Le nouvel album est aussi très bon: à acheter sans hésiter.
Bernard de Liège (17/06):
C'est un super chanteur et Belge en plus. il est trop fort et trop sympa... pour ceux qui veulent savoir, il vient de liège et va sortir un nouvel album bientôt.
pascale de antheit (04/06):
je ne le connais pas mais je crois qu'il habite mon village (antheit) je voudrais savoir si c'est vrai. car alors 2 chanteurs sur quelques centaine de mètres (frederic francois habite également antheit)
Déborah de Grenoble (28/04):
C un groupe qui déchire!! J'adore ce groupe. Toute les chansons sont aussi bien les une que les autre. je vous incite tous a l'acheté.
Sarah de Liège, sur Un monde sans moi (30/10):
j'aime cette chanson, elle m'a été envoyée par un ami et elle est vraiment belle
Letizia de La Louvière (26/06):
J'ai adoré le concert, je découvre seulement ce groupe mais c'est cool à mooort.. Je voulais juste faire un coucou au chanteur, te dire que je t'ai donné mon collier non pas parce que je suis une groupie mais pcq pour le moment je suis un peu déprimée et vous avez réussi à me redoner le sourire ce soir là.. merci et bonne chance!!
sarah de spa, sur Un monde sans moi (23/06):
ses chanson sont belle et le rythme est bien aussi, j'adore la chanson sarah
Madcow de Hem, sur Un monde sans moi (22/06):
Ca c'est de la vrai musique c pas du Emma dumas ou du Kyo
val de paris, sur Un monde sans moi (19/06):
j'm tro ses texte; voila un chanteur ki nous geule pa ds les oreilles é ki fait des chanson vrai
Felana Manitra de Madagascar & Suisse (14/04):
Je trouve que tout va bien jusqu'à présent. Je souhaite quand même bonne chance et bon courage à la carrière!
pauline de trois-ponts, sur Un monde sans moi (14/03):
jador ces chansson ces super et les paroles son belles aussi
30 Sur internet : Mon grivegnée
http://mongrivegnee.skynetblogs.be/?date=20050703&number=7&unit=days
Coup de coeur pour Jeronimo ] - [ Satanas @ 12:26:48 ]
Coup de coeur pour Jeronimo. Rocker de chez nous, Jérôme Mardaga mérite plus que le succès d'estime qu'il recueille actuellement. Production et arrangements de haute tenue, son dernier CD, 12h33, est très recommandable. Il tourne en boucle sur ma platine et je ne m'en lasse pas! Son premier opus, Un Monde Sans Moi, n'est pas moins bon, mais la touche douce-amère de 12h33 le rend vraiment très attachant. Quant aux textes de ses chansons, ils sont bien dans l'air du temps, entre bonheur au bord du malheur (Nous allons avoir un petit), manifeste anti-Sarkozy (Moi Je Voudrais), nostalgie des sixties (La Chienne de Baïkonour) ou encore déclaration d'amour post-moderne (Je Vais Tout Plaquer, Sauf Toi). Le tout emporté par des mélodies accrocheuses. A côté du robinet de soupe tiède que nous servent les radios fm à longueur de journée, la chanson française (et wallonne!) de qualité devrait être beaucoup plus mise en avant par ceux qui tiennent les manettes des platines. A (re)découvrir, vraiment. E Co'n Feye Po Nin l'Rouvi: ALLONS LIDJE !!!
29 Sur internet : Magic box
http://90plan.ovh.net/~lamagicb/Chroniques.php3#2161
Jeronimo – 12h33
5 septembre 2005 – 11 titres + 1 video – 40'30 Style : Chanson Pop Rock
Label : V2/Anorak
Apres un premier album marqué par des influences toulousaines du côté de Diabologum, Jeronimo revient avec un second album, et la ferme intention de s'affranchir de ses anciens démons. Le premier titre, Je vais tout plaquer sauf toi semble faire une dernière liaison avec ce passé.
Et puis, le nouveau Jeronimo pointe son nez, plus pop, vraiment plus pop. On y ressent une volonté de passer la deuxième vitesse, celle qui fera de Jeronimo plus qu'un artiste reconnu par la presse, mais bel et bien un artiste connu. C'est avec un single comme Les mains qui tremblent (en vidéo en bonus) que cela semble le plus évident. Si les textes restent dans la veine du premier album (chose rare sur ce nouvel opus), le refrain pourrait presque, par sa mélodie et sa construction, s'assimiler à un single de Kyo . Bon, là je suis peut-être méchant ;-)
Mais il faut quand même reconnaître que le nouvel album dans son ensemble se voulant plus ouvert, se retrouve moins passionnant que le précédent. On retiendra tout de même quelques très bons titres, tels que Devant tout le monde, Je vais tout plaquer sauf toi .
En voulant être plus personnel et moins revendicatif (à l'exception de Devant tout le monde , mais c'est un vieux titre), Jeronimo en a oublié les frissons que nous avait procurés le premier album.
12h33 est un album résolument plus sage.
28 Sur internet : Charlotte carrington
http://www.20six.fr/Charlotte-Carrington/archive/2005/03/
lundi, 28 mars 2005
Jeronimo mon amour ...
Dès potron-minet, éveillée par les miaulements du chat qui a pourtant à bouffer, merde. J'ai tellement besoin de dormir. Il y a toujours un élément, intérieur ou extérieur, qui m'en empêche. Je me suis levée, j'ai mis le chat miaulant dehors et j'ai pris un café dans le silence. J'ai repensé à la rencontre d'hier et je m'suis dit que c'était pas bon d'y repenser. C'est le genre de pensée qui fait du mal, qui empêche toute autre activité alors j'ai allumé la télé pour penser à autre chose. "Le miracle de l'amour". Ca aide vraiment à penser à autre chose. Ca enlève toute profondeur et toute aspérité à la vie même. "Cas de divorce". J'ai pas pu. Trop triste pour aujourd'hui. J'me suis rappelée que j'avais pas encore regardé un seul épisode des Mystérieuses Cités d'Or. Depuis Noël, le coffret de dvd est sur l'étagère. Dingue! Il faut réparer cette terrible erreur. Premier épisode. Je connais le générique par coeur. L'histoire aussi mais j'me souvenais pas que ça commençait à Barcelone tiens. Le petit documentaire historique qui suit, ça je m'en souvenais bien. Deuxième épisode. Je m'endors au bout de quelques minutes. Quand j'me réveille, on en est au quatrième. Je coupe. Je mets le cd de Jeronimo que j'écoute depuis deux jours. J'aime son style. Alternance de faux romantisme et de cynisme. Francofolies. le 18 juillet 2002 (Comme tous ceux des concerts que j'ai aimé, le ticket est sous le plastique du boîtier du cd, j'ai pas une telle mémoire). Place de l'Hôtel de Ville à Spa. Ce soir-là, y avait donc Jeronimo, Miossec et Noir Désir (dernier tour et puis s'en va en prison sans passer par la case départ). Excellente soirée. Jeronimo nous a parlé de sa passion pour Sandra Bullock pendant tout le concert. Bonne place. Un an et demi après l'accident, on me retirera le clou tibial que j'ai dans le tibia gauche au mois de septembre suivant. Ca me donne le droit d'assister à l'entièreté du festival du haut du podium pour "moins valides" avec un(e) accompagnant(e). Ca s'est gâté le 22. Perry Rose, Calogero et Yannick Noah. Perry Rose, génial. Calogero, l'occasion de discuter avec mes voisins de podium, et Yannick Noah, faut r'connaître qu'il se donne sur scène. Il commence à chanter. V., mon amie, accompagnante quitte la chaise qui est à ma droite pour aller se planter à l'arrière du podium, une envie de danser que je comprends fort bien. A peine est-elle partie qu'une femme, la trentaine, uvéïfiée, décolorée grimpe du public pour s'installer sur cette chaise. Je lui signale très gentiment que ce podium n'est pas le même que celui situé un peu plus loin, le genre où on paie super cher sa place (rarement). Le genre où on la reçoit gratos par la grosse boîte où on bosse (majoritairement), où on s'prend de haut en buvant du champagne et en s'empiffrant de petits fours. Ici, les gens ont payé leur place et sont pas physiquement capables de rester debout pendant la durée du concert. "Qu'est-ce que ça peut t'foutre que j'sois ici, connasse!". Effectivement, qu'est-ce que ça peut m'foutre qu'elle soit assise là alors que je vois un mec avec une jambe plâtrée qui est planté dans le public parce qu'il savait probablement pas qu'il y avait ce podium (sans certificat médical, on passe pas), alors qu'elle est assise devant une naine, cette grande pouf, qu'elle a pris la place de la pote qui m'accompagne? Ben oui, c'est comme ça. J'peux pas rester sans réagir face à une injustice. Ok. Pas envie d'me prendre la tête, j'suis là pour m'amuser. Elle en parle à son mec qui est resté dans le public. Veste en cuir, uvéïfié, cheveux mi-long. Il me lance un regard glacial. Je lui fais un grand sourire. Il s'installe devant moi. J'ai les pieds sur la rambarde. Ses épaules sont à hauteur des semelles de mes chaussures. Je tape des pieds en rythme sur cette rambarde. Au bout de quelques chansons, j'me rends compte que le mec s'est tellement rapproché que c'est aussi sur ses épaules que je tape du pied en rythme. Si ça l'gêne pas, moi non plus. J'y vais gaiement d'ailleurs. Ce gars croit qu'il peut m'intimider visiblement. J'ai l'air comme ça mais, comme je l'expliquais à mon collègue le mois dernier, quand j'ai raison, j'ai raison et c'est tout. Comme j'ai raison, y a pas de raison que je laisse faire sans réagir. J'interpelle donc V. pour lui signaler que si elle a une subite envie de s'asseoir, qu'elle hésite pas à reprendre sa place. Elle pensait que la femme était l'accompagnante de la dame deux chaises plus loin. Ben non, lui dis-je en lui expliquant brièvement la sitation. Même syndrôme de la justice que moi, elle tapote sur l'épaule de la squatteuse pour lui signaler que c'est sa chaise. L'autre se confond en excuses (Elle fait plus peur que moi V.) et redescend dans le public. Sourire qui monte, j'me mords les joues parce que je croise le regard glacial de son gorille. Il se rapproche encore. Ca doit faire une heure que je lui tape sur les épaules. Il discute avec sa pouf qui me fusille aussi du regard. Il s'éloigne un peu de la rambarde puis s'en rapproche brusquement, me coinçant le pied gauche entre la rambarde et son dos. Douleur fulgurante dans le genou, comme si le bord du clou raclait la rotule. Réflexe. Je lui chasse mon talon droit dans la nuque. Je perçois la violence du coup en observant le mouvement de sa tête. Il se retourne. Regard haineux et poing levé. Le gars assis à ma gauche a juste le temps d'intercepter le poing. Je suis debout. V. aussi. J'ai le coeur qui bat la chamade. Je suis toujours sous le choc de ma réaction physique. Tous les regards se portent vers nous. Le gars s'en va en voyant le mec de la sécurité arriver. Le concert se terminera tard. C'est la clôture du festival. Juste le temps qu'il faudra pour me calmer. V. a peur que le gars m'attende à la sortie. Ce s'ra pas le cas.
Voilà, c'était en 2002. Les Francos 2005 c'est du 19 au 24 juillet et j'y serai. J'viens de voir qu'il y aura encore Calogero. Là, j'y serai pas. Jeronimo vient de sortir son deuxième album. Je sens qu'il sera là et moi aussi.
Jeronimo et une tablette de chocolat noir 70% Galler, c'est ça la belle vie à la belge ...
27 Sur vivacité
Jeronimo
Jeronimo est un projet rock lancé à l'aube de l'an 2000 à Liège par Jérome Mardaga. Devenu trio, le groupe sort son premier album "Un monde sans moi" en avril 2002 en Belgique, précédé par le single "Ma femme me trompe".
Le disque est produit par Jeronimo lui-même à la maison et est mixé par Rudy Coclet (Arno, Sharko, Expérience...) à Bruxelles. L’album paraît également en France quelques mois plus tard.
Trois ans après ce premier album, Jérôme Mardaga nous revient avec un second album épatant, le faussement naïf « 12h33 », mené par le titre « Moi je voudrais ».
Cet album a été composé sur les routes des tournées au Canada, en Suisse, en Espagne et en France... et qui ne semble qu’un prétexte pour retourner sur scène : Jeronimo participait dernièrement au festival des Nuits Botanique, à Bruxelles.
Jeronimo, « 12h33 », Anorak Supersport-Bang !
26 Sur internet: Musiczine
http://www.musiczine.net/musiczine/interviews/jeronimo.html
Jeronimo Little Big Man
L'heure du nouvel album de Jeronimo a sonné. Il y a quelque temps déjà que notre ami Jérôme Mardaga s'y préparait. Comme sur une image en noir et blanc, le garçon était assis sur le vieux banc d'un parc de la Cité Ardente. Pensif et soucieux de son avenir, il restait là, seul sur ces vieilles planches en bois. Obnubilé par ses songes, il s'obstinait à regarder droit devant, cherchant les hypothétiques réponses des mystères de la vie. Et puis, soudainement, à "12h33 ", heure précise, les évènements se sont emballés : Jérôme s'est levé, bien décidé à défendre ses belles histoires tragi-comiques aux doux relents de belgitude.
Que s'est-il passé dans la vie de Jeronimo entre la sortie de son premier album et celle de son nouveau disque ?
Sur le premier album, j'avais encore un job sur le côté… Aujourd'hui, ma vie a changé. Dans une certaine mesure, elle se construit autour de la musique. Je ne vis pas pour autant à 100 % de mon art mais j'y consacre désormais tout mon temps…
Qui était Jeronimo avant de devenir chanteur ?
Jeronimo ? Il était prof de guitare (rires…) Mais entre le prof et le chanteur, il existe une véritable frontière : ce n'est pas du tout la même approche de la musique ! Parfois, c'est étrange : mes élèves me manquent ! J'en recroise certains à des concerts. Mais heureusement aucun d'entre eux ne me balance un reproche du genre : " Tiens, tu nous as salement lâché… " D'ailleurs, lorsque l'histoire Jeronimo touchera à sa fin, je les retrouverai bien assez vite !
"En tournée, nous vivons dans une sorte de bulle, hors de toute réalité commune. Bien sûr, certains moments sont plus difficiles, les journées n'en finissent plus et le soir, parfois, la solitude te menace... Mais dans l'ensemble, je ne me plains pas de la vie en tournée… "
Quand Jeronimo part en tournée, loin de sa famille, de ses amis et de son entourage, éprouve-t-il de la tristesse ?
Etonnement, je vais répondre non. La vie est tellement excitante en tournée que je ne ressens pas ce manque, cette sensation de vide. En réalité, il s'agit d'une existence très particulière : un peu concentrée, très exigeante et surtout, très fatigante. En tournée, nous vivons dans une sorte de bulle, hors de toute réalité commune. Bien sûr, certains moments sont plus difficiles, les journées n'en finissent plus et le soir, parfois, la solitude te menace... Mais dans l'ensemble, je ne me plains pas de la vie en tournée…
Sur 12h33, la chanson intitulée " La fille que j'aime " évoque un être parfait. T'arrive-t-il de rêver de l'être romantique idéal ?
C'est quelque chose qui m'est complètement inconnu… Cette chanson reste une histoire d'amour très naïve. Le thème de " La fille que j'aime " réside dans un sentiment ambigu, quelque chose d'abstrait et d'inaccessible. Que ce soit clair : la fille dont je parle dans cette chanson n'existe pas !
Pourtant, la thématique de cette chanson risque de toucher bon nombre d'auditeurs. Tout le monde s'interroge, se demande si l'être parfaitement complémentaire existe…
Pour moi, cette hypothèse n'existe pas. Je ne me suis d'ailleurs jamais posé cette question en écrivant la chanson. Personnellement, je considère que les rêves ne sont que mensonges. Et comme le souligne le refrain : " Je rêve de la fille que j'aime ", il ne s'agit que d'un songe, rien de plus…
Quand ton premier disque est sorti, la presse t'a vite collé une étiquette de " joyeux surréaliste " de la chanson française. Aujourd'hui, l'univers de Jeronimo est beaucoup plus terre à terre. Etais-tu conscient de cette évolution quand tu as composé 12h33 ?
Mon état d'esprit a changé : c'est indéniable. A la relecture des paroles du premier album, je me situais en retrait par rapport à mes propres textes et aux différents personnages que je décrivais. Et puis, il y a eu une tournée, des concerts, des rencontres, de nouveaux liens. Tous ces éléments ont engendré un ton nouveau. Au final, j'avais vraiment envie d'écrire un disque plus introspectif. Pour moi, ce nouvel album est plus romantique et désabusé que surréaliste ou cynique, c'est une certitude…
Tu voudrais paraître moins cynique… Pourtant, de nombreux titres prennent un joli bain de cynisme. Tes chansons s'inspirent-elles d'expériences personnelles ?
de différence par rapport au premier album qui n'était nullement autobiographique. Cette fois, la majeure partie de mon travail raconte des circonstances, des humeurs, des sensations, des impressions éprouvées dans différents contextes.
Drôle de réaction : tu connais un chouette petit succès et, paradoxalement, nous retrouvons un Jeronimo plus mélancolique, chantant des textes plus sombres. Nous étions pourtant en droit de nous attendre à des chansons euphoriques après ce premier essai, non ?
A chaque médaille son revers. Le premier album fut très passionnant et enrichissant mais la tournée qui s'en suivi fut très fatigante et dévastatrice à des niveaux plus personnels. J'ai énormément appris grâce au premier album : à répondre aux journalistes (sourires), à monter sur scène, à répondre à l'attente du public, à résister à de fortes pressions, etc. Mais à partir d'un moment, cette vie artistique a pris le pas sur tout le reste. Malheureusement, à l'époque, je ne suis pas parvenu à réprimer ce sentiment de lassitude. Quelque part, j'ai tenu à être honnête sur ce nouvel album et l'affirmer haut et fort au public : " Ecoutez les choses ne marchent pas comme elles le devraient: je préférerai en parler pour qu'elles s'améliorent ! "
Ressens-tu une sorte de pulsion thérapeutique lorsque tu interprètes les chansons de ton nouvel album ?
"... la vie d'un artiste n'est pas rose ! La presse a tendance à nous représenter comme des stars logées dans de grands hôtels de luxe. Mais en réalité, il t'arrive de dormir dans une camionnette ou à la belle étoile parce qu'un distrait a oublié de te réserver une chambre. La vie d'artiste, ce n'est pas que des paillettes…"
Cet album demeure une sorte de catharsis. J'ai essayé de coucher sur papier tout ce qui m'avais atteint pendant les deux dernières années de mon existence. Inconsciemment, j'ai certainement déclenché une sorte d'auto thérapie. Aujourd'hui, je me sens mieux. C'est donc que ça fonctionne! Pourtant, c'était réellement difficile. Des gars me croisaient dans la rue: 'Ouah, c'est génial ce qu'il t'arrive !' et inlassablement, je répondais : 'C'est chouette : j'ai perdu ma baraque, je suis complètement déboussolé mais c'est super…' En réalité, la première année d'" Une Vie Sans Toi " fut complètement euphorique et la deuxième restera à jamais gravée dans mon esprit comme une lente descente aux enfers… Sérieusement : la vie d'un artiste n'est pas rose ! La presse a tendance à nous représenter comme des stars logées dans de grands hôtels de luxe. Mais en réalité, il t'arrive de dormir dans une camionnette ou à la belle étoile parce qu'un distrait a oublié de te réserver une chambre. La vie d'artiste, ce n'est pas que des paillettes…
Sur la pochette de " 12h33 ", tu sembles même un peu triste…
Je suis tout seul dans une ville que je ne connais pas. Cette illustration résume assez bien mon état d'esprit de l'époque…
Ce disque marque-t-il un tournant dans la carrière de Jeronimo ?
Je l'espère de tout cœur ! Pour moi, " 12h33 " est un disque de transition. Et ce, pour plusieurs raisons : il n'a pas du tout été réalisé de la même façon que le premier, les paroles sont plus sombres et surtout, pour la circonstance fois, l'éternel petit groupe a eu son mot à dire sur toutes les chansons. Nous voulions éviter de retomber dans le même son et le même ton. Seul, j'aurais refait la même chose… Cette fois, on retrouve du folk, du jazz et du blues : c'est différent !
" Ce que nous ont laissé les vieux " est le titre d'une de tes nouvelles chansons. Ce n'est pas très gentil pour les vieux…
Je le sais… Mais il ne faut certainement pas interpréter ce titre au sens propre du terme ! Il s'agit d'une chanson réactionnaire. Soyons clairs : aujourd'hui, il convient de se couler dans le moule, de porter certains vêtements, de faire des activités de jeunes pour paraître jeune. Bref, nous vivons une sorte de chirurgie esthétique appliquée à la vie. Or, Jacques Brel, par exemple, soutenait que l'accomplissement d'une vie, c'est de vieillir. Il avait entièrement raison : la vie s'écoule et notre existence va dans ce sens là… Cette chanson s'assimile à une réflexion relativement vaste : c'est une interprétation socio-économique mais aussi musicale. Je pense notamment à tous ces vieux cons qui soutiennent ardemment que personne ne fera jamais mieux que les Beatles, que Pink Floyd ou que Bob Dylan. Je déteste cette attitude… Pourtant, je ne remets pas en doute l'immense talent de nos prédécesseurs mais je pense sincèrement que les artistes contemporains sont particulièrement doués…
Certaines de tes chansons respirent la " Belgitude ". " Moi je voudrais ", par exemple, nous procure cette légère sensation patriotique. Est-ce un sentiment voulu et recherché ?
En réalité, j'ai composé cette chanson à Montréal. En somme, on peut soutenir que lorsqu'on s'éloigne de la montagne, on aperçoit mieux son sommet. En écrivant cette chanson loin de chez moi, je me suis laissé davantage de liberté. Cette chanson n'est pas médisante : elle ne fustige aucunement notre pays. Actuellement, sur le plan international, la Belgique est meilleure en musique qu'en football. Alors, pourquoi s'en cacher ? Et puis, au regard de sa taille et de sa géographie, la Belgique rayonne énormément sur le reste du monde. En ce qui me concerne, je me suis vraiment rendu compte de cette situation à l'étranger. Dans le reste du monde, le Belge véhicule une image sympathique : celle d'un individu qui ne se prend pas trop au sérieux, une personnalité emplie d'autodérision et d'un certain sens de l'humour.
"Dans le reste du monde, le Belge véhicule une image sympathique : celle d'un individu qui ne se prend pas trop au sérieux, une personnalité emplie d'autodérision et d'un certain sens de l'humour. "
Le titre de ce disque suscite une dernière curiosité : Pourquoi avoir opté pour " 12h33 "?
J'ai retrouvé ce chiffre dans mes notes de travail. Je le trouvais beau… il était intriguant et sans signification profonde. Mais faut-il vraiment y apporter une explication ? Bon… (réflexion…) Alors, disons que c'est un simple équilibre entre le jour et la nuit !
Propos recueillis par Nicolas Alsteen
25 Sur internet : Conseil de la musique
http://www.conseildelamusique.be/main_frame.php?pos=ACROCHES&id=22
Jeronimo : l'heure mélancolique
C’est un Jeronimo transformé qui nous revient : finies les foucades des premiers temps et les délires joyeusement surréalistes. L’humeur s’est fait plus introspective et feutrée…
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@-croches : Que s'est-il passé dans la vie de Jeronimo entre la sortie de son premier album et celle de son nouveau disque?
Jeronimo : Sur le premier album, j’avais encore un job sur le côté… Aujourd’hui, ma vie a changé. Dans une certaine mesure, ma vie se construit autour de la musique. Je ne vis pas pour autant à 100 % de mon art mais j’y consacre désormais tout mon temps..
@ : Qui était Jeronimo avant de devenir chanteur ?
Jeronimo : Il était prof de guitare (rires…) Mais entre le prof et le chanteur, il existe une véritable frontière : ce n’est pas du tout la même approche de la musique ! Parfois, c’est étrange : mes élèves me manque ! J’en recroise certains à des concerts. Mais heureusement aucun ne me balance un reproche du genre : « tiens, tu nous as salement lâché… » D’ailleurs, lorsque l’histoire Jeronimo touchera à sa fin, je les retrouverai bien assez vite !
@ : Quand Jeronimo part en tournée, est-il triste loin de sa famille, de ses amis et de son entourage ?
Etonnement, je vais répondre non. La vie est tellement excitante en tournée que je ne ressens pas ce manque, cette sensation de vide. En réalité, il s’agit d’une existence très particulière : un peu concentrée, très exigeante et surtout, très fatigante. En tournée, nous vivons dans une sorte de bulle, hors de toute réalité commune. Bien sûr, certains moments sont plus difficiles, les journées n’en finissent plus et le soir, parfois, la solitude te menace... Mais dans l’ensemble, je ne me plains pas de ma vie en tournée…
@ : Sur 12h33, la chanson intitulée « la fille que j’aime » évoque un être parfait. T’arrive-t-il de rêver de l’être romantique idéal ?
C’est quelque chose qui m’est complètement inconnu… Cette chanson reste une histoire d’amour très naïve. Le thème de « La fille que j’aime » réside dans un sentiment ambigu, quelque chose d’abstrait et d’inaccessible. Que ce soit clair : la fille dont je parle dans cette chanson n’existe pas !
@ : Pourtant, la thématique de cette chanson risque de toucher bon nombre d’auditeurs. Tout le monde s’interroge, se demande si l’être parfaitement complémentaire existe…
Pour moi, cette hypothèse n’existe pas. Je ne me suis d’ailleurs jamais posé cette question en écrivant la chanson. Personnellement, je considère que les rêves ne sont que mensonges. Et comme le souligne le refrain : « Je rêve de la fille que j’aime », il ne s’agit que d’un songe, rien de plus…
@ : Quand ton premier disque est sorti, la presse t’a vite collé une étiquette de « joyeux surréaliste » de la chanson française. Aujourd’hui, l’univers de Jeronimo est beaucoup plus terre à terre. Etais-tu conscient de cette évolution quand tu as composé 12h33 ?
Mon état d’esprit a changé : c’est indéniable. A la relecture des paroles du premier album, je me situais en retrait par rapport à mes propres textes et aux différents personnages que je décrivais. Et puis, il y a eu une tournée, des concerts, des rencontres, de nouveaux liens. Tous ces éléments ont engendré un ton nouveau. Au final, j’avais vraiment envie d’écrire un disque plus introspectif. Pour moi, ce nouvel album est plus romantique et désabusé que surréaliste ou cynique, c’est une certitude…
@ : Tu voudrais paraître moins cynique… Pourtant, de nombreux titres prennent un joli bain de cynisme. Tes chansons s’inspirent-elles d’expériences personnelles ?
Oui, c’est une grande différence par rapport au premier album qui n’était nullement autobiographique. Cette fois, la majeure partie de mon travail raconte des circonstances, des humeurs, des sensations, des impressions éprouvées dans différents contextes.
@ : Drôle de réaction : tu connais un beau petit succès et, paradoxalement, nous retrouvons un Jeronimo plus mélancolique, chantant des textes plus sombres.
A chaque médaille son revers. Le premier album fut très passionnant et enrichissant mais la tournée qui s’en est suivi fut très fatigante et dévastatrice à des niveaux plus personnels. J’ai énormément appris grâce au premier album : à répondre aux journalistes (sourires), à monter sur scène, à répondre à l’attente du public, à résister à de fortes pressions, etc. Mais à partir d’un moment, cette vie artistique a pris le pas sur tout le reste. Malheureusement, à l’époque, je ne suis pas parvenu à réprimer ce sentiment de lassitude. Quelque part, j’ai tenu à être honnête sur ce nouvel album et l’affirmer haut et fort au public : « écoutez les choses ne marchent pas comme elles le devraient: je préférerai en parler pour qu’elles s’améliorent ! »
@ : Ressens-tu une sorte de pulsions thérapeutiques lorsque tu chantes les chansons de ton nouvel album ?
Cet album demeure une sorte de catharsis. J’ai essayé de coucher tout ce qui m’avais atteint pendant les deux dernières années de mon existence. Inconsciemment, j’ai certainement déclenché une sorte d’auto-thérapie. Aujourd’hui, je me sens mieux donc, c’est que ça fonctionne! Mais ces deux dernières années furent réellement difficiles. Des gars me croisaient dans la rue: «Ouah, c’est génial ce qu’il t’arrive !» et inlassablement, je répondais : «c’est chouette : j’ai perdu ma baraque, je suis complètement déboussolé mais c’est super… » En réalité, la première année d’«Une Vie Sans Toi » fut complètement euphorique et la deuxième restera à jamais comme une descente aux enfers… Sérieusement : la vie d’un artiste n’est pas rose ! La presse a tendance à nous présenter comme des stars qui dorment dans des hôtels de luxe. Mais en réalité, il t’arrive de dormir dans une camionnette ou à la belle étoile parce qu’un distrait a oublié de te réserver une chambre. La vie d’artiste, ce n’est pas que des paillettes…
@ : Sur la pochette de 12h33, tu sembles même un peu triste…
Oui, je suis tout seul dans une ville que je ne connais pas. Cette illustration résume assez bien mon état d’esprit à l’époque…
@ : Ce disque marque-t-il un tournant dans ta carrière ?
Franchement, je l’espère de tout mon cœur. Pour moi, 12h33 est un disque de transition. Tout d’abord, il n’a pas du tout été réalisé de la même façon que le premier. Ensuite, il y a des paroles plus sombres et surtout, cette fois, le groupe a eu son mot à dire et joue sur toutes les chansons. Il y a un mouvement dans ce disque. Je voulais à tout prix éviter le même son et le même ton et c’est certainement une des raisons pour laquelle j’ai demandé au groupe de m’aider. Seul, j’aurai refais la même chose… Cette fois, on retrouve du folk, du jazz et du blues.
@ : « Ce que nous ont laissé les vieux » est le titre d’une de tes chansons. C’est pas très gentil pour les vieux…
Oui, je sais mais il ne faut pas l’interpréter au sens premier du terme. C’est une chanson réactionnaire. Aujourd’hui, il convient de se couler dans le moule, de porter des vêtements ou de faire des activités de jeunes pour paraître jeune. Bref, c’est une sorte de chirurgie esthétique appliquée à la vie. Or, Jacques Brel soutenait que l’accomplissement d’une vie, c’est de vieillir. Il avait raison. La vie va dans ce sens là ! Cette chanson, c’est une réflexion relativement vaste : une interprétation socio-économique mais aussi musicale. Je pense notamment à tous ces vieux cons qui soutiennent ardemment qu’on ne fera jamais mieux que les Beatles, que Pink Floyd ou que Bob Dylan. Je déteste cette attitude qui consiste à soutenir que tout a été fait… Et je ne mets pas en doute l’immense talent de nos prédécesseurs mais je pense sincèrement que les artistes contemporains sont particulièrement doués…
@ : Certaines de tes chansons respirent la « belgitude ». Par exemple « Moi je voudrai » procure cette sensation patriote. Est-ce un sentiment recherché ?
J’ai écrit cette chanson à Montréal. On peut dire que lorsqu’on s’éloigne de la montagne, on l’aperçoit mieux. En écrivant cette chanson loin de chez moi, je pense que je me suis laissé plus de liberté. Cette chanson n’est pas méchante. Je ne fustige pas mon pays, loin de moi cette idée. De toute façon, la Belgique est actuellement meilleure en musique qu’en football. Alors, pourquoi s’en cacher ? Et puis, la Belgique est un magnifique terroir. Par rapport à sa taille et à sa géographie, je trouve que la Belgique rayonne énormément sur le reste du monde. Je me suis vraiment rendu compte de cette situation à l’étranger. Ce qui plaît beaucoup, c’est que le belge ne se prend pas vraiment au sérieux. Il y a toujours une autodérision chez nous. Celle-ci est très importante car cela fait entièrement partie de notre sens de l’humour.
@ : Pourquoi as-tu choisi « 12h33 » pour baptiser ton nouveau disque ?
J’ai retrouvé ce chiffre écrit dans les notes et je le trouvais beau… C’était intriguant et sans signification. Mais faut-il vraiment y apporter une explication ? Bon… (réflexion…) Disons que c’est un équilibre entre le jour et la nuit !
Jeronimo sera dans le cadre de la Fête de la Musique à Chimay, le samedi 18 juin
@liens
24 Sur internet : Dour . net
http://www.dourfestival.net/gourou.php?id=71
Jeronimo, L'indien des Sacrés belges
Ne reculant devant aucun sacrifice, j'ai rencontré le beau et sémillant Jeronimo, le nouvel Indien du rock Belge. Ca s'est passé l'autre soir après son fabuleux concert au Bota où le nouveau Cochise se livra vers 12h33 GMT+7 aux foules ébahies dans une de ces salles chauffées à blanc où naît, dans le bruit et la fureur, le rock du XXI° siècle. Ce fut un de ces grands moments qui transcendent la vie et dont je ne suis pas peu fier d'avoir été un des témoins privilégiés.
Super, le concert ce soir, Jeronimo !
Oui, j'avoue que j'étais pas mal. Surtout la chemise.
Racontez un peu pour nos lecteurs.
Y'avait de bonnes vibrations entre le public et moi. Lui, surtout. Le message est bien passé. Ce fut un grand moment de rock and roll. Quand j'ai repris a capella "We are the Champions" à la fin du set, ils étaient tous subjugués !
Vous faites du rock, Jeronimo ?
Bien sûr ! C'est pas parce que je suis un des « Sacrés belges » que je dois faire de la daube.
Justement, à propos de Sacrés belges, n'est-ce pas un fardeau un peu lourd à porter ?
En effet, il l'est. Sacré Belge c'est un peu comme un gros sac poubelle que tu descends le soir au container en bas de l'appart. Tu te languis d'arriver parce que c'est hyper lourd et que ça sent. Vous comprenez ?
Euh... pas vraiment.
Maintenant qu'on commence à me reconnaître en tant que chanteur de rock à part presque entière, je me sens aussi léger qu'un papoose qui s'apprête à faire sa danse du scalp sur le monde âpre et sans pitié du rock !
Pourtant votre succès n'est-il pas dû, quelque part, en grande partie à votre filiation avec Sacré belge ?
Ma quoi ?
Votre public vient surtout vous voir parce que vous êtes un Sacré belge, non ?
Bien sûr. Sacré belge, c'est quelque part une porte ouverte vers la célébrité. Mais qu'est-ce que la célébrité, hein ?
J'avoue, humblement, ne pas m'être posé la question.
Eh bien, je vais y répondre. La célébrité, c'est comme un sprint aux jeux olympiques. Tu gagnes en dix secondes. Par contre la reconnaissance d'un vrai talent, c'est comme le marathon, faut du temps.
Jolie métaphore olympique qui aurait sûrement plu au baron Pierre de Coubertin !
Qui ça ?
Celui qui a dit : "l'important c'est de participer".
Belles paroles, certes, mais fausses.
Ah bon ?
L'important c'est de gagner. Et j'ajouterai, si vous le permettez...
Je vous en prie, faites.
Gagner, oui, mais en sachant aussi attendre son heure. Le rock est une école de patience. Regardez un mec comme Peter Gabriel...
Il fait du rock ?
Je veux, oui. Eh bien, il a plus de soixante ans et c'est à peine si je commence à écouter ses disques.
Jeronimo, ce prénom, c'est en hommage au roman Davy Crockett ?
Davy Crockett ? Connais pas. Il a écrit quoi comme bouquin ?
C'est un personnage Américain et il traque Jeronimo.
Vous savez, je lis très peu. A part de temps en temps mon site officiel.
Vous avez un site ?
Ouais. Enfin c’est encore qu’un blog, mais il y a des photos et un compteur.
Ca me paraît intéressant.
Ca l'est !
Jeronimo, êtes-vous d'accord avec le sympathique mais néanmoins frisé chanteur Pierre Perret qui a dit : "Une chanson, ça s'oublie, comme le reste" ?
Vous savez, j'ai pas trop envie de discuter sur les dires d'un mec qui a sûrement pas un site officiel. En tout cas, je préfère affirmer à l'instar du grand Charles Trenet, visionnaire s'il en fut : "longtemps, longtemps, longtemps après que Jeronimo aura disparu, ses chansons courront encore dans les rues".
Je constate avec plaisir, Jeronimo, qu'en artiste du troisième millénaire, vous n'avez pas peur de surfez allègrement sur la modernité.
Quelque part, c'est ça aussi être rock and roll !
Ah bon ?
Oui. Un oeil tourné vers les racines, un autre bien ancré dans la tendance du présent et le dernier fixé sur la ligne bleue du futur.
Mais ça fait trois yeux ?
Vous croyez ?
Jeronimo, je me suis laissé dire que vous étiez originaire de la cité ardente. Qu'en est-il exactement ?
On vous mal informé. Je suis plutôt de Liège.
Arrêtez-moi si je me trompe, mais, Liège, n'est-ce pas cette ville où il y a des gaufres célèbres ?
Oui. D'ailleurs ça s'appelle les Gauf’ au suc’.
J'ai lu quelque part que le grand David Bowie avait composé une chanson pour vous. Est-ce vrai ?
Oui. Ca m'a fait super plaisir qu'un monument du rock français tel que lui comprenne que, quelque part, je suis son égal même si j'ai pas écrit une chanson comme "J’ai peur des Américains".
Et pourquoi donc ?
J'en vois pas l'intérêt je l’ai juste reprise.
Vous aimez ce que fait David Bowie ?
Je le connais peu en fait. Mais ma grand-mère était une vraie fan. Elle chantait toujours "Sufragette City".
Après elle ne chantait plus ?
Si. Elle chantait "Heroes".
Que pensez-vous du fait qu'on dise que vous êtes l'Arno du rock wallon ?
Je vois pas pourquoi. Bien sûr il a un accent et a les cheveux longs aussi mais là s'arrête la comparaison.
Comment ça ?
Primo, il chante en anglais. Secondo, il fait pas du rock. Tercio, il est trop BCBG pour me ressembler.
Justement question BCBG, je me suis laissé dire que tantôt vous avez fait un doigt d'honneur à un photographe dans une boîte de nuit de la belle province.
Où ça ?
Au Québec.
C'est vrai. C'est quelque part l'expression, toute en spontanéité, faut bien le dire, de mon côté rebelle.
Peut-on affirmer, que vous êtes en quelque sorte, primesautier ?
A dire vrai, je ne sais pas très bien. J'aurais un dico sous la main, je pourrais vous répondre. En tout cas une chose est sûre. Jeronimo, c'est pas forcément strass et paillettes, ça peut être aussi trash et casquette.
Jeronimo, quelles sont vos principales influences musicales ?
Front 242, Brian Eno, Bowie et bien sûr Anorak Supersport.
Ah bon ?
Absolument. Ils ont tellement bercé mon enfance que j'ai dû dormir longtemps. Quand je me suis réveillé, je voulais reprendre "I am afraid of the Americans" qui était ma préférée mais mon directeur artistique m'a fait comprendre que, quelque part, c'était assez risqué même en tant que chanteur de rock wallon.
Un dernier mot, Jeronimo, pour finir cette intéressante interview ?
Volontiers. En combien de lettres ?
Onze.
Euh... Collimateur ?
Pas mal. Merci !
Alors j'ai quitté Jeronimo, la tête pleine de tous ces instants magiques. Le silence avait gagné la rue maintenant vide de monde. Un vent d'automne tourbillonnant emportait sur l'avenue les feuilles mortes dans la nuit froide de l'oubli, tout doucement, sans faire de bruit et il paraît même que la mer efface sur le sable les pas des amants désunis. Certain d'avoir vécu quelque chose d'important, je suis rentré chez moi tout bouleversé et un sourire béat sur les lèvres. Ma tendre épouse Jeanine, qui plantait alors devant d6bel en buvant de la bière et bouffant des chips, en fut toute ésbaubie. Moi seul connaissait la vérité : un Indien sacrément Belge était passé et je l'avais vu !
23 Sur internet : Radio France internationale
http://www.rfimusique.com/siteFr/article/article_15472.asp
JERONIMO AUX NUITS BOTANIQUE
Deuxième album et nouveau projet
Bruxelles, le 06/05/2005 - Jeronimo, une des jeunes pousses belges, a mûri, depuis son premier album, Un monde sans moi. Au Cirque Royal, à Bruxelles, dans le cadre des Nuits Botanique (le 8 mai), il lancera vraiment 12h33, son deuxième opus, écrit tout au long de sa dernière tournée. Avec une surprise, un film de Mark Langoon. Entretien.
Tu sors à peine d'une tournée. Et déjà un album. Le genre de trucs que généralement les artistes ne font pas ?
J'ai écrit cet album effectivement durant la tournée. C'est venu tout seul. Pendant dix mois, je ne me suis pas arrêté d'écrire. Cela a donné des chansons extrêmement variées, qui juraient parfois les unes entre les autres. La chanson qui suivait disant tout le contraire de la précédente. Cela correspond bien à l'état d'esprit d'une tournée. Où tout change : les décors, l'ambiance. Des séquences très courtes, des moments très différents, des décalages.
Une fois l'inspiration passée, il a fallu quand même arranger le tout, en faire un album qui tienne la route ?
Cela n'a pas été facile. Si le déplacement facilite l'imaginaire, çà n'aide pas vraiment l'aboutissement. Travailler par intermittence n'est pas évident. La rigueur se perd un peu en tournée. L'enregistrement et l'écriture de l'album n'ont donc pas été faciles. Quand on revient au studio, on se dit "hou la la". La base, l'idée est bonne. Mais comment donner une direction à tout çà. Heureusement je n'étais pas tout seul. Le groupe a pris le relais. Sur certaines chansons, où j'étais dans le brouillard, il voyait plus clair que moi quelle option choisir.
Quel titre, par exemple, a été dur à accoucher ?
Les mains qui tremblent a failli ne pas voir le jour. Cette chanson est passée par tellement de formes différentes qu'il m'est difficile d'en retracer le chemin exact. Un temps abandonnée, on l'a retravaillée de fond en comble tous ensemble au studio pendant plusieurs jours, on a essayé plusieurs structures, plusieurs lignes de basse, ne parlons pas des guitares enregistrées en dernière minute. Chanson/cauchemar, j'ai cru ne jamais voir le bout. Tellement douloureuse à accoucher que je ne peux plus l'encadrer ! Elle démarre avec un pattern de piano de trois notes, joué en boucle et sur lequel la mélodie évolue. Elle devrait cependant être amusante à jouer sur scène...
12h33 tranche avec le précédent album, comment le définis-tu ?
C'est la première fois que je fais un deuxième album. Les textes du premier album étaient un peu détachés, moqueurs ou décalés. Celui-ci est plus mélancolique, plus doux, un peu plus rentré. Mais en même temps plus ouvert. Ce sont deux univers, assez complémentaires. Le premier, je l'ai fait tout seul. Celui-ci a été un travail de groupe. On l'a fait à quatre. Cela permet d'aller au plus profond de soi. Quand on est plusieurs, on ne cale jamais. Cela ne perturbe pas tes premiers fan(e)s . ?
J'aime bien la façon dont ça se passe. Cet album ravit, surprend ou déçoit tout à la fois. Certains n'aiment pas et me l'ont déjà dit. D'autres qui ne me connaissaient pas me découvrent. C'est un peu la vie. D'ailleurs j'ai déjà en chantier le troisième album. L'écriture est déjà commencée. Il sera réalisé dans le même esprit. D'être une sorte de contrepoint. Un album fois mixé, peut devenir un peu ennuyeux, c'est déjà une relique. J'ai besoin de neuf et j'embraye différemment. Même si je sais que je vais chanter. Que ces morceaux vont, sur scène, vivre une vie de façon différente.
Tu as choisi de présenter un film au Cirque Royal. La présence d'images sur scène, c'est un hasard, une volonté ou as-tu décidé de virer cinéaste ?
En fait, une fois les chansons quasi achevées, je voulais chercher de l'image. On est donc parti à New York, cet hiver, à trois, le producteur, le réalisateur - Mark Lagoon -, et moi à la prise de son. Au hasard. Sans vraiment de scénario. Je marche dans cette ville que je ne connais pas. Dans Manhattan surtout. Ce décor nord-américain qui m'a accompagné longuement résonne un peu comme un écho de ces longs mois passés en tournée, notamment au Canada. Il y a des prises, des monologues assez monomaniaques et aussi des inédits. Cela donne une unité aux morceaux. Il y un relais entre l'image et le son, entre le carnet et les notes. Comme un long clip de 25 minutes.
Tu le projetteras durant le concert, entre tes chansons, comme justement un clip .
Non ce sera plutôt une première partie, indépendante, autonome en soi, sorte d'introduction au concert. D'ailleurs, la dernière goutte du film achevée, on démarre illico. Avec mes comparses de la première heure : Thomas Jungblut à la batterie, Sacha Symon à la basse et Fools au clavier.
Jeronimo 12h33 (Anoraksupersport) 2005
Nicolas Gros-Verheyde
22 Dans Millenews magazine
Jéronimo
Il faut tourner L'Apache… (*)
Notre Indien préféré nous donne rendez-vous à 12h33, pour un deuxième album qui sent le jetlag, le tarmac et l'errance des sentiments.
"12h33" a été presqu'entièrement composé, pendant la longue tournée "Un Monde sans moi", qui a baladé Jérôme et son éternel petit groupe pendant plus de deux ans sur les routes de Belgique, de France, de Suisse, d'Espagne, et sur les highways canadiennes. Bars, camionette, chambres d'hôtels… des ambiances contrastées, des états d'âme parfois contradictoires et autant d'images, de souvenirs et de ruptures qui habitent un album au charme singulier.
Trois ans après le succès de "Un Monde sans moi", le premier album de Jéronimo, ce nouvel opus était bien évidemment attendu au tournant. Les oiseaux de mauvais augure qui prédisaient un copier-coller de "Un Monde sans moi" peuvent aller se faire plumer ailleurs.
"12h33" prend en effet de nouvelles directions. Plus mélancolique, plus acoustique aussi, et surtout plus intime, cet album révèle un jeune trentenaire égratigné par la vie.
Les textes très second degré et les guitares électriques omniprésentes dans "Un Monde sans moi" posaient un contre-pied jubilatoire à un ton déjà mélancolique. Ici, sous ses mélodies enjouées et ses rimes faussement naïves, Jérôme Mardaga lèche ses plaies et pousse des coups de gueules salutaires. A l'arrivée, 12 chansons toute simples, écrites à l'instinct et à hauteur d'homme.
Musicalement, le Liégeois calme le jeux et explore de nouveaux territoires. Enregistré en grande partie à Liège dans des conditions proches du live, l'album s'aventure vers une couleur plus acoustique et plus dépouillée. Ballades folk et blues vintage côtoient des ambiances plus rock et d'audacieuses envolées planantes, qui ne sont pas sans évoquer les dernières productions d'Ozark Henry.
Si "12h33" est plus chanté que l'album précédent, on retrouve sur certains titres, comme "Tous les gens que tu aimes vont mourir un jour" le fameux style "chanté-parlé" jéronimien. On retrouve aussi des chansons "listes", où Jérôme balance ses rêves gamins et ses mauvaises humeurs dans de plaisants inventaires à la Prévert. Le guilleret "Moi je voudrais", avec ses petits airs à la Iggy Pop, entre tout de suite dans l'oreille, et ferait un lumineux single pour cet été. "Je vais tout plaquer sauf toi", avec ses beats entêtants empruntés à U2, est plus dans le ton du premier album, mais son texte fourmille de jolies trouvailles que ne renierait pas Monsieur Dutronc himself.
Dans "De l'autre Côté de la Mer", Jérôme envoit un message d'amour touchant de simplicité à son amoureuse d'autrefois. Pour moi la chanson la plus réussie de l'album.
Côté blues, Jérôme adapte "Corinna, Corinna", un negro spiritual des années 30, déjà repris par Bob Dylan. Sa version "home studio" est singulièrement émouvante dans ses petites imperfections.
A l'image de la photo de cover où Jérôme nous regarde dans les yeux, un peu sombre, un peu floue…
A l'image de "12H33", un très bel album, éclectique, sensible et tellement humain.
"12H33" est sorti en édition limitée avec un très joli livret. Une sorte de petit scrapbook dans lequel Jérôme a réuni des souvenirs de la tournée au Canada, des manuscrits, les textes et ses commentaires sur les chansons, et de très belles photos issues du film tourné en super 8 à New-York et à Coney Island.
Ce portrait signé Mark Lagoon, sera diffusé lors de l'exceptionnel concert son et image que donnera Jéronimo le 8 mai au Cirque Royal (dans le cadre des Nuits Botanique).
(*) titre de Jean-Luc Fonck, merci Jean-Luc ;-)
Cat Avril 2005
Jéronimo, "12H33" (Anorak Supersport – Bang!)
21 Sur internet : Webzine nameless
http://www.webzinenameless.net/chroniques/chronique.pl?20050421010446
jeudi 21 avril
J'attendais le deuxième album de jeronimo avec l'impatience d'un écolier. Si bien que je ne savais plus que faire losqu'il est sorti. Puis le voilà, dans mes mains. Waw ! me dis-je, épaté. Puis je le mets doucement, avec la délicatesse d'un écolier, dans mon lecteur. Puis je rigole un peu et je pleure un peu aussi.
Puis vient le temps des bilans. À vrai dire, si je devais me prononcer ici, je partirais du côté d'un bilan en demi-teinte. L'esprit jeronimo est toujours là, plaisant à souhait avec ses airs aigres-doux qui font plaisir aux oreilles et mal au coeur, ses petites mélodies introspectives qu'il balance au grand jour. Mais d'un autre côté, j'ai bien l'impression que l'ami Jérôme a perdu quelque peu de sa fougue et de sa hargne qui rendaient son premier album si touchant. Certes, si des morceaux comme Tous les gens que tu aimes vont mourir un jour, moi je voudrais ou je vais tout plaquer sauf toi plaisent directement, accrochent et tout et tout, le reste de 12h33 me paraît assez plat par rapport à son prédécesseur. Fini les jolies balades amères à la sarah ou si j'avais une fille. Et on est d'ailleurs encore moins convaincu par un morceau comme comme par miracle, qu'on dirait teinté d'une illumination mondialiste, ou pour partir, inspiré (trop ?) de l'esprit mogwai. Et puis je termine alors ma journée un peu tristounet. Et je me repasse en boucle un monde sans moi, en attendant les prochaines aventures du copain Jérôme, parce que c'est toujours l'impression qu'il me donne avec ces jolies chansons.
+ Site web : http://www.anoraksupersport.com/index.php?rub=jeronimo
fred
20 Sur internet : Conseil de la musique
http://www.conseildelamusique.be/index.php?pos=BAA
Jeronimo
Biographie
A l’aube de l’an 2000, du côté de Liège, Jérôme Mardaga empoigne sa guitare. En solitaire, il gratouille quelques accords, chantonne et s’invente un monde parallèle où le décalage est roi. Un an plus tard, Radio 21 diffuse un jeune talent sur ses ondes. Son nom : Jeronimo ! Repéré par le label indépendant Anorak Supersport, le garçon s’offre une session d’enregistrement et s’entoure d’un éternel petit groupe, trio élaboré autour d’une basse, d’une batterie et d’un clavier. L'album " Un monde sans moi" sort en Belgique en avril 2002, précédé par le single " Ma femme me trompe" où le chanteur clame haut et fort "qu’ il est sûr que sa femme le trompe mais qu’il tient bon" ! La Belgique s’est découverte un nouveau surréaliste. Accueilli en grandes pompes par la critique, ce premier disque touche un large public, séduit par ces histoires tragi-comiques aux doux relents de belgitude.
Les portes des plus grand rendez-vous s’ouvrent pour Jeronimo. C’est le temps des concerts au festival de Dour, aux Nuits du Botanique, au Printemps de Bourges, aux Francofolies de Spa… Le succès conduit le formation à se produire loin de nos frontières : en Suisse, en Espagne, au Canada où une large audience succombe aux charmes de ses comptines faussement désabusées. De retour de cet étonnant périple, Jeronimo est invité à assurer les premières parties d’Indochine pour de nombreuses dates hexagonales. L’excursion se poursuit.
C’est au long de ces différents voyages que s’est écrit et enregistré, souvent dans des conditions Live, " 12h33 ", deuxième album de Jeronimo. Plus sombre et mélancolique, ces 12 nouveaux titres n’en demeurent pas moins visionnaires. Aujourd’hui, dans le monde de Jeronimo, les guitares acoustiques se disputent avec leurs cousines électriques et diffusent des compositions bercées de mélancolie et d’insouciance.
Composition de " l’éternel petit " groupe:
Jeronimo : Voix, guitare, basse, clavier, harmonica
Thomas Jungblut : Batterie
Sacha Symon : Basse
Fools : Claviers (ingé son)
19 Sur internet : Antipode
http://www.antipode.be/billet/billet.php?id=MUSIQ&id_billet=715
JERONIMO CONFIRME AVEC SON DEUXIEME ALBUM
Son pseudonyme scénique évoque les indiens d'Amérique mais JERONIMO est d'origine liégeoise. Avant une prochaine tournée, l'artiste se rappelle à nous avec "12H33" son nouveau disque.
Fort du succès public de son premier album "un monde sans moi" sorti il y a 3 ans, le liégeois JERONIMO a défendu son disque sur scène aux quatre coins de la francophonie. Cette vie de saltimbanque en tournée ne l'a cependant pas empeché de composer les titres de son tout nouvel album, l'excellent
"12h33".
Enregistré à Liège, l'album "12h33" permet à Jeronimo d'explorer de nouvelles contrées musicales. Dans un style plutôt accoustique et relativement dépouillé, Jeronimo se veut beaucoup plus mélancolique que sur
son premier album. Alternant ballades folk et compositions plus rock,Jeronimo s'expose d'avantage sur un disque très second degré côté textes et finalement très instinctif.
Jerome Mardaga a manifestement pris du plaisir à composer la quasi totalité des chansons de "12h33" se contentant d'une reprise intimiste de "Corinna Corinna", un negro spiritual des années 30.
Un second album solide pour le liégeois qui s'aventure sur scène au Cirque Royal le 8 mai prochain. Immanquable.
Auteur:
STEPHANE HAUBIN
Date de diffusion:
19/04/2005
18 Sur internet : Bloc note de musique
http://membres.lycos.fr/blocnotedemusique/wordpress/?p=23
12h33: JERONIMO à la bonne heure
Lundi Mars 28th 2005, 16h07
Classé dans: albums
Comme je vous l’annonçait il y a quelques jours, le deuxième album de Jeronimo (Jérôme Mardaga de son vrai nom) est arrivé dans les bacs…et il ne recèle que des bonnes surprises à commencer par ce livre offert dans la version collector qui, outre les paroles des chansons, reprend également les commentaires de l’auteur sur les conditions de leur création, des anecdotes et de magnifiques photos en noir et blanc.
Suite au beau succès remporté par son 1e album "un monde sans moi" vendu a quelques 25 000 exemplaires dans toute la francophonie, JERONIMO revient donc en force avec 12 histoires qui sentent bon le vécu et qui trahissent une certaine désillusion sur notre époque actuelle. La très réussie ce que nous on laissé les vieux est à ce sujet très explicite
Tout le monde est malheureux/c’est écrit dans nos yeux (…) ce que nous ont laissé les vieux c’est qu’il faut être courageux.
Le ton de l’album se veut tantôt nerveux (j’vais tout plaqué sauf toi) tantôt pop irrésistible (Moi je voudrais véritable tube en puissance) avec des accents d’harmonica Dylaniens qui fonctionnent à merveille.
Le talent de Jérôme est indéniable, son univers exaltant quoiqu’un peu morose. La chienne de Baïkonour que l’on avait découvert sur scène est présente sur ce disque qui laisse dérrière lui l’humour très présent dans le 1e album pour nous offrir un monde plus réaliste et désenchanté.
Pour partir cloture magnifiquement ce voyage musical et humain par une envolée instrumentale digne de Pink Floyd.
Les Nuits Botanique nous proposeront de découvrir ses nouvelles chansons avec nos yeux puisque ce concert sera accompagné du portrait filmé par Mark Lagoon durant l’enregistrement de 12h33 comprenant des inédits et des versions acoustiques. A ne pas manquer le dimanche 8 mai prochain au Cirque Royal!
17 Sur internet : Dahlia
http://www.20six.fr/Dahlia/archive/2005/03/
C. Jérôme
J’écoute Buzz, l’émission de Jérôme Colin sur Pure FM, et je me dis que ce type a vraiment trop la classe. Comme si le prénom Jérôme était un gage de talent dans le milieu du rock! Et je ne dis pas ça qu’en référence à Jérôme Delvaux, la fine plume du web, je pense aussi à Jérôme Mardaga, qui vient de sortir un excellent nouvel album. Je n’ai jamais trop aimé la musique chantée en français, mais Jeronimo fait vraiment fort avec "12h33". Est-ce une transmission de pensée, à l’instant où j’écris ces lignes, Jérôme C. décide de diffuser "Les mains qui tremblent" l’excellentissime nouveau single de Jérôme M. dont a récemment parlé sur le site de Jérôme D., comme dans toute la presse d’ailleurs. Ceux et celles qui suivent la scène belge depuis longtemps se souviendront peut-être d’un autre Jérôme D. : Jérôme Danthinne, frère du chanteur de Showstar qui fut en son temps leader de Hudson, groupe rock, provocateur juste comme il faut, dont on n’entend malheureusement plus parler. Je ne pense pas encore à avoir des enfants, mais si un jour j’ai un fils, j’ai déjà une petite idée de prénom bien rock’n’roll...
Auteur : Dahlia Dans : Ma page d'accueil
16 Sur internet : Wallonie,Bruxelles musiques
30/03/2005
12h33, le nouvel album de Jeronimo, classé dans l'ultratop dès la première semaine
Eh oui, 12h33, c'est le titre du nouvel album de Jeronimo! C'est sur les routes de Belgique, France, Suisse, Espagne et du Canada que Jérome Mardaga et ses complices ont écrit et enregistré ce nouvel opus. Il en résulte 12 nouvelles chansons très différentes les unes des autres. Le ton est plus introverti, plus mélancolique, plus acoustique.
12h33: Anorak Supersport - Bang !
http://www.anoraksupersport.com
Jérôme Mardaga (chanteur), Thomas Jungblut (batterie), Sacha Symon (basse) et Fools (ingé-son)
15 Sur internet : Soundoo
http://www.soundoo.com/listen/en/view_artist?artist=10574
Jeronimo
L'influence du rock anglo-saxon est une constante dans le son de Jeronimo. Son chant rappelle Diabologum, avec la capacité d'être doux et mélodieux par moment.
Jeronimo a commencé comme un groupe à lui tout seul, bien qu’il soit entouré de Sacha Symon et Thomas Jungblut sur scène, Jérôme Mardaga, de son vrai nom, a voulu mener à bon port un projet dont il est le seul maître à bord. Vu le succès de son premier quatre titre « Ton éternel petit groupe » Anorak Supersport a donné carte blanche à Jeronimo pour la réalisation de son premier album, « Un monde sans moi ». L’album sorti, Jeronimo a tourné de plus en plus en Belgique, avant d’attaquer la France avec entre autres dix dates en première partie d’Indochine. 2003 sera donc marqué par une grosse tournée, passant aussi par la Suisse, le Canada, l’Espagne...
Après une année 2004 dédiée principalement à la composition d’un nouvel album, Jeronimo nous revient en 2005 avec ce nouveau bébé, baptisé « 12h33 » et auquel cette fois tout le groupe a participé. Gageons que le succès sera à nouveau au rendez-vous. Le premier single « Les mains qui tremblent » a été Fresh sur Pure Fm dès sa sortie, un bon début !
- kettch -
http://www.soundoo.com/listen//view_cd/?cd=573
Le nouvel album si impatiament attendu est arrivé!
C’est au printemps 2002 qu’est sorti « Un Monde Sans Moi » premier album de Jeronimo, projet solo de Jérôme Mardaga. Presque entièrement réalisées seul à la maison, les 12 chansons tragicomiques qui peuplent le disque emmèneront, Jérôme, Thomas Jungblut (batterie), Sacha Symon ( basse) et Fools ( ingé-son) sur la route pendant deux ans.
Après la Belgique, l’album sort successivement au Canada ( YFB), en Suisse ( Rec Rec), en Espagne (GreenUFO) et en France ( Capitol)
Le groupe part défendre ses chansons dans chacun de ces pays et se bâtit très vite une solide réputation scénique, délivrant une version du disque très énergique.
12H33 a été écrit tout au long de ces voyages, puis enregistré dans la foulée tous ensemble, pour une bonne part dans des conditions « Live ».
Jérôme a assuré une grosse partie de la production tout en restant ouvert aux impressions du groupe. Il en résulte 12 nouvelles chansons très différentes les unes des autres. Le ton est plus introverti, plus mélancolique, plus acoustique. 12h33 a déjà voyagé jusqu’à Mahathan et Coney Island pour la camera de Marcello Dellamare.
ATTENTION: édition limité incl. livre et vidéo track jusqu'à épuisement du stock!
14 Sur internet : ULg
http://www.ulg.ac.be/divertimento/CCSeraing/Jeronimo20050426.html
Jeronimo - 12h33
Nouvel album – Aide à la création
Après l’album « Un monde sans moi » et une formidable tournée qui s’en est suivie (Belgique, France, Canada, Suisse, Espagne…), ce trio nous revient avec un nouvel album qui est le fruit d’un véritable travail de groupe.
« 12h33 » évolue dans des teintes plus introverties que l’album précédent, évoquant pêle-mêle : solitude, errance, disparition et mauvais sommeil… « Je voulais un disque qui soit à contre-pied de son prédécesseur, tant dans sa réalisation que dans son contenu, avec un son plus ample, plus "live", et l’objectif est atteint ».
13 Sur internet : Netecho info
http://www.netecho.info/lifestyle/artikel_detail.asp?a=%7B2BB38776-37B5-4B2E-81C8-329215F4B592%7D
CD-KRITIK
Jeronimo wurde im Frühling 2002 mit dem mutigen »Un monde sans moi« in der Frankophonie entdeckt. Der Songwriter aus Lüttich war so zynisch, dass man gar nicht an ihm vorbeikam. »12h33« ist nun das zweite Werk von Jérôme Mardaga.
Der 32-Jährige hat in den zweieinhalb Jahren seinen musikalischen Horizont erweitert. Bluesiger Bob Dylan, Eno und Lanois sowie manchmal trockener Rock bilden das Gerüst einer abwechslungsreichen Platte. Textlich bleibt er seinen ersten Schritten treu. Jeronimo wird wohl mit dem nächsten Album seinen Status als talentierter Songwriter definitiv gefestigt haben.
Jeronimo, 12h33
12 Sur internet : Music in Belgium
http://www.musicinbelgium.net/pl/modules.php?name=Reviews&rop=showcontent&id=694
JERONIMO - 12 h 33
L’album tragicomique « Un monde sans moi » (2002) a eu un grand succès d’estime et a mené Jérôme Mardaga et son « petit groupe » composé de Thomas Jungblut, le batteur, Sacha Symon, le bassiste, et Fools, l’ingénieur du son, au Canada, en Suisse, en Espagne et en France.
C’est au cours de ces voyages qu’ils ont préparé en grande partie le nouvel album intitulé « 12 h 33 », au climat plus sombre, au ton plus introverti et à la couleur plus acoustique. Enregistré à Liège pratiquement en direct, il reflète les sentiments ressentis pendant cette longue tournée, notamment la solitude et la perte d’êtres chers. Ce qui frappe surtout, c’est la sincérité de la démarche de cet album très personnel.
« La fille que j’aime » est une très belle ballade acoustique faussement naïve, semblable à celles de l’ album précédent. Il s’en dégage une atmosphère très nostalgique empreinte d’émotion qui oscille entre rêve et réalité, alors que l’on passe progressivement de l’acoustique à l’électrique. Autre ballade mélancolique, « Avoir un petit » analyse avec beaucoup de sérieux et de manière très sensible le thème de la parenté, mélange de joies et de soucis, de quoi changer une vie. On y aborde aussi en filigrane l’évolution dans la répartition des rôles au sein de la famille. Plus noir, « Tous les gens que tu aimes vont mourir un jour » parle de l’incommunicabilité, de ses conséquences néfastes et de la méthode des essais et des erreurs que l’on utilise pour parvenir à échanger avec autrui, lot commun des cobayes que nous sommes tous à des degrés divers. « Corrina, Corrina », negro-spiritual adapté par Jérôme Mardaga, est la chanson introspective d’un amour malheureux, où l’homme ne peut se détacher de l’être aimé. Comme c’est souvent le cas, la méthode utilisée pour attirer la belle est à la fois touchante, naïve et parfaitement inutile. « Moi je voudrais », avec des riffs qui évoquent « The Passenger » sur l’album « Lust For Life » d’ Iggy Pop, est un pied de nez à la morosité ambiante, une demande pressante qui prend le contre-pied de ce qui est demandé d’habitude et qui traduit toutes les frustrations que l’on peut avoir à des moments différents et à des degrés divers, sans établir de hiérarchie ni de priorité dans le temps. Sorte de rupture avec le passé, basé sur l’introversion, « Je vais tout plaquer sauf toi » passe en revue, par l’absurde, ce qui est essentiel, par l’énumération de tout ce qui est inutile ou nous empoisonne la vie. Ballade mélancolique entre toutes, « La chienne de Baïkonour » est une évocation de la petite chienne sacrifiée pour la recherche spatiale. A l’époque, on a mis l’accent sur l’exploit technique sans se soucier du sort d’une bête inoffensive. Cela fait rêver le poète qui sommeille en Jérôme Mardaga. Tout le monde est malheureux est le thème de « Ce que nous ont laissé les vieux », critique acerbe de l’égoïsme ambiant et de l’insouciance des parents pour les générations futures. Entre l’indécision et les interdits, ce qui reste est sans utilité et rend malheureux. C’est un constat sans appel d’une génération déboussolée sur un thème à la mode. Egalement très sombre, « Les mains qui tremblent » évoque le souvenir de l’être cher. Celui-ci, indélébile, rend la vie difficile quand son souvenir ranime les images d’un passé que l’on croyait révolu. Ruminer pendant des heures les périodes heureuses fait souffrir davantage encore. « De l’autre côté de la mer » possède une très belle mélodie et a des sonorités assez proches de celles de l’album d’Ozark Henry, « The Sailor Not The Sea ». Jérôme Mardaga y évoque magistralement celle qui lui a été chère et dont il est séparé, en utilisant des subterfuges pour mieux s’en souvenir. On n’en sort pas complètement indemne. Très doux, « Comme par miracle » est une critique des croyances qui rassurent les personnes peu sûres d’elles-mêmes. Leur seul résultat est de générer la peur. Se libérer de la peur rend la vie plus belle.Enfin, l’ambitieux « Pour partir » termine ce très bel album. Uniquement instrumental, plus violent, musicalement très riche, c’est sans aucun doute vers ce morceau que convergent tous les autres, dans un crescendo presque imperceptible mais bien réel. Tout y est : l’envoûtement créé par les synthés, le jeu de la basse et les martèlements hypnotiques de la batterie, les sonorités intemporelles et irréelles sorties d’un tourbillon sonore troublant et une fin énigmatique qui laisse perplexe et renvoie à soi-même. Un vrai petit chef-d’œuvre.
Cet album magnifique, en nette évolution par rapport au précédent, qui baigne dans un climat noir, dont il est difficile de se détacher, est à prendre avec de la distance et n’est pas recommandé aux personnes dépressives. Quelle noirceur ! Mais que c’est beau !
Pays: BE
Anorak Supersport / Bang! autoproduction
Sortie: 2005/02/25
Ajouté: 10-Mar-2005
Critique: MM
Score: ****
11 Sur internet : Le site "une derniere pour la route "
http://www.unedernierepourlaroute.com/npds/article.php?sid=157&&thold=0">
Posté le Vendredi 11 mars 2005 @ 19:02:08
Francois écrit "Nous attendions avec impatience l'arrivée du nouvel album de Jeronimo, son deuxiième album studio. Et c'est l'album de la rupture, mais plutot l'album de sa rupture!
Premier commentaires et photos ...
En effet, à travers pas moins de 6 chansons et à travers des textes, simples, directs, Jeronimo nous évoque la rupture avec son ex. Textes mélancoliques, tristes, durs parfois, mais souvent proches de notre quotidien, de nos quotidiens! Jeronimo nous livre un album peronnel, très personnel même. Une mise à nu profonde qui nous donne la chair de poule, tellement elle est sincère!
C'est aussi un album de rupture - 12H33, entre l'avant-midi et l'après-midi - pour la Belgique avec des paroles " Le coq wallon à l'hexagone, la Flandre pour les flamands, Bruxelles à DHL, et la Belgique au plus offrant" mais teinté d'espoir au conditionnel avec "Moi, je voudrais". Pensées faisant écho à merveille de nos états d'esprit. Chanson de rupture encore ou coup de gueulle vis-à-vis de nos ainés avec "Ce que nous ont laissés les vieux". Qui, un jour, n'a pas voulu dire çà à nos vieux?
Et la musique dans tout cela vous allez me dire! L'album est fort varié! Avec des ballades, du folk, de la country! Mais sans tomber dans les travers du folk-country! Rock-n-roll avec "Tous les gens que tu aimes vont mourrir un jour" et "Je vais tout plaquer sauf toi". Un chanson à la Dylan " Ce que nous ont laissé les vieux" et un tube assurèment " Moi je voudrais". Le final " Pour partir" est un instrumental splendide! Résumant l'état d'esprit de l'album : Rupture, envie de fuite, mélancolie et espoir.
Simples regrets, l'album est assez triste. Mais dans son ensemble, l'album est superbe avec des textes légers,simples et précis et une musique tout en évolution et un hit en puissance qui vous fait pleurer de joies! "Moi je voudrais" que tout le monde décrouvre Jeronimo.
10 Sur internet :Belgorock
Ca y est, l´annonce est cette fois datée et définitive, Jeronimo sort son second album ce 25 février 2005 ! Le second opus du liégeois s´appellera "12h33" et sera accompagné d´un livre pour les plus rapides acheteurs d´entre vous !!!
Quelques mots de présentation de Jérôme lui-même :
"-12h33- a été écrit loin de la maison, entre camionette et chambre d´hôtel, entre scènes et décalages horaires. J´ai essayé d´y décrire les impressions vécues pendant ces deux années sur la route avec le groupe. Deux années, pendant lesquelles mon quotidien, base de mon inspiration pour les paroles, a radicalement changé.
J´ai demandé au groupe de m´accompagner activement dans le processus de création du nouveau répertoire, ainsi nous nous sommes retrouvés tous ensemble à plusieurs reprises au HautRegardRecording Studio afin d´élaborer ce nouvel album. Je me suis occupé de la production tout en restant ouvert aux impressions de Thomas (batterie), Sacha (basse) et Fools ( ingé-son). C´est ce dernier qui a enregistré une grande partie de notre travail tout en soumettant de nombreuses idées d´arrangements.
12h33 évolue dans des teintes plus introverties que son prédécesseur, évoquant pêle-mêle : solitude, errances, disparition et mauvais sommeil... Je voulais un disque qui soit à contre-pied de son prédécesseur, tant dans sa réalisation que dans son contenu, avec un son ample, plus "live", et l´objectif est atteint" Jeronimo (Jérôme Mardaga).
Mais pourquoi un livre avec l´album ?
Ce que Jérôme ne vous dit pas, c´est qu´au delà d´un contenu plus personnel, il a également désiré un écrin personnel. La musique de Jeronimo évoque des images... son album sera lui-même habillé d´images ! Ces deux dernières années, Jérôme a beaucoup voyagé, nottamment à New York où il s´est laissé porté, au côté de Marco Laguna, Camera Super 8 au poing... Pas de scénario, pas d´itinéraire précis, juste l´envie d´être envouté par la ville. C´est ainsi qu´elle a révélé le meilleur d´elle même, des couleurs, des mouvements, des lumières qui reflètent en partie l´univers de Jeronimo et inévitablement donc l´ambiance du disque...
La pochette de l´album sera donc extraite de ces images , le moyen- métrage sera quant à lui projeté plus tard, lors d´une occasion de taille...
Le livre qui accompagnera -12h33- contiendra les paroles des chansons, des commentaires, des photos prises à New York et quelques surprises. Il accompagnera l´édition limitée de l´album.
9 Dans telemoustique : Culture club 23/02/2005
A la tête de son "éternel petit groupe de merde", le Liégeois Jérôme Mardaga a réussi à imposer ses textes tragi-comiques et une pop clairvoyante. Témoin d'une vertigineuse descente aux abîmes, son nouvel album dévoile une facette plus sombre de sa personnalité.
Le déclic ne s'est produit qu'à la fin. Lorsque nous avons mixé LA FILLE QUE J’AIME, la dernière chanson de l’album, j’ai enfin vu la lumière. Jusqu’alors, c’était comme si je n’avais pas osé plonger dedans, par peur sans doute de me noyer ; Heureusement, les membres du groupe étaient là pour m’apprendre à nager.
Vu de l’extérieur, le Liégeois Jérôme Mardaga a tout pour être heureux. Apprécié des médias et du public, « un monde sans toi », premier album de son groupe Jeronimo, a fait son petit bonhomme de chemin ( 20.000 exemplaires vendus, tous pays confondus) et lui a permis de tourner partout chez nous, mais aussi en France, en Suisse, en Espagne et au Canada. Considéré bien malgré lui comme l’exemple à suivre en Communauté française, Jeronimo a été emporté dans un tourbillon, grisant certes, mais dévastateur. »Je sortais de douze années de concerts sans public dans la salle. Et là, tout d’un coup, ça marchait. J’ai connu une phase euphorisante, mais les six derniers mois de la tournée ont été catastrophiques. Je récitais mes textes et mes réponses aux interviews par cœur, je me lassais de mes chansons, j’étais saturé. »
« Notre meilleur concert, nous l’avons donné à Rimouski, au Canada, en avril 2003. Dans un froid polaire, nous avions longé le fleuve Saint-Laurent pendant six heures avant d’arriver dans ce club pour une première partie d’un artiste local. Nous avons joué devant 100 personnes. C’était génial, parfait. Je me disais : « Voilà pourquoi je fais de la musique ». Le pire souvenir, c’était plus tard lors d’un show à Brest. Lorsque je suis monté dans la bagnole pour y aller, je sentais que je n’avais plus aucune énergie. Il faut savoir parler de l’envers du décor. Dire aux groupes débutants que la vie en tournée n’est pas toujours rose. On passe par de grands moments, mais on est aussi plongé dans la solitude. »
Enregistré au studio Hautregard, près de Liège, « 12h33 », le nouvel album du groupe, n’est pas un disque joyeux. Mais c’est un disque vrai, sincère, émouvant. »Pendant toute la phase d’enregistrement, j’étais terrassé par le doute. Je savais que j’étais attendu au tournant, qu’on allait comparer mes nouveaux morceaux avec ceux qui se trouvaient sur mon premier album. Sur un plan privé, 2004 a été une année noire. J’ai perdu des proches. J’ai éprouvé aussi beaucoup de mal à passer la trentaine. L’autre jour, un gars m’a même traité de vieux con, à 32 ans (rire).J’aurais pu gommer toutes ces pensées sombres de mon nouveau disque. J’ai préféré tout laisser. »12h33 »est un album aux textes plombés qui est le reflet de ce que j’ai vécu ces derniers mois. »
Tous les gens que tu aimes vont mourir un jour, je vais tout plaquer sauf toi, ce que nous ont laissé les vieux (« écrit sur la table de la cuisine chez mes parents quand j’étais de très mauvaise humeur ») ou encore l’imparable single Les mains qui tremblent. Les titres des morceaux parlent d’eux-mêmes. « Le premier album n’était déjà pas très optimiste, mais le ton mélancolique était contrebalancé par des textes décalés et une solide dose de second degré. Les chansons de « 12h33 »sont plus directes, plus mélancoliques. Si je n’était pas Jérôme Mardaga, je trouverais le premier album de Jeronimo arrogant et prétentieux. Quant à « 12h33 », je dirais au mec qui l’a écrit d’acheter un flingue et de se tirer une balle dans la tête. »
Plus convaincant dans sa seconde moitié, « 12h33 » n’est pourtant pas un tunnel sans issue. La lumière y est perceptible. L’espoir aussi. La fille que j’aime(« Ma chanson préférée »), les mains qui tremblent( «Celle que j’aime le moins »), le langoureux Pour partir, l’adaptation de Corrina, Corrina complainte negro-spiritual immortalisée par Bob Dylan sur « The Freewheelin »(1962) ou encore Moi, je voudrais dont le riff évoque The passenger d’Iggy Pop… D’indéniables réussites signées par un artiste qui accouche d’un disque en forme de thérapie et se sent déjà beaucoup mieux. Nous aussi.
Luc Lorfèvre
8 Sur internet: Pop rock
http://www.pop-rock.be/article.php3?id_article=969
Jeronimo : "12h33"
UN BELGE A MARCHÉ SUR LA LUNE
samedi 5 mars 2005, par Nicolas Thieltgen
Trois ans après Un Monde sans moi, Jérôme Mardaga nous revient avec un second album épatant, le faussement naïf 12h33. Le Liégeois y donne un air de western aux bords de Meuse et propose ce qu’on a entendu de plus frais de ce côté-ci du plat pays depuis le From here to there des Girls in Hawaii. Attention cependant à ne pas se laisser tromper par les airs accrocheurs de cet album à double-fond : sous les mélodies immédiates et les paroles faussement ingénues, Jérôme a glissé ses blessures intimes et ses angoisses les plus secrètes.
12h33 s’ouvre sur une sublime ballade, la "Lynchienne" La fille que j’aime et dès les premières notes de ce nouvel opus de Jeronimo, on reste bouche bée devant ce petit bijou : mélodie au charme trouble et envoûtant, paroles simples mais évocatrices, arrangements country-folk vaporeux... En 4 minutes 33, tout est dit et ce premier morceau, qui a tout d’un classique, pourrait justifier à lui seul l’acquisition de 12h33. Oh, bien sûr, c’est toujours la même histoire, un type seul avec sa guitare et son groupe qui pleure son aimée, celle qui est déjà partie ou pas encore arrivée. Mais, depuis les roucoulades du King Elvis ou de Chris Isaak on n’a pas trouvé mieux que ce type de morceaux pour faire chavirer nos petits cœurs et nos vilaines certitudes...
Le reste de l’album est à l’avenant et devrait durablement marquer les esprits de ce côté-ci de la frontière linguistique et, on l’espère, bien au-delà. Si certains morceaux évoquent clairement le premier album de Jeronimo avec ce parler-chanter si caractéristique qui rappellera aux rescapés des 90’s l’album #3 de Diabologum (Je vais tout plaquer sauf toi et son beat emprunté au Daddy’s gonna pay for your crashed car de U2, Tous les gens que tu aimes vont mourir un jour), il faut noter une évolution du Liégeois qui chante maintenant sur une majorité de morceaux (et plutôt bien...) et s’oriente vers des mélodies résolument plus pop. Attention, on emploie ici le mot pop au sens noble du terme, en pensant à tous ces artistes anglais ou américains qui adoucissent nos quotidiens avec leurs mélodies raffinées et acidulées.
Le ton des paroles, sans être sombre comme le présente l’ensemble de la presse francophone, n’en est pas moins mélancolique. On y devine les fêlures de Jérôme Mardaga et on y décèlerait même une part de féminité qu’on n’imaginait pas nécessairement trouver ici (voir le touchant et tragique Avoir un petit). Et tout cela sous une forme très simple, sans formule péteuse, ni name-dropping périssable, mais en jouant pudiquement à hauteur d’homme, la plus juste distance sans doute pour un songwriter digne de ce nom.
Sur l’entraînant Moi je voudrais, inventaire à la Prévert pour "oublier ces journées perdues où il fait n’importe quoi", Jeronimo souhaite "un Belge sur la lune pour y planter nos belles couleurs". Pas sûr que la Belgique existera encore quand un Wallon, un Flamand ou un Bruxellois posera son pied sur la lune. Une certitude cependant, avec 12h33, Jeronimo devrait facilement la décrocher, la lune !
7 Dans le soir :
EDITION DU MERCREDI 23 FéVRIER 2005
12 h 33. Jérôme Mardaga séduit avec le second album de Jeronimo qui surprend dans sa deuxième moitié franchement audacieuse, voire psyché-planante.
Avec « Un monde sans moi », premier album de Jeronimo, son géniteur, Jérôme Mardaga, présentait un univers résolument personnel et inspiré. Fort du succès de ce coup d'essai (20.000 exemplaires vendus) et de près de deux ans de tournée dans la foulée, Jérôme remet les pendules à l'heure avec « 12 h 33 », un deuxième album qui a la couleur d'un carnet de voyage intérieur commenté par l'intéressé pas plus tard que tout de suite. Le mad - S'il y a quelque chose qui frappe sur ce deuxième album, c'est la noirceur des textes qui sont assez plombés... Jeronimo - C'est super-plombé, c'est vrai. Jusqu'au premier album, j'avais eu une vie assez normale, entre guillemets. Le disque a changé vraiment ma vie dans les rapports avec les gens, par exemple. J'ai beaucoup voyagé, rencontré des gens, tu reviens, tu repars et tu oublies la fatigue. J'ai vécu quelque chose de complètement nouveau. Mais lorsque la tournée s'est arrêtée, le 20 juin 2004, je suis rentré chez moi et j'ai pleuré pendant deux jours. 2004 a été une des pires années. Il y a eu aussi d'autres choses plus personnelles, j'ai perdu des proches et j'ai vécu une séparation douloureuse. J'ai sûrement été aussi victime du syndrome « deuxième album », la pression est inévitable. En écrivant les textes, j'étais conscient de cette noirceur mais un copain m'a encouragé à chanter ce que je ressentais. Il m'a dit : « Sois sincère. Ça ne va pas ? Dis que ça ne va pas. » - Ce nouvel album commence avec « La fille que j'aime ». C'est la petite soeur de « La fille sous l'eau » qui figurait sur votre premier album ? - Je n'y avais pas pensé mais c'est vraiment ça. J'ai pas mal écouté Billie Holiday ou Gershwin et ce sont des paroles très simples, très naïves et je crois que ça peut parler à beaucoup de gens. - Vous parvenez, à partir d'expériences personnelles, à universaliser vos sentiments... - Je crois qu'on vit tous un peu la même chose. Enfin, c'est ce que je pense. Le fait est que j'ai tendance à coucher tout cela sur papier. Je romance un peu ma vie. - Une chanson comme « Ce que nous ont laissé les vieux » n'est pas particulièrement gaie. C'est une manière de régler vos comptes avec vos parents ? - C'est plus général que cela. Je n'avais pas les parents en tête. C'est aussi une réflexion sur les rêves d'enfance qui s'écroulent, un jour. Il m'a fallu trente ans pour découvrir que saint Nicolas n'existait pas. Je pensais aussi à la musique dans le sens où tout a déjà été fait avec des Dylan et compagnie ainsi qu'au contexte socio-économique actuel. - Du genre, on va droit dans le mur et on se sent impuissant ? - Exactement. On bousille la planète. Ici, en Belgique, on bousille l'enseignement. C'est une drôle de période. Je me souviens avoir écrit cette chanson lorsque j'étais de très mauvaise humeur. Ça se sent. - La chanson « Tous les gens que tu aimes vont mourir un jour » est une façon de régler son compte à une grande obsession ? - Nous sommes tous obsédés par la mort, moi aussi, ou par le vieillissement. Cette phrase, qui est un lien commun, j'en conviens, a pris du sens lorsque j'ai perdu mon pote une semaine avant mon grand-père. Je me souviens à l'enterrement de ce dernier avoir regardé mes parents et m'être dit : « Un jour, je serai à leur place ». J'avais aussi la phrase de « Ce que nous ont laissé les vieux en tête » mais c'est la vie. Je sais que c'est un peu immature pour un trentenaire de raisonner comme ça mais je suis ainsi. - Quand on écoute ce disque, on a le sentiment qu'il y a deux parties distinctes. Une première qui est du Jeronimo pur jus et une deuxième plus aérienne où vous essayez des choses que vous n'avez jamais faites pas le passé. Vous en avez conscience ? - J'aime bien les albums qui font office de voyages, ils sont de plus en plus rares. Le dernier album de Daniel Lanois, « Shine », en est un. J'aime bien essayer plein de choses différentes musicalement. Je n'ai pas envie de faire « Les mains qui tremblent » fois douze, comme un disque d'Oasis, que j'aime plutôt bien, au demeurant. Mais je tenais vraiment à me diversifier, tu peux dire et jouer plein de choses différentes tout en gardant un fil conducteur. Jeronimo sera au Cirque royal le 8 mai dans le cadre des Nuits Botanique. Infos concerts sur le site Anoraksupersport.com.
6 Sur internet : Keskispass
http://www.keskispass.be/maga/maga.php?Nav_SubItem=&Art=1109581040
Un monde avec Jeronimo, c’est à « 12 h 33 » précises
Une guitare beaucoup moins dominante dans un panel musical volontairement plus diversifié.
SAUF accident, c’est aujourd’hui que doit sortir le nouvel album de Jeronimo. Le sacro-saint deuxième opus souvent assimilé à l’examen de confirmation, a été baptisé « 12 h 33 » par le Liégeois dans un mélange de sentiments contrastés. « C’est la deuxième fois que j’effectue ce travail, donc j’aborde la chose plus sereinement, observe Jérôme Mardaga. Il m’est beaucoup plus facile de me livrer en dehors de certains clichés. Maintenant, c’est aussi plus stressant parce qu’on m’attend au tournant. »
Trois ans après « Un monde sans moi », ceux qui anticipaient sa copie conforme seront pris à contre-pied par une direction beaucoup plus introvertie. Car, Jeronimo a voulu colorer cette plaquette d’un gris assumé en studio avec Thomas Jung-blut (batterie), Sacha Symon (basse) et Fools (ingénieur du son). Certes, on pourra y retrouver le cachet
électrique sur des plages comme « Tous les gens que tu aimes vont mourir un jour », l’obsédante marche des fûts sur « Je vais tout plaquer sauf toi », ou « Les mains qui tremblent » du premier single radio.
Mais, pour le reste, « 12 h 33 » se confie majoritairement à une guitare beaucoup moins dominante dans un panel musical volontairement plus diversifié. Les séquences électroniques des premiers jours ayant cédé la place à un harmonica, la voie est désormais aussi ouverte au slow acoustique « La fille que j’aime », et au blues « Corrina, Corrina » ressuscité d’un traditionnel Gospel des années 30. Tout cela pour servir des textes, eux aussi, empreints d’une tonalité plus intimiste et révélatrice d’une vie chahutée dans le feu des deux années de tournée qui ont suivi la première sortie. Époque qui aura vu Jeronimo ouvrir Indochine en France, pousser les portes de Madrid et Barcelone,
et surtout traverser l’Atlantique pour une véritable redécouverte personnelle au Québec. « J’y ai beaucoup vécu ces dernières années, avec la chance d’y découvrir des artistes inconnus et attachés à la langue française. Il a fallu que je fasse 6 000 kilomètres pour redécouvrir la base de notre culture. »
Jeronimo reviendrait différent « De l’autre côté de la mer. » Pour écrire ouvertement sur son monde, cette fois, et avec le bonus d’un bouquin de photos en édition limitée.(Frédéric RENSON)
5 Sur internet: Du belge sur tes tartines
Jeronimo
par kettch, le 10 février 2005
Jeronimo a commencé comme un groupe à lui tout seul, bien qu’il soit entouré de Sacha Symon et Thomas Jungblut sur scène, Jérôme Mardaga, de son vrai nom, a voulu mener à bon port un projet dont il est le seul maître à bord. Vu le succès de son premier quatre titre « Ton éternel petit groupe » Anorak Supersport a donné carte blanche à Jeronimo pour la réalisation de son premier album, « Un monde sans moi ». L’album sorti, Jeronimo a tourné de plus en plus en Belgique, avant d’attaquer la France avec entre autres dix dates en première partie d’Indochine. 2003 sera donc marqué par une grosse tournée, passant aussi par la Suisse, le Canada, l’Espagne...
Après une année 2004 dédiée principalement à la composition d’un nouvel album, Jeronimo nous revient en 2005 avec ce nouveau bébé, baptisé « 12h33 » et auquel cette fois tout le groupe a participé. Gageons que le succès sera à nouveau au rendez-vous. Le premier single « Les mains qui tremblent » a été Fresh sur Pure Fm dès sa sortie, un bon début !
4 Sur internet: Du belge sur tes tartines
http://www.dubelgesurtestartines.be/article.php3?id_article=48
Jeronimo - 12h33
(Anorak Supersport - Bang !)
par caro.d, le 27 février 2005
Le voilà déjà de retour notre Indien favori... On peut dire qu’il n’a pas chaumé ! Il y a un truc ! Et oui, cet album a été composé sur les routes des tournées au Canada, en Suisse, en Espagne et en France... De quoi gagner du temps... Cette nouvelle plaque était attendue au tournant, allait-elle confirmer le succès entamé avec « Un monde sans moi » ? ...
Le titre faisant le plus le lien avec le premier opus est sans doute « Je vais tout plaquer sauf toi » tant au niveau du style musical (un parlé-chanté comparable au titre « Un été inoubliable ») qu’au niveau du texte, on retrouve les personnages du premier album (Sarah, la fille sous l’eau, sa femme et son petit groupe).
Dans l’ensemble l’album traite de thèmes toujours aussi personnels, mais auxquels cette fois-ci on peut davantage s’identifier. En effet, qui n’est pas touché par la naissance d’un enfant, la mort d’un proche ou l’envie de tout plaquer... On s’identifie peut-être davantage car les thèmes sont traités de façon plus généraliste ...
L’album propose une série de titres d’ambiances richement différentes et tous assez bien mélangés de telle façon à écouter l’album d’une traite et sans s’ennuyer une seconde.
Commençons par les titres assez « produits », tous singles potentiels. Tout d’abord « Tous les gens que tu aimes vont mourir un jour », le contraste entre des paroles dramatiques et une mélodie accrocheuse est assez prenant, on se surprend à fredonner cette chanson aux paroles déstabilisantes ! Ensuite « Moi je voudrais ». On l’imagine très bien prochain single, une chouette balade dynamique et un refrain à reprendre en chœur (lors de matchs de foot ?!). Et enfin « Les mains qui tremblent », single choisi par PureFm pour lancer cet album, on l’a déjà tous en tête. Il aura pu surprendre certains d’entre nous par de nouveaux aspects (comme du clavier et des choeurs un peu à la Indochine époque « Dancetaria ») et une production plutôt costaude. Certes ce titre est morceau phare de l’album, mais il n’est sans doute pas représentatif musicalement de 12h33.
En effet, l’autre facette de cet album sont des titres plus calmes, plus introvertis comme « La fille que j’aime » ou « De l’autre côté de la mer » ; ou encore des titres d’inspiration plutôt folk, accompagnés essentiellement à la guitare voire à l’harmonica, comme « Ce que nous ont laissé les vieux » et « Corrina, Corrina », un enregistrement « cheap » : des craquelures et bruits parasites qui donnent tout un charme à ces deux titres.
Bref, un album très varié, chargé en émotions par des textes totalement réalistes (donc pessimistes ?). À la question du début, on répond OUI sans hésitation.
Jeronimo - 12h33
3 Dans la Libre :
La Belgique est bien meilleure en musique qu'en foot !"
par Laurent Depré et Renaud Hermal (2005)
le 24/02/2005
ENTRETIEN
C'est au "Greenwich" près de la Bourse à Bruxelles que nous avons rencontré l'artiste liégeois, Jérôme Mardaga, qui se cache, en compagnie de deux amis, derrière Jéronimo. Un nouvel album fort bien réussi qui sort cette semaine et qui démontre une fois encore que la scène rock de notre pays ne s'est jamais sans doute aussi bien portée. Avec "12H33", Jéronimo démontre que simplicité et efficacité constituent un mélange parfait en musique.
Comment va Jéronimo ?
Jéronimo: Très bien mais un peu fatigué. On vient de terminer le disque et la vidéo qui accompagne sa sortie. Alors que l'on enchaîne directement avec les répétitions de la tournée qui démarre. Bref, pas le temps de s'ennuyer ! C'est fatiguant mais c'est une bonne fatigue ! On récolte les fruits de l'année dernière où j'ai beaucoup écrit. Cette année 2005 sera celle où l'on devra défendre notre travail sur scène. Même si je compte prendre encore du temps pour écrire !
Comment est né ce nouvel album "12H33" ?
J:Toutes les chansons ont été écrites dans des circonstances, des endroits variés mais surtout dans des états d'esprit différents. Le contexte général reste assez sombre. Toutes ces chansons ont pas mal voyagé au gré de deux années passées sur les routes. C'est un peu dans ce contexte-là qu'elles ont été écrites et orchestrées. Et puis surtout, on les a travaillé en groupe contrairement au premier album où j'étais seul. J'ai vraiment bien été aidé car à certains moments je ne savais plus comment faire. Le groupe m'a permis de terminer ces chansons. C'était vraiment enrichissant. Cela m'a autorisé de faire un contre-pied par rapport au premier album tout en m'enlevant certainement de la pression. Même si cela n'a pas été évident tous les jours car j'ai éprouvé quelques difficultés à déléguer certaines choses d'autant que j'ai pas mal de préjugés en musique. Je me souviens d'avoir dit: qu'est-ce que tu fous avec ma chanson ? Il a vraiment fallu que je me remette en question.
Même si votre style est tout de suite reconnaissable, vous abandonnez le "chanter/parler"...
J:L'album est beaucoup plus chantant que le précédent ! Parce qu'il est plus agréable de chanter que de parler. Cela provient de la scène, des concerts que nous avons faits ensemble ces derniers temps. La scène, où nous sommes que trois (chant guitare, bass et batterie: j'aime les choses simples et pures) a eu beaucoup d'influence sur le disque.
"La fille que j'aime" qui vous donnera un enfant vous le cherchez toujours ?
J: Oui. Pour écrire cette chanson je me suis inspiré de Gershwing, Buddy Holiday... Dans les années 30, leurs paroles étaient très naïves mais complètes. Je voulais essayer cela en français. Je conçois que c'est une réflexion de célibataire ! Concernant "nous allons avoir un petit", je me suis basé sur ce que j'entends autour de moi. Une famille c'est vrai que c'est quelque chose que j'aimerais avoir. Mais bon, on ne peut pas faire tout en même temps… et tout avoir.
Ecrit-on mieux quand on est malheureux ?
J: Je ne sais pas du tout ! Il y a des chansons que j'ai écrites quand j'allais bien et qui sont tristes... La preuve: quand j'ai fait "ma femme me trompe" j'allais bien !
Vous abordez aussi la mort sans détour dans "tout les gens que tu aimes vont mourir un jour". Sans peur ?
J:La grande majorité des gens ont peur de la mort. Quelque part c'est un lieu commun le titre de cette chanson. Ce que j'aime c'est que cela procure un effet dérangeant, dans le même style que "ma femme me trompe". J'ai eu l'idée de ce texte quand un de mes amis a eu la mauvaise idée de se pendre. Cela a été une catastrophe d'autant que peu à près c'était mon grand-père qui partait. J'ai essayé de balancer ce refrain avec une histoire où les gens sont en danger de mort et finalement s'en sortent.
C'est pour prendre à revers l'actuelle génération belge qui chante en anglais que vous écrivez en français ?
J: Je ne vais pas me classifier "chanson française" comme on dit. Je préfère utiliser le cliché "chanson à texte". J'ai pourtant essayé de chanter en anglais car mes références musicales sont américaines mais cela n'allait pas. Parfois je le fais pour le fun dans une reprise mais en chantant en anglais j'ai l'impression que ma bouche doit faire des efforts de contorsions phénoménaux.
On constate que le rock redevient à la mode chez les plus jeunes. Qu'en pensez-vous ?
J: Je suis d'accord mais je dirais que tout cela est cyclique. Je me souviens qu'au début des années 90, il y a eu un retour aux seventies avec notamment Lenny Kravitz. Actuellement on sort d'un trip eighties et on revient vers le côté grung et sale de la moitié des années 90 avec de grosses guitares et de petits garages. Que sera la prochaine étape ? Je ne sais pas.
"Comme par miracle" c'est votre critique de la religion ?
J:C'est une chanson qui a cinq ans. A l'époque mon frère a été endoctriné par une secte dont les gens se promènent le week-end pour apporter la lumière…. Il a été embrigadé là-dedans et j'ai passé beaucoup de soirées avec lui pour parler de la religion en lui disant "écoute mon grand tu es en train de te faire.... " et il me répondait "oui mais le catholicisme est pareil...".. Et patati et patata… J'ai mis un point d'honneur à le sortir de là car je le sentais partir. Cette chanson est venue comme ça. La religion m'intéresse mais je n'aime pas ce que les hommes en ont fait. Parlons plutôt de théologie...
Le football revient dans vos chansons. En tant que Liégeois dans "Moi je voudrais".... le Standard champion ?
J: Non pas du tout. Les supporters du Standard font partie de ma cible favorite... En fait, c'est plus une appréciation générale : je trouve la place du foot dans notre société totalement excessive. Ce sport fait des ravages dans la vie de beaucoup de gens. C'est abrutissant. Si tu supprimes le foot c'est la révolution. En Belgique, on est meilleur en musique qu'en football ! Quand je chante: "Je voudrais du football, des avants-centres et des goals..." j'en ai encore pensé en regardant Egypte-Belgique. C'est une catastrophe…
Selon un sondage paru il y a quelques jours, les jeunes de 18-30 ans incarnent une nouvelle génération assez pragmatique et dont le slogan pourrait être "le bonheur si je veux". A 32 ans, vous vous y retrouvez ?
J: Je ne suis pas pragmatique. Et puis de toute façon le bonheur n'existe pas. Je n'aime pas non plus cet accent toujours mis sur la jeunesse. Ce n'est pas le but de la vie. C'est de bien vieillir le but de la vie. La chirurgie esthétique part de ce même malaise: les gens ne veulent plus vieillir de peur d'être traités de vieux cons. Moi je veux devenir un vieux papy gâteux. Cela dit je trouve mon entourage plus casanier qu'avant, très vite effrayé par l'inconfort et l'insécurité. Très aigri aussi, il lui faut beaucoup de choses pour être heureux. Nous sommes dans une ère du silence des pantoufles comme disait "alternative libertaire".
Peut-on vous imaginer faire un jour un duo avec Starflam ?
J: Pourquoi pas ! Je suis ouvert à beaucoup de choses ! Sauf à un duo avec Natasha Saint-Pierre: jamais !
Sur "je vais tout plaquer sauf toi" on reconnaît un beat de U2. Fan ?
J: Absolument, cela provient de "Daddy's Gonna Pay for Your Crashed Car" sur Zooropa. C'est en voyant jouer The Edge que j'ai eu envie de faire de la guitare. Cela a été un groupe mega important quand j'étais ado. Maintenant cela m'est passé mais tant mieux si des jeunes ont envie de faire du U2. Je trouve cependant leurs dernières réalisations plutôt décevantes.
Impossible de ne pas parler du téléchargement musical sur Internet. Qu'en pensez ?
J: Avant on le faisait avec des cassettes que l'on s'échangeait. La musique doit circuler librement. Mais bon cela n'arrange pas les maisons de disques et les disquaires… Personnellement, je reste attaché à l'objet matériel que représente un cd. Sur Internet, cela n'existe pas… Un cd gravé cela n'aucune valeur, aucune odeur.
2 Dans la derniere heure
Le Liégeois a dû faire des concessions, mais il les assume sans problème
BRUXELLES Jéronimo a été étonné par le succès d' Un monde sans moi, le précédent opus. «J'ai été très surpris de l'accueil du premier album, je pensais en vendre 1.000, faire trois mois de tournée en Belgique, les festivals d'été et fini. Puis on s'est retrouvé embarqué dans une nouvelle aventure pendant deux ans. Mes attentes pour 12 h 33, c'est continuer la route. Je suis toujours au stade d'apprendre à faire des chansons, à écrire des chansons, à les produire, à les jouer sur scène.»
Jéronimo nourrit néanmoins des ambitions commerciales pour ce nouvel opus, avouant avoir formaté l'un ou l'autre morceau pour qu'ils passent bien en radio.
«Ce sont les concessions que l'on fait si je veux un minimum développer mon histoire, il faut deux ou trois chansons de deux ou trois minutes qui peuvent plaire à plus ou moins tout le monde. A partir du moment où je me suis dit que c'était la règle du jeu, j'ai tourné le truc en exercice. Alors ça redevient passionnant. Le compromis, c'est le code-barres au dos du CD. Si tu en mets un sur un disque, tu t'inscris dans une démarche commerciale même si ce que tu fais c'est du trash-punk-hardcore. Si je veux faire des trucs abstraits et je le voudrais volontiers , je ne vais pas embêter ma maison de disques en lui demandant d'essayer de me vendre. Quand j'entends un groupe qui dit qu'il ne fait pas de compromis, ça me fait hurler, c'est du pipeau. Tous les groupes en font. C'est ça la vie en société.»
Jéronimo, un vrai groupe?
Le compromis pour Jérôme Mardaga, il sera plutôt dans le choix de tel ou tel arrangement, l'emploi de tel ou tel instrument et qu'il baisse les bras après de longs palabres devant les arguments développés alors qu'il voulait s'en tenir à son idée. Toutefois, l'auteur-compositeur, comme le nom de Jéronimo l'indique, est la pièce maîtresse d'un groupe qu'il essaie pourtant de mettre souvent en avant. Jéronimo serait-il devenu davantage un groupe qu'avant? «Oui, même si je reste la tête pensante, celui qui décide quelle chanson on met, quelle chanson on ne met pas. Tout le monde maintenant a son rôle. A présent, on fonctionne vraiment comme un groupe. Je ne prends pas de décision importante sans au moins avoir consulté les autres membres.»
Trois coups de téléphone, dix minutes de communication facturées et Jéronimo était formé avec quelques anciens camarades de secondaires. Les expériences de groupe précédentes n'avaient pas été positives. «Parce que les groupes fonctionnaient comme des démocraties et je n'y crois pas. Il faut une direction. Le premier voulait aller à gauche, le deuxième à droite, le troisième tirait le frein à main et le quatrième accélérait. Il y a eu beaucoup de frustrations accumulées, surtout que j'avais énormément d'idées de productions, d'arrangements Je ne pouvais pas m'exprimer pleinement. Ce qui est bien quand on travaille tout seul, c'est qu'on peut essayer plus de choses. Ne pas se retrancher derrière des styles, dire qu'on ne peut pas faire du Muse parce qu'on fait du Radiohead. Ça me plombait beaucoup.»
Ecrire en français, par contre, lui plaît, s'inscrivant ainsi à contre-courant d'une nouvelle scène rock belge anglophile à défaut d'être toujours anglophone: «Je ne comprends pas pourquoi il n'y a plus d'auteur français chez les jeunes. Ça me manque parce que tu ne sais jamais parler d'écriture avec les autres parce qu'ils chantent tous en anglais.»
A Montréal, comme il aime le souligner, il y a une véritable émulation entre les auteurs francophones qui ouvertement ne manquaient pas de se moquer des groupes belges s'exprimant dans un anglais approximatif. «On les passait en soirée pour se marrer», se souvient Jérôme qui ne pense ici, pêle-mêle, ni à Girls in Hawaii, ni à Ghinzu, ni à Hollywood Porns Stars, ni à Sharko. «Franchement, la plupart des autres groupes wallons qui chantent en anglais le font très mal. Ils ne parlent pas anglais: pour moi ils n'ont aucun avenir. Puis, quand tu lis les paroles: The way you walk, the way you talk and I'm so in love with you. Ça ne veut rien dire. C'est du petit chinois.»
© La Dernière Heure 2005
1 Dans la D.H :
Un gentil dictateur ponctuel (21/02/2005)
© DR
12h33, le nouvel album de Jéronimo, sort aujourd'hui.
BRUXELLES Comment se serait appelé Jéronimo si son «gentil dictateur », comme il se plaît à s'appeler, était né un jour plus tôt ou un jour plus tard? Pour le 29 septembre, Jérôme Mardaga ne doit pas réfléchir car il se réfère automatiquement à la fête de sa mère, dont le saint patron est Michel. Par contre, lui qui s'est vu affubler du prénom inscrit au calendrier le jour de sa naissance bloque pour le 1er octobre. «Rémy!», s'esclaffe-t-il en l'apprenant, son attention vagabondant certainement sur sa vie qui aurait pris d'emblée une autre tournure. C'est vrai, tout compte fait, que l'indien Jéronimo, ce n'est pas mal. En tout cas plus guerrier que les déclinaisons éventuelles avec les deux autres prénoms.Pourtant, Jérôme Mardaga n'a pas déterré la hache de guerre pour conquérir le marché francophone, en présentant 12h33, son deuxième album. Un titre énigmatique... «Peut-être que c'est une autre façon de dire: ici, maintenant, carpe diem. En plus, c'est beau. Quand je l'ai écrit, ça m'interpellait. C'est le milieu de la journée, une espèce de balance d'équilibre entre le jour et la nuit.»
Un titre qui également fait référence aux décalages horaires dont fut victime le Liégeois pendant les deux années qui ont suivi la sortie d' Un monde sans moi. «Les tournées ont généré plein de nouvelles images, plein de nouvelles idées, des rencontres aussi. 12 h 33 raconte ces nouvelles impressions. J'ai voulu tout ramener à cette idée de moment. Parfois, en une minute il se passe beaucoup plus qu'en six mois.»
Quand je dors, tu te lèves... Telle est la maxime qui est inscrite sur la pochette de l'album qui est assorti d'un livre joliment ouvragé (textes, notes, chansons commentées et photos pour cet amoureux du Canada). «Il n'est pas 12 h 33 au même moment pour tout le monde partout. Ça relativise un petit peu. Quand t'as ta copine qui habite à Montréal, tu es tout le temps en train de faire la conversion. Maintenant, ce n'est plus ma copine, je suis revenu.»
Et manifestement, vu sa moue, les choses se sont plutôt mal finies. Jérôme Mardaga est-il pourtant, comme ses chansons pourraient le représenter, cet homme d'un cynisme acerbe mâtiné d'amertume et de coups de cafard? «Mes textes sont cyniques, mélancoliques, désabusés, amers mais doux-amers. Je ne veux pas que ce soit glauque ni trop niais. Naïf, j'aime bien mais niais non. Il faut que ça me ressemble, que ça corresponde à un moment, à un souvenir, à une attente.»
Des textes qui ne donnent pas comme impression d'ensemble que Jérôme Mardaga est un mec super- joyeux, sa voix parfois mélancolique comme sur La fille que j'aime ne le hissant pas au rang d'amuseur de la chanson française. «C'est vrai, je n'ai pas l'air superheureux sur cet album. Il est plus triste que je ne le pensais. Il correspond à deux années difficiles. A l'entrée dans la trentaine aussi. Il correspond à un état d'esprit de ces deux-trois dernières années qui n'a pas toujours été au beau fixe. Mais encore une fois, je voulais que le disque raconte ça.»
Une catharsis plutôt qu'une thérapie. «Mais est-ce la bonne thérapie?»
La question reste posée, mais l'auditeur va-t-il à chaque fois se préoccuper de la santé mentale de celui qu'il écoute? En tout cas, il devrait prendre du plaisir en écoutant des paroles plus légères comme celles qui peuplent Nous allons avoir un petit ou Moi je voudrais.«J'ai du mal, je suis relativement un jeune auteur. J'ai commencé les textes en français il y a quatre ans. Je suis tout le temps en train d'apprendre, j'essaie de développer ce que je fais. Je n'ai pas beaucoup d'expérience. J'écris beaucoup d'instinct, je n'aime pas trop mettre les formes.»
Mais le style, oui, manifestement.
Jéronimo. 12 h 33(Bang!/Anorak Supersport).
Basile Vellut
Date: 21/02/2005
Edition: Namur



